Il reçoit dans sa ville
natale, à la cathédrale Saint-Sauveur, une excellente formation musicale, sous la
direction de Guillaume Poitevin.
Maître de chapelle à Saint-Trophime d'Arles (1681), puis à
Saint-Etienne de Toulouse (1683), enfin maître de musique à Notre-Dame de Paris (1694),
il doit renoncer quelques années plus tard à ce poste pour pouvoir se consacrer au genre
profane de l'opéra, dont son premier essai, L'Europe galante (1697), avait connu un grand
succès.
Jusqu'en 1720 il donna une quinzaine d'opéras-ballets et de tragédies
lyriques, dont certains (Hésione, Tancrède, Les Fêtes vénitiennes) furent reprises
plusieurs fois du vivant de l'artiste.
Compositeur désormais célèbre, chef d'orchestre à l'Académie
royale de musique, protégé du Régent qui le fait nommer sous-maître à la chapelle
royale de Versailles après la mort de Louis XIV, Campra est également au service des
jésuites depuis 1721.
A l'exception d'un seul opéra, Achille et Déidamie (1735) et de deux
oeuvres de circonstances composées à la demande du Prince de Conti (La Fête de
l'Isle-Adam, 1722) et à l'occasion du mariage du duc de Chartres (Le Lis et la Rose,
1724), il n'écrira plus que de la musique religieuse: une trentaine de motets, une messe
de requiem, des psaumes et un grand nombre de pièces pour les spectacles du collège
Louis-Le-Grand.
C'est la diversité qui caractérise l'oeuvre de Campra, l'union des
goûts français et italien, qui s'exprime aussi bien dans son oeuvre religieuse que
profane.
S'il n'a pas créé le genre de l'opéra-ballet, il a beaucoup
contribué à son épanouissement, jouant de la couleur locale, empruntant des éléments
au style ultramontain.
Il en est de même de la tragédie lyrique, dont le compositeur a su
renouveler la tradition lullyste, grâce à une instrumentation recherchée et une
inspiration originale.
Bien plus qu'un artiste de transition entre