Zémire et Azor
Comedy ballet in 4 acts
Music by André Ernest Modeste Gretry
Libretto by Jean-François Marmontel
CAST:
Zémire, soprano
Azor, tenor
Sander, baritone
Lisbé, soprano
Ali, tenor
Fatimé, mezzo soprano
SCENE I
Récit
Sander
Quelle étrange aventure!
Ce palais éclairé
Où ie ne rencontre nersonne!
Ali
Monsieur, délogeons prodemment!
Je soupçonne que tout ceci
N'est qu'un enchantement.
Sander
As-tu peur ?
Si quelqu'un dans ce palais habite,
Il nous y recoit assez bien!
Ali
Mais si c'est un génie ?
Sander
Eh bien!
Ali
Crovez-moi. oartons au nius vite.
Ariette
Air N° 1
Ali
L'orage va cesser;
(On entend encore gronder le tonnerre dens les grands forte.)
Déjà les vents s 'a pa i sent,
Les voilà qui se taisent.
Pertons sans balancer.
Ce n'est plus rien qutun nuage
Dont le ciel se dégage.
Cela ne peut durer,
Le temps, le temps va s'éclairer
Oui, oui, les vents s'apaisent,
Les voilà qui se taisent.
Partons, partons sans balancer.
Vos filles vont passer la nuit ù vous attendre;
La frayeur va les prendre.
Pourquoi, pourquoi les délaisser?
Ah I je crois!es entendre
Vous les aimez d'amour si tendre;
Pourquoi, pourquoi les délaisser?
L'orage va cesser;
D éj à l es vents s ' a pa i sent ,
Les voilà qui se taisent.
Partons sans balancer.
Ce n'est plus rien, rien qu'un nuage
Dont le ciel se dégage.
Cela ne peut durer
Le temps. Ie temps va s'éclairer
Oui. oui, les vents s'apaisent,
Les voilà qui se taisent
Partons, partons sans balancer.
Air N° 1 bis
Sander
Que dis-tu ? L'orage redouble,
Comment retrouver mon chemin?
Ali
Je vous mènerai par la main
Sander
Nous sommes bien!
Passons ici la nuit sans trouble
Ali
Sans trouble
Sander
Au point du jour nous partirons demann.
Air N° 2
Sander
Le malheur me rend intrépide,
J'ai tout perdu, je ne crains rien
Et pourquoi serais-je timide ?
Pour moi la vie est-elle un bien ?
Le malheur me rend intrépide:
Je suis tombé de l'opulence
Dans la misère et dans l'oubli.
Un vaisseau, ma seule espérance
Dans les flots est enseveli
Le malheur me rend intrépide
J'ai tout perdu, je ne crains rién
Et pourquoi serais-je timide?
Pour moi la vie est-elle un bien ?
Air N°. 2 bis
Ali
Oh! Ciel!
Sander
Tu vois, de nos besoins
Quelqu'un s'est occupé
Mets-toi là! Goûte!
Ali
Ah! Monsieur, cette liqueur vermeille
'N'est peut-etre qu'un lent poison.
Mais qu'importe!
Ah! Le charmant breuvage!
Ariette
Ali
Les esprits dont on nous fait peur
Sont les meilleures gens du monde
Voyez, voyez comme ici tout abonde.
Quel bon souper!
Quelle liqueur!
Quel bon souper!
Et quelle liqueur I
Voyez, voyez comme ici tout abonde;
Quel bon souper!
Et queue liqueur!
On n'en parle que par envie;
Moquons-nous de ces contes veins,
Pour moi j'en ai l'âme ravie!
Je ne veux plus d'autres voisins,
Avec eux je passe ma vie
S'ils ont toujours d'aussi bons vies.
Les esprits dont on nous fait peur
Sont les meilleures gens du monde.
Duo
Sander et Ali
Le temps est beau.
-J'en suds bien aise.
- Ali!
-Je dors
- Ali!
-Je dors.
-II faut partir, il faut panir.
-Ouand j'ai bien bu, ne vous déplaise,
Je veux dormir.
-Ali!
-Je dors
-Tu dormiras plus à ton aise
Quand nous serons rendus chez moi
-On dort si bien sur une chaise,
On est ici comme chez soi.
-Le temps est beau.
-J'en suds bien aise.
-Tu dormiras plus à ton aise
Quand nous serons rendus chez moi
-Je dors si bien sur une chaise.
On est ici comme chez soi.
-Le jour se lève
-Qu'il se couche
-Ali, sans toi. je m'en irai.
-Panez sans moi.
(Il s'endort tout à fait!)
Partez sans moi.
Je vous suivrai
-Et si quelque bête farouche
Vient t attaouer ?
-Je n'ai pas peur.
-Le vin t'a donné du creur.
-Je n'ai pas peur
-Le vin t'a donné du ccaur.
-Ce bon vin m'a donné du cur
-Tu dormiras plus à ton aise
Quand nous serons rendus chez moi
-On dort si bien sur une chaise,
On est ici comme chez soi.
-Ali!
-Ah!
Je dors si bien sur cette chaise,
On est ici comme chez soi
-Tu dormiras plus à ton aise
Quand tu seras rendu chez moi
Recit N° 4 bis
Sander
Le ciel s'éclaire
Je veux, en quittant ce beau lieu.
Avoir, de ce prodige, une preuve certaine.
Allons! Ma famille m'attend
Ma petite Zémire, en me disant adieu.
Ne m'a demandé qutune rose.
Azor
Que faistu là ? Téméraire! I ngrat!
Je te donne l'asile, un bon souper
Le meilleur vin que j'ai!
Et tu veux que je te pardonne
De me voler mes fleurs!
Tu vas mourir!
Sander
Tu peux disposer de ma vie!
Je n ai regret qu'à mes enfants.
Azor
De trots fiiles, dit-on,
Le destin t'a fait père ?
Sander
Oui. L une d'elles, à mon départ,
Me demanda des rubans,
L'autre des dentelles.
Mais la plus jeune me dit en m'embrassant
Je ne veux qu une rose.
SCÈNE II
Air N° 5
Sander
La pauvre enfant ne savan pas
Qu'elle demandait
Qu'elle demandait mon trépas.
Cachez-lui bien que cette rose
Est la cause de mon malheur.
Sa tendresse qui me presse
De revenir dans ses bras,
Me rappelle la promesse.
Ah I Pauvre enfant, tu ne sais pas
Que tu demandes mon trépas.
Ah! pour elle, queue douleur.
Cachez-lui bien que cette rose
Est la cause de mon malheur.
Air N° 5 bis
Azor
J'ai l' âme assez compatissante
Pour me laisser fléchir.
Mais il faut que, pour toi,
L'une de tes filies consente
A venir se donner à moi.
Sander
Cruel! Pour une fleur!
Azor
Et saistu si mon son
Ne tient pas à ces fleurs
Qu'un charme fait éclore!
Sander
Non! J'aime mieux mourir
Que d'exposer leurs jours.
Mais je veux les revoir,
Les embrasser encore.
Azor
Eh bien!
Ali
Promettezlui toujours...
Sander
Malgré le sort qui me menace,
J'en donne ma parole
Et je la tientrai.
L'une d elles prendra ma place,
Ou moimême, je reviendrai!
Azor
Voilà qui nous réconcilie.
Reprends cette fleur, je le veux.
Et qu elle soit le garant
De la foi qui nous lie
Air N° 6
Azor
Ne va pas me tromper,
Ne crois pas m'échapper
Sur la terre et sur l'onde
Ma puissance stétend.
Et jusqu'au bout du monde
Ma vengeance t'attend.
Compte sur mes largesses,
Si tu me satisfais.
Sois sûr que mes bienfaits
Passeront mes promesses.
Que pour toi mes richesses
Ne tariront jamais.
Sois sûr que mes richesses
Ne tariront jamais
Mais ne va pas me "romper,
Ne crois pas m'échapper.
Sur la terre et sur l'onde
Ma poissance s'étend.
Et jusqu'au bout du monde,
Ma vengeance t'attend!
SCENE I
Trio
Zèmire, Fatimè, Lisbé
Veillons mes eurs, veillons encore.
La nuit s'enfuit devant l'aurore,
Mes surs voilà bientôt le jour
Jour prospère, rends un père
A mon amour
Il m'a promis des dentelles,
A moi des rubans nouveaux.
Les dentelles les plus belles
Les rubans les plus beaux.
Il m'a promis une rose,
C'est la fleur que je chéris.
Une rose ? c'est peu de chose
De sa main, elle est sans prix
Veillons mes eurs, veillons encore,
La nun' s'enfuit devant l'aurore,
Mes surs voilà bientôt le jour.
Jour prospère, rends un pere
A mon amour
SCENE II
Air N° 7 bis
Zèmire
Ah! Mon père
Avezvous fait un bon voyage ?
Sander
Hélas! Tout a péri!
Dans la misère,
Nous voilà retombés.
Zèmire
Mon père, vous n'en serez
Que plus chéri
Sander
La pauvre enfant!
Comme elle est touchante
Je me suds souvenu de toi;
Tu ntas demandé qu'une rose,
La voilà!
Air
Ariene
Zémire
Rose chèrie,
Aimable fleur,
Rose chérie,
Viens sur mon cur.
Qu'elle est fteurie!
Voyez ma sur,
Rose chérie,
Viens sur mon cur,
Rose chérie,
Viens du moins, mourir
Sur mon cur
SCÈNE III
Air N° 8 bis
Sander
Ciel! Où m'astu réduit ?
Vaten! Dans!'état où je suds,
Laissemoi!
Zémire
D'où vient cette douleur extrême ?
Sander
Laissemoi, laissemoi!
Viens embrasser ton père
Et vaten reposer!
Zèmire
Son silence me fait trembler,
Je veux savoir ce qui!'afflige
SCÈNE IV
Air N°9 Ariette
Ali
Plus de voyage qui me tense;
Plus de voyage!
Je veux mourir vieux: si je puts,
Je ne serai plus qu'une plante
Et je prends racine où je suds.
Passe encor pour aller sur terre,
C'est un plaisir quand il fait beau
Passe encor pour aller sur l'eau,
Quoi que je ne m'y praise guère.
Mais voyager sur les nuages
Et voir làbas, làbas, làbas,
La terre s'enfuir sous ses pas.
Cela dégoute des voyages
La tête tourne d'y penser,
Je ne veux plus,
Je ne vaux olus recommencer!
SCÈNES V, VI, VII
Air N° 9 bis
Zèmire
Ali, mon cher Ali,
Dismoi ce qu'a mon père.
Son silence me désespère.
Ali
Votre père,
Votre malheureux père
Est un homme perdu.
Zèmire
Mon père ?
Ali
Il m'a bien défendu
De vous en faire confidence.
Mais cette nun', dans le bois,
Sander
Ali! Ali!
Ali
Venez me retrouver.
C'est lui, c'est!ui, fuyez!
Je vais vous retrouver.
Sander
Ali, tu ne dors pas ?
Une table je veux écrire.
Laissemoi seul, laissemoi!
Récitatif obligé
Air N° 10
Sander
Je vais faire encor un voyage,
Bien long, peutêtre
O vous que je laisse
Au milieu des écueils de votre âge
Veille sur vous le ciel.
Jouissez en ce lieu
Des douceurs d'une vie obscure.
Honnête et sage.
Aimezvous, aimezmoi,
Je vous embrasse. adieu.
SCENE VIII
Air N° 10 bis
Duo
Zèmire
Je veux le voir, je veux lui dire
Je veux lui dire que c'est à moi
De m'offrir au trépas.
Ali
Ah Zémire! Parlez plus bas
Il vous entend.
Que j'ai mal fait de vous le dire
Voilà, voilà comme je suds
Je voux me faire et je ne pois!
Zémire
Que pour moi mon père expire
Non, je ne le souffrirai pas!
Je veux le voir, je veux lui dire
Que c'est à moi, que c'est à moi
De m'offrir au trépas
Ali
Ah Zémire! Parlez plus teas,
Il veut partir
Sans vous le dire.
Zémire
Sans me le dire
Il veut partir.
Non, non, je n'y purs consener.
Je veux le voir, ne tardons pas.
Je veux le voir,
C'est mon devoir.
Ali
Li veut panir, parlez plus bas.
Il vous emend, parlez plus bas.
Il nous emend, parlez plus bas.
Vous l'allez voir au désespoir.
Zémire
Hé bien! Sois mon guide toimême.
Vers ce palais, conduis mes pas.
Ali
Qui, mod! vous mener au trépas.
Trahir un père qui vous aime!
Non, non! Je n'irai pas.
Zémire
Cruel! Ne voistu pas
Que je le dérobe au trépas!
Veuxtu le voir Derir luimême ?
Ali
(à part)
Je tremble aussi pour moimême.
Zémire
Cher Ali, mon père repose
C'est le moment, conduis mes pas.
De son malheur je suds la cause,
Je dois le sauver du trépas.
Il nous emend, parlors plus bas.
Ali
Non, non, je n'ai garde et pour cause,
Non. non. ie n'irai pas.
Zémire
Tu n'as jamais aimé ton maître!
Si tu l'aimes, faisle connaître.
Le temps nous presse, viens!
Ali
Je l'aime, hélas! il le salt bien
Non, je n'entends rien.
Zémire
A tes genoux que j embrasse.
Ali
Ah! de grâce, levezvous.
Zémire
A mes pleurs ibfaut te rendre.
Zémire
Si nous tardons, il est perdu, viens!
Ali
Je m'attendris, je suds rendu.
SCÈNE I
Azor
Ah! Quel tourment d'être sensible,
Je m'attendris, je suds rendu.
D'avoir un cur fait pour l'amour
Sans que jamais il soit possible
De se voir aimer à son tour
Je porte avec moi l'épouvante
Et je n'inspire que l'effroi
La beauté timide et tremblante
S'alarme et fun' devant moi.
Ah! Quel tourment d'être sensible,
D'avoir un cur fait pour l'amour,
Sans que jamais il soit possible
De se voir aimer à son tour
SCÈNE II
Air N° 11 bis
Azor
Ce bon père à qui je commande
De me livrer sa fille
Auratil la rigueur de m'obéir.
Mais! Que voisje! Couchonsnous!
Ali
Vous voilà, je me sauve. Adieu!
Misérable! C'est fait de mod!
Tout est fermé, pourquoi suisje venu ?
Zémire
L'hôte charmant qui nous recoit ici
Seratil longtemps invisible?
Ali
Oh! Non.
Zémire
Dans ce palais tout me semble paisible,
Tout semble déjà prévu.
Vois, ~ awartement de Zémire ,
C'est done là qu'il vout me loger.
Quel éclat, cher Ali,
Quelle richesse extrême
Ali
Il ne veut pas vous égorger!
Air N° 12
Duo
Ali
Ah! de grace, ma faiblesse va me prendre
Zémire
Rassure mon père; dislui
Qu'on n'a pas résolu mon trépas.
Ali
Oui, mais comment faire ?
On arrête mes pas
Ne le voyezvous pas?
Zemire
Console mon père,
Dislui que j'espère
Me revoir dans ses bras Dislui
Qu'on n'a pas résolu mon trépas
Ali
J'avais bien à faire
De somber dans ces lacs!
Dans notre humble asile
J'étais si tranquille,
J'étais sans effroi
Zémire
Si dans son asile
Je le sais tranquille
Je suds sans effroi.
Je dis en moimême
Il respire, il m'aime,
C'est assez pour moi.
Ali
Mais celui qui vous aime
Ne peutil de même
Vous aimer sans moi ?
Que veutil de moi ?
Ne peutil vous aimer sans moi ?
Zémire
Rassure mon père; dislui
Quton n'a pas résolu mon trépas
Qu'il oublie, hélas!
La Dauvre captive!
La pauvre captive
Ne s'en plaindra pas!
Ali
Ô ciel! Pour vous plaire
J avais bien à faire!
Pourvu que je vive
Je ne mten plains pas!
Mais comment faire ?
On retient mes pas.
Ne le voyezvous pas ?
Eh! comment faire ?
On retient mes pas.
SCÈNE III
Air N°. 12 bis
Azor
Esclave, éloignetoi!
Laissela dans ces lieux.
Ali
Ah! Je ne demande pas mieux.
Zémire
Me voilà seule, il va venir
Ah! Ouelle peur est la mienne
Entrée des Génies
SCENE V
Récit.
Azor
(solennel)
Ah! Revenez, Zemire, de ce morsel ettroi
Ne me regardez pas, Zémire,
Ecoutezmoi.
Zèmire
Ah! Je mours Eloignezvous!
Vous n'allez pas me dévorer?
Azor
Quoi! Moi ?
Je voux passer ma vie à vous plaire,
A vous adorer.
Zémire
Je commence à me rassurer.
Air N°. 13
Ariette
Azor
Du moment qu on aime
L'on devient si "ux.
Et je suds moimème
Plus tremblant que vous.
Hé quoi! Vous craignez l'esclave timide
Sur qui vous régnez!
N'ayez plus de peur,
La haine homicide
Est loin de mon cur
Ou moment qu on aime
L'on devient si doux.
Et je suds moimême
Plus tremblant aue vous
Air N° 13 bis
Zémire
Je ne puis revenir de mon étonnement.
Quelle horrible figure
Et quel charmant langage.
Azor
Vous me haisse.
Zèmire
Quand on n'est pas cruel
On n'est point haissable.
Azor
Zémire, Zémire, vous ètes reine
De ce palais et de mon cur.
Parlez, commandez, tout ici
Reconnait votre loi souveraine.
Je suds riche et j'espère,
A force de bienfaits,
Consoler votre père
Je doterai vos eurs,
Je les établirai
Zèmire
Mais, vous m'attendrissez,
On ne peut davantage
A vous voir, j'accoutume mes yeux
Azor
Zémire, commencez done
A vous faire en ces lieux.
Vous chantez, je le sais,
Vous chantez à merveille.
Zémire
Eh bien! Si vous désirez que je chante
Je chanterai.
Azor
Ouelle bonté charmante.
Air N° 14
Ariette la fauvette
Zèmire
La fauvette avec ses petits
Se croft la reine du bocage.
De leur réveil, par son ramage
Tous les échos vent avertis.
Sa naissante famille
Autour d'elle sautille,
Voltige et prend l'essor
Rassemblés sous son aile
De leur amour pour elle
Wile jouit encor.
Mais par malheur
Vient l'oiseleur
Qui lui ravit son r~spérance.
La pauvre mère, elle, ne pense
Qu'à son malheur.
Tout retentit de sa douleur.
La fauvette avec ses petite
Se croft la reine du bocage.
De leur réveil, par son ramage
Tous les échos sont avertis.
Air N° 14 bis
Azor
Vos chants pour moi vent une plainte
Ne puisie, au moins, adoucir vos regrets ?
Zèmire
Vous le pouvez
Azor
Comment ? Parlez, parlez,
Que fautil faire ?
Zèmire
Me laisser voir encore
Et mes surs et mon père
Azor: Autant que je le puis
Je vais vous obéir.
SCENE VI
Air N° 15
Trio
Fatmé, Lisbé
Hélas. mon père. cessez de!a pleurer!
Sander
Ah! Laissezmoi la pleurer,
A mes regrets, laissezmo' me livrer
Qui m'aimera jamais comme elle ?
Qui me rendra ce tendre zèle ?
Fatmè, Lisbè
Ce sera moi
Ce sera moi
Hélas, mon père, cessez de la pleurer
Nous vous aimons
Sander
Je le sais bien
Lisbé
Croyez la voir!
Sander
Oui je la vois,
Je crois ['entendre
Qui m'appelle ?
Ah! ma Zémire,
Sans toi j'expire
Reviens reviens!
SCÈNE VII
Air N° 15 bis
Zémire
Ah! mon père, ah! cruel,
Laissez-moi l'aller voir.
Azor
Non Zémire! Je vous aime
Et je meurs
Si vous m'es ravie
Zémire
Pour rassurer mon père
Et lui rendre la vie,
Une heure, un monment me suffit.
Azor
Ah! Quel est sur moi votre empire
Allez le voir, ce père tent aimé
Cet a~lneau vous rendlibre:
En le portent, Zémire,
Vous n'êtes p!us en mon pouvoir
Si vous voutez me revoir,
Ôtez!e et, dans l'instant,
Vous me serez rendue.
Adieu, Zémire, adieu!
N'oubliez pas celui qui vous attend.
SCÈNE I
Air N° 16
Sander
Quel malheur est le mien.
Ali
Ah! Monsieur!
Sander
Qu'estce encore ?
Ali
Dans 1'air.
Sander
Et bien, dans l'air ?
Ariette
Ali
J'en suds encor tremblant
C'est comme un char volant;
Ou bien c'est un nuage.
Non, non, non,
C'est comme un char brûlant
Volant sur un nuage
Je l'a' bien vu,
J'en suds transi,
J'ai peur qu'il ne descende ici
Je l'ai bien vu,
J'ai peur qu i! ne descende ici
A!'équipage vent attelés
Deux beaux serpents ailés
De leurs gueutes béantes
N'aije pas vu les dents?
Leurs prunelles brûlantes
Sont deux charbons ardents,
J'en suds encor tremblant
C'est comme un char volant;
Ou bien c'est un nuage.
Oui. oui, oui.
C'est un nuage
Non, non, non,
C'est comme un char brulant
Volant sur un nuage.
Je l'ai bien vu,
J'en suds transi,
J'ai peur qu'il ne descende ici.
Ou bien peutêtre ce n'est rien,
Quand on a peur
On n'v volt pas si bien!
SCÈNE II
Air N° 16 bis
Sander
Ah! Ma fille estce toi ?
Estce bien toi que je revois?
Zémire
C'est Azor, c'est lui qui m'envoie
Je n'ai qu'un moment;
Je l'emploierai, mon père, à vous désabuser,
Au lieu d'un maitre sévère,
J'ai trouvé un ami généreux.
Sander
Malheureuse! Tu le défends!
Zémire
Daignez m'entendre et soyez juge
J'ai décidé de vous revoir
Il l'a permis, il mourra
Si je l'abandonne
Et j'en ai le pouvoir.
En voilà le gage certain:
De son pouvoir et de sa volonté
Cet anneau me rend libre.
Sander
Gardetoi bien de quitter cet anneau!
Zémire
En offensant ce malheureux qui m'aime
Que n'aije pas à craindre pour vous,
Laissezmoi, laissezmoi vous sauver'
Air N° 17
Quatuor
Zemire
Ah! Je tremble. Quelles armes
Opposer à son pouvoir
Sander
Mes pleurs, mes cris vent les armes
Que j'oppose à son pouvoir,
Zémire
Non, vous n avez plus d'espoir,
Pius d'espoir que dans mes larmes
Sander
La nature au désespoir
S'expose à tout sans alarmes.
Zémire
Ah! Je tremble, Quelles armes
Opposer à son pouvoir.
Sander
Mes pleurs, mes cris vent les armes
Que j'oppose à son pouvoir,
Je suis pere!
Zémire
Mon père!
Sander
Je suis père!
Zémire
Si jamais je vous fus chère
Laissezmoi fuir ce séjour.
Sander
Et ma fille m est plus chère
Que la lumière du jour.
Fatmé, Lisbe
Que ne puisje, à sa colère,
Pour vous, m'offrir à son tour.
Sander
Ma fille m'est plus chère que le jour
Zémire
Luimême en ces lieux, peutêtre,
Va paraare Ah! Laissezmoi!
Fatme, Litibe
Ah! Quel effroi!
Sander
Qu'il paraisse, qu'il paraisse,
Ma tendresse ne me laisse aucun effroi,
Zémire
Ma craintive obéissance
Peut désarmer sa rigueur.
Sander
J'obtiendrai, par ma constance,
Qu il te rende à ma douleur.
Fatmé, Lisbé
La jeunesse et l'innocence
Ont bien des droits sur un cur.
Sander
Et si ma douleur l'offense
Qu'il me déchire le cur!
Zémire
Ah! Je tremble Quelles armes
Opposer à son pouvoir.
Sander
Mes pleurs, mes cris vent les armes
Que j'oppose à son pouvoir.
Fatmé
Non, vous n'avez plus d'espoir,
Plus d'espoir que dans nos larmes.
Sander
Mes pleurs, mes cris vent les armes
Que j'oppose à son pouvoir.
Zémire
Ah! Je tremble je tremble.
Si jamais je vous fus chère
Laissezmoi fuir ce séjour.
SCENE III
Air N° 18
Azor
Le soleil s'est caché dans l'onde
Et Zémire ne revient pas.
J'ai tout perdu, que faisje au monde ?
Zémire m'abandonne,
Elle veut mon trépas.
Toi Zémire que j'adore
Tu m'as done manqué de foi.
Et pourquoi vivraisje encore ?
Je n'inspire que de l'effroi.
Le jour est affreux pour moi.
Ah! Dans ma douleur extrême
Si je voulais me verger...
Qui ? Moi! punir ce que j'airr`
C'est un crime d'Y songer.
Toi Zémire que j'adore,
Tu m'as done manqué de foi.
SCENE IV
Air N° 19
Zémire
Azor, Azor!
En vain ma voix t'appelle
L'écho des bois
Répond soul à ma voix
Revois Zémire, elle est fidèle.
Elle consent à vivre sous tes lots.
Hélas, plus que moimême
Je sens que je t'aimais.
Et dans ce moment même,
Plus que jamais, Azor, je t'aime.
SCÈNE V
Air N° 19 bis
Azor
Zémire: Zémire!
Zémire
Azor: estce vous ?
Oh! ciel, estce croyable ?
Azor
Oui, je suds ce monstre eftroyable
Que malgré sa laideur vous n'avez point trahi
Le trône où je remonte
Est un de vos bienfaits.
Venez, venez y prendre place
Zémire
Quel bonheur, quel prodige
Et c'est moi qui l'opère.
Achevez, achevez; de queue joie suprëme
Vous emplirez mon cur.
Achevez, achevez et rendezmoi mon père!
Air N° 20
Ensemble Final
Tous
Amour, amour, quand ta rigueur
Met à l'épreuve un jeune cur
A queues peines tu ['exposes.
Qui mieux qu'Azor saura jamais
Quels vent les maux que tu nous causes
Quels vent les biens que tu nous fais.
F I N
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