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André Ernest
Modeste Grétry

(1741 - 1813)

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The Operas of  André E. M. Grétry

 


Zémire et Azor

Comedy ballet in 4 acts

Music by André Ernest Modeste Gretry

Libretto by Jean-François Marmontel


CAST:

Zémire, soprano
Azor, tenor
Sander, baritone
Lisbé, soprano
Ali, tenor
Fatimé, mezzo soprano




SCENE I

Récit


Sander
Quelle étrange aventure!
Ce palais éclairé
Où ie ne rencontre nersonne!

Ali
Monsieur, délogeons prodemment!
Je soupçonne que tout ceci
N'est qu'un enchantement.

Sander
As-tu peur ?
Si quelqu'un dans ce palais habite,
Il nous y recoit assez bien!

Ali
Mais si c'est un génie ?

Sander
Eh bien!

Ali
Crovez-moi. oartons au nius vite.

Ariette
Air N° 1

Ali
L'orage va cesser;
(On entend encore gronder le tonnerre dens les grands forte.)
Déjà les vents s 'a pa i sent,
Les voilà qui se taisent.
Pertons sans balancer.
Ce n'est plus rien qutun nuage
Dont le ciel se dégage.
Cela ne peut durer,
Le temps, le temps va s'éclairer
Oui, oui, les vents s'apaisent,
Les voilà qui se taisent.
Partons, partons sans balancer.
Vos filles vont passer la nuit ù vous attendre;
La frayeur va les prendre.
Pourquoi, pourquoi les délaisser?
Ah I je crois!es entendre
Vous les aimez d'amour si tendre;
Pourquoi, pourquoi les délaisser?
L'orage va cesser;
D éj à l es vents s ' a pa i sent ,
Les voilà qui se taisent.
Partons sans balancer.
Ce n'est plus rien, rien qu'un nuage
Dont le ciel se dégage.
Cela ne peut durer
Le temps. Ie temps va s'éclairer
Oui. oui, les vents s'apaisent,
Les voilà qui se taisent
Partons, partons sans balancer.

Air N° 1 bis

Sander
Que dis-tu ? L'orage redouble,
Comment retrouver mon chemin?

Ali
Je vous mènerai par la main

Sander
Nous sommes bien!
Passons ici la nuit sans trouble

Ali
Sans trouble

Sander
Au point du jour nous partirons demann.

Air N° 2

Sander
Le malheur me rend intrépide,
J'ai tout perdu, je ne crains rien
Et pourquoi serais-je timide ?
Pour moi la vie est-elle un bien ?
Le malheur me rend intrépide:
Je suis tombé de l'opulence
Dans la misère et dans l'oubli.
Un vaisseau, ma seule espérance
Dans les flots est enseveli
Le malheur me rend intrépide
J'ai tout perdu, je ne crains rién
Et pourquoi serais-je timide?
Pour moi la vie est-elle un bien ?

Air N°. 2 bis

Ali
Oh! Ciel!

Sander
Tu vois, de nos besoins
Quelqu'un s'est occupé
Mets-toi là! Goûte!

Ali
Ah! Monsieur, cette liqueur vermeille
'N'est peut-etre qu'un lent poison.
Mais qu'importe!
Ah! Le charmant breuvage!

Ariette

Ali
Les esprits dont on nous fait peur
Sont les meilleures gens du monde
Voyez, voyez comme ici tout abonde.
Quel bon souper!
Quelle liqueur!
Quel bon souper!
Et quelle liqueur I
Voyez, voyez comme ici tout abonde;
Quel bon souper!
Et queue liqueur!
On n'en parle que par envie;
Moquons-nous de ces contes veins,
Pour moi j'en ai l'âme ravie!
Je ne veux plus d'autres voisins,
Avec eux je passe ma vie
S'ils ont toujours d'aussi bons vies.
Les esprits dont on nous fait peur
Sont les meilleures gens du monde.

Duo

Sander et Ali
Le temps est beau.
-J'en suds bien aise.
- Ali!
-Je dors
- Ali!
-Je dors.
-II faut partir, il faut panir.
-Ouand j'ai bien bu, ne vous déplaise,
Je veux dormir.
-Ali!
-Je dors
-Tu dormiras plus à ton aise
Quand nous serons rendus chez moi
-On dort si bien sur une chaise,
On est ici comme chez soi.
-Le temps est beau.
-J'en suds bien aise.
-Tu dormiras plus à ton aise
Quand nous serons rendus chez moi
-Je dors si bien sur une chaise.
On est ici comme chez soi.
-Le jour se lève
-Qu'il se couche
-Ali, sans toi. je m'en irai.
-Panez sans moi.
(Il s'endort tout à fait!)
Partez sans moi.
Je vous suivrai
-Et si quelque bête farouche
Vient t attaouer ?
-Je n'ai pas peur.
-Le vin t'a donné du creur.
-Je n'ai pas peur
-Le vin t'a donné du ccaur.
-Ce bon vin m'a donné du cœur
-Tu dormiras plus à ton aise
Quand nous serons rendus chez moi
-On dort si bien sur une chaise,
On est ici comme chez soi.
-Ali!
-Ah!
Je dors si bien sur cette chaise,
On est ici comme chez soi
-Tu dormiras plus à ton aise
Quand tu seras rendu chez moi

Recit N° 4 bis

Sander
Le ciel s'éclaire
Je veux, en quittant ce beau lieu.
Avoir, de ce prodige, une preuve certaine.
Allons! Ma famille m'attend
Ma petite Zémire, en me disant adieu.
Ne m'a demandé qutune rose.

Azor
Que fais­tu là ? Téméraire! I ngrat!
Je te donne l'asile, un bon souper
Le meilleur vin que j'ai!
Et tu veux que je te pardonne
De me voler mes fleurs!
Tu vas mourir!

Sander
Tu peux disposer de ma vie!
Je n ai regret qu'à mes enfants.

Azor
De trots fiiles, dit-on,
Le destin t'a fait père ?

Sander
Oui. L une d'elles, à mon départ,
Me demanda des rubans,
L'autre des dentelles.
Mais la plus jeune me dit en m'embrassant
Je ne veux qu une rose.

SCÈNE II

Air N° 5

Sander
La pauvre enfant ne savan pas
Qu'elle demandait
Qu'elle demandait mon trépas.
Cachez-lui bien que cette rose
Est la cause de mon malheur.
Sa tendresse qui me presse
De revenir dans ses bras,
Me rappelle la promesse.
Ah I Pauvre enfant, tu ne sais pas
Que tu demandes mon trépas.
Ah! pour elle, queue douleur.
Cachez-lui bien que cette rose
Est la cause de mon malheur.

Air N° 5 bis

Azor
J'ai l' âme assez compatissante
Pour me laisser fléchir.
Mais il faut que, pour toi,
L'une de tes filies consente
A venir se donner à moi.

Sander
Cruel! Pour une fleur!

Azor
Et sais­tu si mon son
Ne tient pas à ces fleurs
Qu'un charme fait éclore!

Sander
Non! J'aime mieux mourir
Que d'exposer leurs jours.
Mais je veux les revoir,
Les embrasser encore.

Azor
Eh bien!

Ali
Promettez­lui toujours...

Sander
Malgré le sort qui me menace,
J'en donne ma parole
Et je la tientrai.
L'une d elles prendra ma place,
Ou moi­même, je reviendrai!

Azor
Voilà qui nous réconcilie.
Reprends cette fleur, je le veux.
Et qu elle soit le garant
De la foi qui nous lie…

Air N° 6

Azor
Ne va pas me tromper,
Ne crois pas m'échapper
Sur la terre et sur l'onde
Ma puissance stétend.
Et jusqu'au bout du monde
Ma vengeance t'attend.
Compte sur mes largesses,
Si tu me satisfais.
Sois sûr que mes bienfaits
Passeront mes promesses.
Que pour toi mes richesses
Ne tariront jamais.
Sois sûr que mes richesses
Ne tariront jamais
Mais ne va pas me "romper,
Ne crois pas m'échapper.
Sur la terre et sur l'onde
Ma poissance s'étend.
Et jusqu'au bout du monde,
Ma vengeance t'attend!



SCENE I

Trio

Zèmire, Fatimè, Lisbé
Veillons mes eœurs, veillons encore.
La nuit s'enfuit devant l'aurore,
Mes sœurs voilà bientôt le jour
Jour prospère, rends un père
A mon amour
Il m'a promis des dentelles,
A moi des rubans nouveaux.
Les dentelles les plus belles
Les rubans les plus beaux.
Il m'a promis une rose,
C'est la fleur que je chéris.
Une rose ? c'est peu de chose
De sa main, elle est sans prix
Veillons mes eœurs, veillons encore,
La nun' s'enfuit devant l'aurore,
Mes sœurs voilà bientôt le jour.
Jour prospère, rends un pere
A mon amour

SCENE II

Air N° 7 bis

Zèmire
Ah! Mon père…
Avez­vous fait un bon voyage ?

Sander
Hélas! Tout a péri!
Dans la misère,
Nous voilà retombés.

Zèmire
Mon père, vous n'en serez
Que plus chéri

Sander
La pauvre enfant!
Comme elle est touchante
Je me suds souvenu de toi;
Tu ntas demandé qu'une rose,
La voilà!

Air
Ariene

Zémire
Rose chèrie,
Aimable fleur,
Rose chérie,
Viens sur mon cœur.
Qu'elle est fteurie!
Voyez ma sœur,
Rose chérie,
Viens sur mon cœur,
Rose chérie,
Viens du moins, mourir
Sur mon cœur

SCÈNE III

Air N° 8 bis

Sander
Ciel! Où m'as­tu réduit ?
Va­t­en! Dans!'état où je suds,
Laisse­moi!

Zémire
D'où vient cette douleur extrême ?

Sander
Laisse­moi, laisse­moi!
Viens embrasser ton père
Et va­t­en reposer!

Zèmire
Son silence me fait trembler,
Je veux savoir ce qui!'afflige

SCÈNE IV

Air N°9 Ariette

Ali
Plus de voyage qui me tense;
Plus de voyage!
Je veux mourir vieux: si je puts,
Je ne serai plus qu'une plante
Et je prends racine où je suds.
Passe encor pour aller sur terre,
C'est un plaisir quand il fait beau
Passe encor pour aller sur l'eau,
Quoi que je ne m'y praise guère.
Mais voyager sur les nuages
Et voir là­bas, là­bas, là­bas,
La terre s'enfuir sous ses pas.
Cela dégoute des voyages
La tête tourne d'y penser,
Je ne veux plus,
Je ne vaux olus recommencer!

SCÈNES V, VI, VII

Air N° 9 bis

Zèmire
Ali, mon cher Ali,
Dis­moi ce qu'a mon père.
Son silence me désespère.

Ali
Votre père,
Votre malheureux père
Est un homme perdu.

Zèmire
Mon père ?

Ali
Il m'a bien défendu
De vous en faire confidence.
Mais cette nun', dans le bois,

Sander
Ali! Ali!

Ali
Venez me retrouver.
C'est lui, c'est!ui, fuyez!
Je vais vous retrouver.

Sander
Ali, tu ne dors pas ?
Une table je veux écrire.
Laisse­moi seul, laisse­moi!

Récitatif obligé
Air N° 10

Sander
Je vais faire encor un voyage,
Bien long, peut­être
O vous que je laisse
Au milieu des écueils de votre âge
Veille sur vous le ciel.
Jouissez en ce lieu
Des douceurs d'une vie obscure.
Honnête et sage.
Aimez­vous, aimez­moi,
Je vous embrasse. adieu.

SCENE VIII

Air N° 10 bis
Duo

Zèmire
Je veux le voir, je veux lui dire
Je veux lui dire que c'est à moi
De m'offrir au trépas.

Ali
Ah Zémire! Parlez plus bas
Il vous entend.
Que j'ai mal fait de vous le dire
Voilà, voilà comme je suds
Je voux me faire et je ne pois!

Zémire
Que pour moi mon père expire
Non, je ne le souffrirai pas!
Je veux le voir, je veux lui dire
Que c'est à moi, que c'est à moi
De m'offrir au trépas

Ali
Ah Zémire! Parlez plus teas,
Il veut partir
Sans vous le dire.

Zémire
Sans me le dire
Il veut partir.
Non, non, je n'y purs consener.
Je veux le voir, ne tardons pas.
Je veux le voir,
C'est mon devoir.

Ali
Li veut panir, parlez plus bas.
Il vous emend, parlez plus bas.
Il nous emend, parlez plus bas.
Vous l'allez voir au désespoir.

Zémire
Hé bien! Sois mon guide toi­même.
Vers ce palais, conduis mes pas.

Ali
Qui, mod! vous mener au trépas.
Trahir un père qui vous aime!
Non, non! Je n'irai pas.

Zémire
Cruel! Ne vois­tu pas
Que je le dérobe au trépas!
Veux­tu le voir Derir lui­même ?

Ali
(à part)
Je tremble aussi pour moi­même.

Zémire
Cher Ali, mon père repose
C'est le moment, conduis mes pas.
De son malheur je suds la cause,
Je dois le sauver du trépas.
Il nous emend, parlors plus bas.

Ali
Non, non, je n'ai garde et pour cause,
Non. non. ie n'irai pas.

Zémire
Tu n'as jamais aimé ton maître!
Si tu l'aimes, fais­le connaître.
Le temps nous presse, viens!

Ali
Je l'aime, hélas! il le salt bien
Non, je n'entends rien.

Zémire
A tes genoux que j embrasse.

Ali
Ah! de grâce, levez­vous.

Zémire
A mes pleurs ibfaut te rendre.

Zémire
Si nous tardons, il est perdu, viens!

Ali
Je m'attendris, je suds rendu.



SCÈNE I

Azor
Ah! Quel tourment d'être sensible,
Je m'attendris, je suds rendu.
D'avoir un cœur fait pour l'amour
Sans que jamais il soit possible
De se voir aimer à son tour
Je porte avec moi l'épouvante
Et je n'inspire que l'effroi
La beauté timide et tremblante
S'alarme et fun' devant moi.
Ah! Quel tourment d'être sensible,
D'avoir un cœur fait pour l'amour,
Sans que jamais il soit possible
De se voir aimer à son tour

SCÈNE II

Air N° 11 bis

Azor
Ce bon père à qui je commande
De me livrer sa fille
Aura­t­il la rigueur de m'obéir.
Mais! Que vois­je! Couchons­nous!

Ali
Vous voilà, je me sauve. Adieu!
Misérable! C'est fait de mod!
Tout est fermé, pourquoi suis­je venu ?

Zémire
L'hôte charmant qui nous recoit ici
Sera­t­il longtemps invisible?

Ali
Oh! Non.

Zémire
Dans ce palais tout me semble paisible,
Tout semble déjà prévu.
Vois, ~ awartement de Zémire ,
C'est done là qu'il vout me loger.
Quel éclat, cher Ali,
Quelle richesse extrême

Ali
Il ne veut pas vous égorger!

Air N° 12
Duo

Ali
Ah! de grace, ma faiblesse va me prendre

Zémire
Rassure mon père; dis­lui
Qu'on n'a pas résolu mon trépas.

Ali
Oui, mais comment faire ?
On arrête mes pas
Ne le voyez­vous pas?

Zemire
Console mon père,
Dis­lui que j'espère
Me revoir dans ses bras Dis­lui
Qu'on n'a pas résolu mon trépas

Ali
J'avais bien à faire
De somber dans ces lacs!
Dans notre humble asile
J'étais si tranquille,
J'étais sans effroi

Zémire
Si dans son asile
Je le sais tranquille
Je suds sans effroi.
Je dis en moi­même
Il respire, il m'aime,
C'est assez pour moi.

Ali
Mais celui qui vous aime
Ne peut­il de même
Vous aimer sans moi ?
Que veut­il de moi ?
Ne peut­il vous aimer sans moi ?

Zémire
Rassure mon père; dis­lui
Quton n'a pas résolu mon trépas
Qu'il oublie, hélas!
La Dauvre captive!
La pauvre captive
Ne s'en plaindra pas!

Ali
Ô ciel! Pour vous plaire
J avais bien à faire!
Pourvu que je vive
Je ne mten plains pas!
Mais comment faire ?
On retient mes pas.
Ne le voyez­vous pas ?
Eh! comment faire ?
On retient mes pas.

SCÈNE III

Air N°. 12 bis

Azor
Esclave, éloigne­toi!
Laisse­la dans ces lieux.

Ali
Ah! Je ne demande pas mieux.

Zémire
Me voilà seule, il va venir
Ah! Ouelle peur est la mienne

Entrée des Génies

SCENE V

Récit.

Azor
(solennel)
Ah! Revenez, Zemire, de ce morsel ettroi
Ne me regardez pas, Zémire,
Ecoutez­moi.

Zèmire
Ah! Je mours Eloignez­vous!
Vous n'allez pas me dévorer?

Azor
Quoi! Moi ?
Je voux passer ma vie à vous plaire,
A vous adorer.

Zémire
Je commence à me rassurer.

Air N°. 13

Ariette

Azor
Du moment qu on aime
L'on devient si "ux.
Et je suds moi­mème
Plus tremblant que vous.
Hé quoi! Vous craignez l'esclave timide
Sur qui vous régnez!
N'ayez plus de peur,
La haine homicide
Est loin de mon cœur
Ou moment qu on aime
L'on devient si doux.
Et je suds moi­même
Plus tremblant aue vous

Air N° 13 bis

Zémire
Je ne puis revenir de mon étonnement.
Quelle horrible figure
Et quel charmant langage.

Azor
Vous me haisse.

Zèmire
Quand on n'est pas cruel
On n'est point haissable.

Azor
Zémire, Zémire, vous ètes reine
De ce palais et de mon cœur.
Parlez, commandez, tout ici
Reconnait votre loi souveraine.
Je suds riche et j'espère,
A force de bienfaits,
Consoler votre père
Je doterai vos eœurs,
Je les établirai

Zèmire
Mais, vous m'attendrissez,
On ne peut davantage
A vous voir, j'accoutume mes yeux

Azor
Zémire, commencez done
A vous faire en ces lieux.
Vous chantez, je le sais,
Vous chantez à merveille.

Zémire
Eh bien! Si vous désirez que je chante
Je chanterai.

Azor
Ouelle bonté charmante.

Air N° 14
Ariette la fauvette



Zèmire
La fauvette avec ses petits
Se croft la reine du bocage.
De leur réveil, par son ramage
Tous les échos vent avertis.
Sa naissante famille
Autour d'elle sautille,
Voltige et prend l'essor
Rassemblés sous son aile
De leur amour pour elle
Wile jouit encor.
Mais par malheur
Vient l'oiseleur
Qui lui ravit son r~spérance.
La pauvre mère, elle, ne pense
Qu'à son malheur.
Tout retentit de sa douleur.
La fauvette avec ses petite
Se croft la reine du bocage.
De leur réveil, par son ramage
Tous les échos sont avertis.

Air N° 14 bis

Azor
Vos chants pour moi vent une plainte
Ne puis­ie, au moins, adoucir vos regrets ?

Zèmire
Vous le pouvez

Azor
Comment ? Parlez, parlez,
Que faut­il faire ?

Zèmire
Me laisser voir encore
Et mes sœurs et mon père
Azor: Autant que je le puis
Je vais vous obéir.

SCENE VI

Air N° 15
Trio

Fatmé, Lisbé
Hélas. mon père. cessez de!a pleurer!

Sander
Ah! Laissez­moi la pleurer,
A mes regrets, laissez­mo' me livrer
Qui m'aimera jamais comme elle ?
Qui me rendra ce tendre zèle ?

Fatmè, Lisbè
Ce sera moi
Ce sera moi
Hélas, mon père, cessez de la pleurer
Nous vous aimons

Sander
Je le sais bien

Lisbé
Croyez la voir!

Sander
Oui je la vois,
Je crois ['entendre
Qui m'appelle ?
Ah! ma Zémire,
Sans toi j'expire
Reviens reviens!

SCÈNE VII

Air N° 15 bis

Zémire
Ah! mon père, ah! cruel,
Laissez-moi l'aller voir.

Azor
Non Zémire! Je vous aime
Et je meurs
Si vous m'es ravie

Zémire
Pour rassurer mon père
Et lui rendre la vie,
Une heure, un monment me suffit.

Azor
Ah! Quel est sur moi votre empire
Allez le voir, ce père tent aimé
Cet a~lneau vous rendlibre:
En le portent, Zémire,
Vous n'êtes p!us en mon pouvoir
Si vous voutez me revoir,
Ôtez­!e et, dans l'instant,
Vous me serez rendue.
Adieu, Zémire, adieu!
N'oubliez pas celui qui vous attend.


SCÈNE I

Air N° 16

Sander
Quel malheur est le mien.

Ali
Ah! Monsieur!

Sander
Qu'est­ce encore ?

Ali
Dans 1'air.

Sander
Et bien, dans l'air ?

Ariette

Ali
J'en suds encor tremblant
C'est comme un char volant;
Ou bien c'est un nuage.
Non, non, non,
C'est comme un char brûlant
Volant sur un nuage
Je l'a' bien vu,
J'en suds transi,
J'ai peur qu'il ne descende ici
Je l'ai bien vu,
J'ai peur qu i! ne descende ici
A!'équipage vent attelés
Deux beaux serpents ailés
De leurs gueutes béantes
N'ai­je pas vu les dents?
Leurs prunelles brûlantes
Sont deux charbons ardents,
J'en suds encor tremblant
C'est comme un char volant;
Ou bien c'est un nuage.
Oui. oui, oui.
C'est un nuage
Non, non, non,
C'est comme un char brulant
Volant sur un nuage.
Je l'ai bien vu,
J'en suds transi,
J'ai peur qu'il ne descende ici.
Ou bien peut­être ce n'est rien,
Quand on a peur
On n'v volt pas si bien!

SCÈNE II
Air N° 16 bis

Sander
Ah! Ma fille est­ce toi ?
Est­ce bien toi que je revois?

Zémire
C'est Azor, c'est lui qui m'envoie
Je n'ai qu'un moment;
Je l'emploierai, mon père, à vous désabuser,
Au lieu d'un maitre sévère,
J'ai trouvé un ami généreux.

Sander
Malheureuse! Tu le défends!

Zémire
Daignez m'entendre et soyez juge
J'ai décidé de vous revoir
Il l'a permis, il mourra
Si je l'abandonne
Et j'en ai le pouvoir.
En voilà le gage certain:
De son pouvoir et de sa volonté
Cet anneau me rend libre.

Sander
Garde­toi bien de quitter cet anneau!

Zémire
En offensant ce malheureux qui m'aime
Que n'ai­je pas à craindre pour vous,
Laissez­moi, laissez­moi vous sauver'

Air N° 17
Quatuor

Zemire
Ah! Je tremble. Quelles armes
Opposer à son pouvoir

Sander
Mes pleurs, mes cris vent les armes
Que j'oppose à son pouvoir,

Zémire
Non, vous n avez plus d'espoir,
Pius d'espoir que dans mes larmes

Sander
La nature au désespoir
S'expose à tout sans alarmes.

Zémire
Ah! Je tremble, Quelles armes
Opposer à son pouvoir.

Sander
Mes pleurs, mes cris vent les armes
Que j'oppose à son pouvoir,
Je suis pere!

Zémire
Mon père!

Sander
Je suis père!

Zémire
Si jamais je vous fus chère
Laissez­moi fuir ce séjour.

Sander
Et ma fille m est plus chère
Que la lumière du jour.

Fatmé, Lisbe
Que ne puis­je, à sa colère,
Pour vous, m'offrir à son tour.

Sander
Ma fille m'est plus chère que le jour

Zémire
Lui­même en ces lieux, peut­être,
Va paraare Ah! Laissez­moi!

Fatme, Litibe
Ah! Quel effroi!

Sander
Qu'il paraisse, qu'il paraisse,
Ma tendresse ne me laisse aucun effroi,

Zémire
Ma craintive obéissance
Peut désarmer sa rigueur.

Sander
J'obtiendrai, par ma constance,
Qu il te rende à ma douleur.

Fatmé, Lisbé
La jeunesse et l'innocence
Ont bien des droits sur un cœur.

Sander
Et si ma douleur l'offense
Qu'il me déchire le cœur!

Zémire
Ah! Je tremble Quelles armes
Opposer à son pouvoir.

Sander
Mes pleurs, mes cris vent les armes
Que j'oppose à son pouvoir.

Fatmé
Non, vous n'avez plus d'espoir,
Plus d'espoir que dans nos larmes.

Sander
Mes pleurs, mes cris vent les armes
Que j'oppose à son pouvoir.

Zémire
Ah! Je tremble je tremble.
Si jamais je vous fus chère
Laissez­moi fuir ce séjour.

SCENE III

Air N° 18

Azor
Le soleil s'est caché dans l'onde
Et Zémire ne revient pas.
J'ai tout perdu, que fais­je au monde ?
Zémire m'abandonne,
Elle veut mon trépas.
Toi Zémire que j'adore
Tu m'as done manqué de foi.
Et pourquoi vivrais­je encore ?
Je n'inspire que de l'effroi.
Le jour est affreux pour moi.
Ah! Dans ma douleur extrême
Si je voulais me verger...
Qui ? Moi! punir ce que j'airr`
C'est un crime d'Y songer.
Toi Zémire que j'adore,
Tu m'as done manqué de foi.

SCENE IV

Air N° 19

Zémire
Azor, Azor!
En vain ma voix t'appelle
L'écho des bois
Répond soul à ma voix
Revois Zémire, elle est fidèle.
Elle consent à vivre sous tes lots.
Hélas, plus que moi­même
Je sens que je t'aimais.
Et dans ce moment même,
Plus que jamais, Azor, je t'aime.

SCÈNE V

Air N° 19 bis

Azor
Zémire: Zémire!

Zémire
Azor: est­ce vous ?
Oh! ciel, est­ce croyable ?

Azor
Oui, je suds ce monstre eftroyable
Que malgré sa laideur vous n'avez point trahi
Le trône où je remonte
Est un de vos bienfaits.
Venez, venez y prendre place

Zémire
Quel bonheur, quel prodige
Et c'est moi qui l'opère.
Achevez, achevez; de queue joie suprëme
Vous emplirez mon cœur.
Achevez, achevez et rendez­moi mon père!

Air N° 20
Ensemble Final

Tous
Amour, amour, quand ta rigueur
Met à l'épreuve un jeune cœur
A queues peines tu ['exposes.
Qui mieux qu'Azor saura jamais
Quels vent les maux que tu nous causes
Quels vent les biens que tu nous fais.




F I N