Fils d'un violoniste
d'église, il manifeste peu de dons pour la musique, mais n'en étudie pas moins le chant,
la basse continue et la composition.
En 1766, il fait représenter à Genève, où il a rencontré Voltaire,
son premier opéra-comique, Isabelle et Gertrude (sur un livret de Favart).
Son goût pour la musique dramatique s'affirme ensuite rapidement.
Grâce à la protection de l'ambassadeur de Suède, il peut faire
représenter à Paris Le Huron (livret de Marmontel).
Dès lors, il écrit des opéras et des opéras-comiques sans
interruption (même pendant la Révolution française) jusqu'en 1803.
Pensionné par Napoléon, qui en fait l'un des premiers chevaliers de
la Légion d'honneur, membre de l'Institut dès 1795, il se retire couvert de gloire à
Montmorency, dans l'ancienne propriété de Jean-Jacques Rousseau, où il finira ses
jours.
Le mérite de Grétry tient à la richesse et à l'invention de sa
veine mélodique, à sa science du chant et de l'expression dramatique, qui lui valurent
de réussir, en dépit d'une insuffisance manifeste de l'instrumentation et de la texture
harmonique, les premiers chefs-d'oeuvre de l'opéra-comique français (Richard Coeur de
Lion, Zémire et Azor) illustré à sa suite par Boieldieu,