L'Éclair
Opéra comique en Trois Actes
Parole de MM. De Planard et de St.-Georges
Musique de F. Halevy
CAST:
Mme Darbel, jeune veuve, Soprano (première Dugazon)
Henriette, sa sur, Soprano (première chanteuse)
Lionel, officier de marine, Premier Ténor
George, Deuxième Ténor
La scène se passe dans une habitation des États-Unis, à deux lieues de Boston.
Ouverture
No. 1. Duo
HENRIETTE
Ah! combien cette solitude
M'offre d'attraits et de bonheur,
Le calme des champs et l'étude
Suffisent pour charmer mon cur.
Ah! combien solitude
M'offre d'attraits et de bonheur.
MME DARBEL
Ah! combien cette solitude
Aurait peu d'attraits pour mon cur
Je préfère aux champs, á l'étude,
Le monde et son charme enchanteur.
HENRIETTE
Ma sur n'aime pas la retraite?
MME DARBEL
Comment passer ici ses jours?
Pas un balet pas une fête,
Pas de toilette et pas d'amours.
Comment ici passer ses jours?
HENRIETTE
Pas un bal,
MME DARBEL
pas une fête,
HENRIETTE
Pas de toilette,
MME DARBEL
pas de toilette et pas d'amours, mon, pas d'amour.
HENRIETTE et MME DARBEL
Pas de toilette, non, pas de toilette et pas d'amours, non
Pas de toilette, pas de toilette pas d'amours.
ah! ah! pas d'amours.
HENRIETTE
D'autres plaisirs dans ma retraite,
Ma sur embellissent mes jours.
MME DARBEL
D'autres plaisirs,
dans la retraite embillissent dis-tu, tes jours.
Voyons! voyons! voyons ce qui charme tes jours.
Voyons ce qui charme, ce qui charme tes jours.
HENRIETTE
(con morbidezza)
La riche nature
En ces beaux climats,
Pour moi je t'assure,
Est pleine d'appas;
J'aime le visage
Où glisse le vent
Et le bois sauvage
Où j'erre souvent.
Jouir dès l'aurore
Du parfum des fleurs,
De nos nuits encore
Chérir les splendeurs,
Voilà de ma vie
Le simple désir
Et mon cur n'envie
Nul autre plaisir,
Et mon cur n'envie
Nul autre plaisir.
MME DARBEL
La riche nature
En tes beaux climats,
Pour moi je t'assure,
A fort peu d'appas.
Ta forêt sauvage
Ne vaut pas vraiment,
Un riche équipage,
Un salon brillant;
Dans mon esclavage
Fixer sans effort
Un amant volage
Qui n'offre son sort,
(imitant sa sur avec minauderie)
Voilà de ma vie
Le simple désir
Et mon cur n'envie
Nul autre plaisir,
Et mon cur n'envie
Nul autre plaisir.
Gaîté, vive folie
Embellissez ma vie,
HENRIETTE
Douce, mélancolie
Venez, venez à mon secours.
MME DARBEL
A toi coquetterie
J'abandonne ma vie,
HENRIETTE
Douce mélancolie
Inspire-moi toujours, toujours, toujours.
MME DARBEL
toujours, toujours.
HENRIETTE et MME DARBEL
Gaîté, vive folie
Embellissez sa vie,
Douce mélancolie
Inspirez-moi toujours.
Douce coquetterie
Inspirez-moi toujours.
Venez plaisir, gaîté, folie!
Gaîté, vive folie
Embellissez ma vie,
Venez plaisir, gaîté, folie,
Gaîté, vive folie
Embellissez ma vie,
Embellissez ma vie,
Venez plaisir, venez,
Ah! venez,
Inspirez-moi, inspirez-moi toujours, toujours.
No. 2. Air et Trio
GEORGE
Des rivages d'Angleterre
Je vous fais ici venir
Vous allez donc je l'espère,
M'écouter et m'obéir.
Je veux que dans trois semaines,
Sans les allonger d'un jour,
Vous ayez serré les chaînes
De l'hymen et de l'amour.
Oui, mon cher dans trois semaines,
Oui, mon cher dans trois semaines
vous aurez serré les chaînes
De l'hymen et de l'amour.
Entendez-vous? entendez vous?
dans trois semaines
Et pas un jour.
Entre vous et mes deux nièces
Je partage mes richesse,
Et de l'une ou l'autre sur
Il vous faudra ravir le cur.
L'une est vive et plus coquette
Que la timide Henriette;
Et selon votre désir
Vous n'aurez donc plus qu'à choisir.
Vous êtes un peu novice,
Sans détour et sans malice;
(avec force)
Mon argent et mon crédit,
Mon argent et mon crédit
vont vous donner beaucoup, beaucoup d'esprit.
Ainsi, ainsi,
J'arrive, j'arrive auprès de vous mes belles,
En cet instant que votre voix
Daigne guider mon choix;
Ici pour moi ne soyez pas cruelles,
Et s'il est vrai que votre cur
Soupire et cherche un doux vainqueur,
Ah! parlez, je suis là, dites-vous il est là,
Mon mari le voilé!
Oui, s'il est vrai que votre cur
Soupire et cherche un doux vainqueur,
Ah! parlez, je suis là, dites-vous il est là!
Mon mari le voilà!
HENRIETTE et MME DARBEL
Je ris, je ris de bien bon cur
De l'ordonnance du docteur,
De l'ordonnance du docteur.
GEORGE
Ah! j'arrive, auprès de vous mes belles
HENRIETTE et MME DARBEL
Je ris, je ris de bien bon cur
De l'ordonnance du docteur,
De l'ordonnance du docteur.
GEORGE
Oui, j'arrive auprès de vous mes belles
Ici pour moi ne voyez pas cruelles;
Oui, s'il est vrai que votre cur
Soupire et cherche un doux vainqueur
Ah! parlez je suis là, dites-vous il est là!
Mon mari le voilà!
Oui, s'il est vrai que votre cur
Soupire et cherche un doux vainqueur
Ah! parlez je suis là dites-vous il est là!
Mon mari le voilà! le voilà!
Mon mari le voilà!
HENRIETTE et MME DARBEL
Mais à laquelle, dans ce jour,
Donnerez-vous la préférence?
GEORGE
Hélas! entre vous, mon amour
Mes chères cousines, balance,
Allons, allons, qui me veut pour époux?
Prononcez! Décidez-vous!
HENRIETTE
Ah! Ce n'est pas moi mon cher cousin,
Ma sur aurait trop de chagrin.
MME DARBEL
Ce n'est pas moi mon cher cousin,
Ma sur aurait trop de chagrin.
GEORGE
Mais il me semble en ma détresse,
Que pour ne pas me refuser
Et par un excès tendresse
Aucune ne veut m'épouser.
Ensemble
GEORGE
Pour que ce embarras finisse
Je livre mon cur au destin,
Un jour on l'autre, il faudra bien
Que l'une de deux me choisisse.
Pour que cet embarras finisse
Je livre mon cur au destin,
Un jour ou l'autre, faudra bien
Que l'une des deux me choisisse,
Un jour on l'autre, il faudra bien
Que l'une des deux me choisisse.
MME DARBEL
Hélas! hélas! mon cher cousin,
Ma sur, ma sur aurait trop de chagrin.
Vous le voyez mon cher cousin,
Ma sur aurait trop de chagrin,
Ma sur aurait trop de chagrin.
HENRIETTE
Hélas! hélas! mon cher cousin,
Ma sur aurait trop de chagrin,
Ma sur aurait trop de chagrin.
MME DARBEL
Décidez-vous! si votre cur m'adore
Car pour Boston je repars ce matin.
GEORGE
Partir! ô ciel! moi, voyager encore
Je suis brisé! je meurs de sommeil et de faim.
Je suis brisé, je suis rompu, je meurs de sommeil.
(Il baille.)
et de faim.
HENRIETTE
(lui montrant le déjeuner)
Voyez donc.
GEORGE
(à Henriette)
Pour moi? ah! ah! c'est vous que j'adore!
Vous fixez mon choix sans retour.
Quand j'aurai déjeuné nous parlons d'amour.
Ah! quand j'aurai déjeuné nous parlerons,
nous parlerons d'amour.
Ensemble
GEORGE
Pour que cet embarras finesse
Je livre mon cur au destin,
Un jour ou l'autre, il faudra bien
Que l'une des deux me choisisse.
Pour que cet embarras finesse
Je livre mon cur au destin,
Un jour ou l'autre, il faudra bien
Que l'une des deux me choisisse.
Un jour ou l'autre, il faudra bien
Que l'une des deux me choisisse.
Leur coquetterie
En vain me tient regueur,
Oui, j'ai l'âme ravie!
Quel succès flatteur!
Leur coquetterie
En vain me tient regueur,
Oui, j'ai l'âme ravie!
Quel succès flatteur!
Conquête rapide
Triomphe éclatant
D'un amour candid
effet entraînant.
MME DARBEL
Hélas! hélas! mon cher cousin,
Je vais avoir avoir bien du chagrin.
Vous le voyez, mon cher cousin,
Je vais avoir bien du chagrin,
Je vais avoir bien du chagrin.
La bonne folie!
Ah! j'en ris de bon cur!
Oui, son âme est ravie!
Quel succès flatteur!
La bonne folie!
Ah! j'en ris de bon cur!
Oui, j'ai l'âme ravie!
Quel succès flatteur!
Conquête rapide
Triomphe éclatant
D'un amour candid
Effet entraînant.
HENRIETTE
Hélas! hélas! mon cher cousin,
Ma sur aurait trop de chagrin,
Ma sur aurait trop de chagrin,
La bonne folie!
Ah! j'en ris de bon cur!
Oui, son âme est ravie!
Quel succès flatteur!
La bonne folie!
Ah! j'en ris de bon cur!
Oui, j'ai l'âme ravie!
Quel succès flatteur!
Conquête rapide
Triomphe éclatant
D'un amour candid
Effet entraînant.
Ah! Ah! oui, j'en ris de bon cur!
Ah! la bonne folie!
Hélas! hélas! mon cher cousin,
ma sur aura bien du chagrin.
Hélas! mon cher cousin,
Ma sur aura bien du chagrin,
Ma sur aura bien du chagrin,
Ma sur aura bien du chagrin.
MME DARBEL
Oui, je ris de bon cur!
Ah! la bonne folie!
Ah! Ah!
Hélas! hélas! mon cher cousin,
Je vais avoir bien du chagrin.
Hélas! j'aurai, j'aurai bien du chagrin.
Je vais avoir bien du chagrin,
Je vais avoir bien du chagrin.
No. 3. Grand Air.
LIONEL
Partons, la mer est belle,
La brise nous appelle
Et la vague étincelle
Des feux, des feux du jour naissant.
Peut-être que l'orage
Dort et gronde, gronde au fond des flots,
Mais le ciel sans nuage
Semble dire aux matelots:
Partons, la mer est belle,
La brise nous appelle
Et la vague étincelle
Des feux, des feux du jour naissant.
D'un cur intrépide
Tu vas donc enfant de quinze ans,
Sur la mer perfide
Affronter l'orage et les vents
Mais de la patrie
Vas, toujours tu te souviendras
Et l'âme attendrie
Bien souvent, souvent tu diras tu répéteras:
Corvette, la belle,
Ma mère m'appelle!
Le bonheur près d'elle
M'attend dans le port.
Ah! ah! allons, vivre de bord!
Ah! ah! allons, vivre de bord!
Ma mère m'appelle!
Ma mère m'appelle!
Ma mère, ma mère!
Le bonheur près d'elle
M'attend dans le port!
Le bonheur près d'elle
M'attend dans le port!
M'attend dans le port!
M'attend dans le port!
Voyez là-bas, là-bas, là-bas la blanche voile
Qui, gaîment au soleil, reluit comme un étoile!
C'est un navire! un ennemi!
Allons, enfants, Dieu nous l'amène!
Son pavillon flotte endormi;
Réveillons-le, réveillons-le la bonne aubaine!
Il nous a vus! Il nous attend!
Il veut aussi brûler sa poudre!
Il faut courir! A nous le vent!
Tombons sur lui comme la foudre!
Il faut courir! A nous le vent!
Tombons sur lui comme la foudre!
Mais d'abord implorons la faveur souveraine
De celui qui peut, seul, nous sauver du trépas!
Alors, tout l'équipage, à genoux, chapeau bas,
Prie et confie à Dieu amour, espoir et peine:
Gémit tout seul, tout seul mon pauvre père!
Là, pleure aussi, elle qui m'est si chère,
Ô Dieu si bon protégez-les d'en haut,
Veillez sur eux, car mon heure dernière
S'approche et peut sonner bientôt, bientôt!
Ô mon bon Dieu, hélas! c'est la prière,
la prière du matelot!
Ô mon bon Dieu, hélas! c'est la prière,
la prière du matelot!
Pendant ce temps notre ennemi s'avance,
Il grandit, il menace, il gronde sourdement!
Mais notre âme vers Dieu s'élance,
On se confie à sa puissance,
A sa patrie on sait d'avance
Qu'on doit son bras, tout son corps, tout son sang.
Ô le beau temps, la belle mer!
Feu, maintenant! une bordée!
Entendez-vous ce feu d'enfer,
Quel bruit affreux, quelle fumée!
De tout côté vole en éclat
Le bois, le fer, partout la mort!
De l'entrepont, du haut des mâts,
Le plomb siffle et rase le bord,
Le plomb siffle et rase le bord!
Entendez-vous quelle bordée,
Quel bruit affreux, quelle fumée!
Ô Dieu puissant pitié pour eux
Ils ont sauté, ils ont sauté les malheureux!
Alors on se compte, on s'embrasse
Tu n'es pas mort, tu n'es pas mort! pas cette fois-ce.
Mon Dieu! mon Dieu, je te rends grâce!
Je reverrai, je reverrai mon doux pays!
Merci! car c'est là, là qu'on m'attend et qu'on m'aime!
Ah! mes amis joie extrême!
Je vais revoir mon doux pays!
Mon Dieu, mon dieu, merci!
Je vais revoir mon doux pays!
Mon Dieu, mon Dieu, merci!
On se hâte, on s'empresse
Et partout l'allégresse
Éclate en doux transport!
On va voir sa maîtresse,
On va voir sa maîtresse,
Bientôt, bientôt, bientôt le port!
Oui, mon capitaine mon capitaine,
oui maintenant je puis redire,
Corvette la belle,
Ah! Partons la mer est belle,
La brise nous appelle
Et la vague étincelle
Des feux du jour naissant.
Corvette, la belle,
Ma mère m'appelle!
Le bonheur près d'elle m'attend dans le port!
Le bonheur près d'elle m'attend dans le port!
M'attend dans le port!
No. 4. Finale
GEORGE
D'où vient cette chaleur
Qui m'accable et m'assomme?
Avec quelle douceur je m'en vais faire un somme!
(Il s'assied dans un fauteuil et commence à s'endormir.)
(en dormant)
A mes deux cousines
Je pense toujours!
Les gentilles mines!
Ce sont deux amours.
Il m'est impossible
De fixer mes vux
J'ai le cur sensible
Pour toutes les deux!
(Il se réveille un moment.)
Ô sommeil! mon mare,
Il faut t'obéir!
En dormant, peut-être
Je pourrai choisir!
En dormant, peut-être
Je pourrai choisir!
Oh! mes cousines!
Oh! petites cousines!
J'y pense toujours, toujours, toujours!
Ce sont deux amours,
Oui, deux vrais amours.
Oui, deux petits, deux petits amours.
(Le tonnerre commence à gronder dans l'éloignement.
(Éclat de tonnerre. Georges se réveille.)
GEORGE
Ah! quel orage!
Et quel tapage!
Plus de soleil
A mon réveil!
Tout est dans l'ombre,
Et tout est sombre!
Le seul éclair
Agite l'air!
Ah! quel orage!
Ah! quel tapage!
Ah! dans mon cur
Quelle frayeur!
Que je m'abrite!
Fermons bien vite!
Ah! dans mon cur
Quelle frayeur!
Que je m'abrite!
Fermons bien vite!
Ah! les flots sont épouvantables!
Grand Dieu! que vois-je donc là-bas!
Un homme égaré dans les sables!
Grand Dieu! il ne voit donc pas!
Mais une femme, à son secours,
S'élance au péril de ses jours!
Ah! quel orage!
Oh! quel tapage!
Plus de courage!
Vers le rivage
Je n'ose plus faire un seul pas.
(apercevant Henriette conduisant Lionel)
Ah! quel bonheur! ô providence!
Eh quoi! c'est lui! c'est lui! grand Dieu!
HENRIETTE
Il est sauvé! il est sauvé!
Mon Dieu! mon Dieu! je bénis ta puissance!
LIONEL
Où suis-je? où suis-je? qui vient guider mes pas?
GEORGE
Eh quoi? eh quoi?
Ne vous souvient-il pas, ne vous souvient-il pas,
Ici, ici tantôt!
LIONEL
D'où vient la nuit qui v'environne?
La nuit, la nuit qui m'environne?
HENRIETTE
Ô ciel!
GEORGE
Ô ciel!
HENRIETTE
Eh mais! que dites-vous?
GEORGE
Ouvrez yeux! regardez-nous!
LIONEL
Quoi! fait-il jour?
HENRIETTE
Ô ciel! ô ciel! quelle crainte il me donne!
LIONEL
Ah! mon malheur, mon malheur est trop certain!
HENRIETTE
Quel malheur! parlez, parlez, grand Dieu!
GEORGE
Mon ami, mon ami, ah! reconnaissez-moi!
LIONEL
Malheur! malheur! affreux destin!
HENRIETTE
Ô mon Dieu!
GEORGE
Mon ami!
LIONEL
(récit.)
Le foudre a brisé ma nacelle
Et son éclat frappant mes yeux!
Soudain, sa brûlante étincelle
M'a ravi la clarté des Dieu!
HENRIETTE et GEORGE
Dieu! mortel effroi!
LIONEL
Mon Dieu! mon Dieu! pitié pour moi!
HENRIETTE et GEORGE
mortel effroi!
LIONEL
Mon Dieu! secourez-moi!
HENRIETTE
Affreux malheur!
LIONEL
Ma pauvre mère
Jour de misère!
Quel triste sort!
Plutôt la mort!
HENRIETTE
Infortuné!
GEORGE
Quelle douleur!
Que je le plains!
HENRIETTE, GEORGE et LIONEL
Ah! désespoir!
HENRIETTE et GEORGE
Quel triste sort!
LIONEL
Plutôt la mort!
GEORGE
Mon ami, mon ami! écoutez, écoutez, mon ami!
LIONEL
Laissez-moi, plus d'espoir!
Laissez-moi!
Non, non, plutôt la mort!
HENRIETTE
Clamez-vous!
LIONEL
Adieu clarté, douce lumière,
Mes yeux sont fermés pour jamais,
Et vous, et vous ma bonne mère
Je ne pourrai plus voir vos traits
Je dois hélas! finir ma vie
Dans l'abandon, dans les regrets,
Mon bras, mon sang à ma patrie
Sont inutiles désormais.
Ensemble
HENRIETTE
Mon Dieu! de sa touchante plainte
je ressens toutes les douleurs,
Du sort, hélas! cruelle atteinte!
Ses yeux fermés ah! quel malheur!
Mon Dieu de sa touchante plainte
Oui, je ressens bien les douleurs,
Du sort, hélas! cruelle atteinte.
Ses yeux fermés, ah! quel malheur.
Hélas! tristes regrets!
Hélas! Ô regrets!
GEORGE
Mon Dieu! oui, de sa touchante plainte
je ressens les douleurs,
Du sort, hélas! cruelle atteinte!
Ses yeux fermés, ah! quel malheur!
Mon Dieu, mon Dieu de sa touchante plainte
Oui, je ressens bien les douleurs,
Du sort, hélas! cruelle atteinte.
Ses yeux fermés, ah! quel malheur.
Hélas! tristes regrets!
Hélas! Ô regrets!
LIONEL
Adieu clarté, douce lumière,
Mes yeux sont fermés pour jamais,
Et toi, et toi ma bonne mère
je ne pourrai plus voir ses traits.
Il me faut donc passer ma vie
Dans l'abandon, dans le regrets,
Mon bras, mon sang pour ma patrie
Sont inutiles désormais.
Adieu ma bonne mère!
Adieu, donc pour jamais!
Adieu! adieu ma bonne mère
Adieu! adieu! pour jamais!
(On entend successivement trois coups
de canon dans l'éloignement.)
Entendez-vous?
Ils m'appellent, ils vont partir, partir, sans moi partir!
Ô désespoir! ô désespoir!
Sans moi, sans moi, sans moi partir!
Plutôt mourir!
Laissez-moi! non, je veux partir!
Laissez-moi, non, je veux partir!
Laissez-moi!
Non, leur voix m'appelle,
Il faut partir!
Leur voix m'appelle il faut partir
Ou laissez-moi, laissez-moi mourir!
Dieu tout puisant
Dieu tutélaire entends mes vux!
Ah! prends pitié de la misère
D'un malheureux.
Par ton pouvoir que ta lumière
Brille à mes yeux!
Dieu tout puissant!
Dieu tutélaire
Que la lumière
Brille à mes yeux, à mes yeux.
Dieu puissant que la lumière
Brille encor à mes yeux,
Dieu tout puissant que ta lumière
Brille encor à mes yeux.
HENRIETTE
Ah! calmez-vous!
Écoutez-nous!
Écoutez-nous!
Écoutez-nous!
Grand Dieu! grand Dieu que devenir?
Hélas! douleur mortelle! douleur, douleur mortelle!
Ah! calmez-vous!
Écoutez-nous!
Il faut rester, ah! restez, restez auprès de nous.
Dieu tout puisant!
Dieu tutélaire entends mes vux!
Ah! prends pitié de la misère
D'un malheureux.
Par ton pouvoir que ta lumière,
Par ton pouvoir que la lumière, que la lumière
Brille à ses yeux, à ses yeux.
Dieu puissant la lumière
Peut briller à ses yeux.
Dieu tout puissant que la lumière
Brille encor à ses yeux.
GEORGE
Ah! calmez-vous!
Écoutez-nous!
Écoutez-nous!
Écoutez-nous!
Restez auprès de nous.
Restez, restez auprès de nous.
Restez, restez auprès de nous.
Restez!
Y pensez-vous!
Il faut rester, auprès de nous.
Partir ainsi y pensez-vous!
C'est impossible il faut rester près de nous.
Dieu tout puisant!
Dieu tutélaire entends mes vux!
Ah! prends pitié de la misère
D'un malheureux.
Par ton pouvoir que ta lumière,
Par ton pouvoir que la lumière, que la lumière
Brille à ses yeux, à ses yeux.
Dieu puissant la lumière
Briller à ses yeux.
Dieu tout puissant que la lumière
Brille encor à ses yeux.
No. 5. Entr'acte et Rondo
(Lever du rideau)
MME DARBEL
Oui, j'arrive à l'instant; allez chercher ma sur
Je sais que mon retour est pour elle un bonheur.
Ah! ma sur jolie,
Enfin votre cur
De tendre folie
Connaît la douceur!
Ah! pauvre innocente!
Près de toi j'accours, oui
Une confidente
Vole à ton secours!
Ah! pauvre innocente
Près de toi j'accours,
A ta confidente
Apprends tes amours,
A ta confidente
Apprends tes amours.
Ah! ma sur,
Ah! ma sur si jolie,
Enfin votre cur la douceur
De tendre folie!
Ah! ma sur,
Ah! ma sur si jolie oui,
Enfin votre cur
De tendre folie
Connaît la douceur!
Ah! pauvre innocente,
Ah! pauvre innocente oui
Une confidente,
Une confidente
Vole à ton secours,
Ah! pauvre innocente
Vers toi j'accours,
Me voici, vers toi j'accours.
Qu'il est aisé de lire dans son âme!
En m'écrivant elle a trahi sa flamme.
(Elle lit une lettre qu'elle tient à la main.)
Pour ce jeune homme, pour ce jeune home elle a,
elle a de l'amitié!
A son malheur,
A son malheur elle doit, elle doit sa pitié!
De l'amitié!
De la pitié!
Nous savons, hélas! à son âge,
Ce que veut dire un tel langage!
Non! non, plus de détour;
Cette amitié, cette amitié, c'est de l'amour!
Ah! ma sur jolie,
Enfin votre cur
De tendre folie
Connaît la douceur!
Ah! pauvre innocente!
Près de toi j'accours, oui
Une confidente
Vole à ton secours!
Ah! pauvre innocente!
Près de toi j'accours,
A ta confidente
Apprends tes amours,
A ta confidente
Apprends tes amours.
Ah! ma sur,
Ah! ma sur si jolie,
Enfin votre cur
Connaît la douceur
De tendre folie!
Ah! ma sur,
Ah! ma sur si jolie, oui,
Enfin votre cur
De tendre folie
Connaît la doucer!
Ah! pauvre innocente,
Ah! pauvre innocente! Oui,
Une confidente,
Une confidente
Vole à ton secours.
Ah! pauvre innocente!
Vers toi j'accours,
Me voici, vers toi j'accours.
Pauvre innocente!
Vers toi, vers j'accours, je viens à ton secours.
No. 6. Romance et Quatuor.
MME DARBEL
Silence
HERRIETTE, MME DARBEL et GEORGE
Vers nous il s'avance.
LIONEL
Du ciel la lumière
A fui de mes yeux,
Ma triste paupière
Est close sur eux!
Tout dans la nature
Semble, hélas! me fuir!
Les maux que j'endure
Me font trop souffrir!
Ma noble patrie,
Regrets superflus,
Ma mère chérie
Vous verrai-je plus!
Ma noble patrie,
Regrets superflus
Ma mère chérie
Vous verrai-je plus noble patrie!
mère chérie! hélas!
HENRIETTE, MME DARBEL et GEORGE
Que sa tristesse touche mon cur,
Qu'il m'intéresse dans son malheur!
LIONEL
ah! vous verrai-je plus?
Ne vous verrai-je plus?
Ne vous verrai-je, ne vous verrai-je plus?
Il est pou ma vie
Encor du bonheur;
Une voix chérie
Répond à mon cur;
Que j'aime à l'entendre!
Qu'elle a de douceur
Cette voix si tendre
Qui plaint mon malheur.
Mais la douce amie
Qui guide mes pas
Et sauva ma vie,
La verrai-je pas?
Mais la douce amie
Qui guide mes pas
Et sauva ma vie,
La verrai-je pas? oui, douce amie, oui, douce amie
HENRIETTE, MME DARBEL et GEORGE
Que sa tristesse touche mon cur,
Qu'il m'intéresse dans son malheur.
LIONEL
Henriette!
Ne vous verrai-je pas?
Ne vous verrai-je pas?
Ne vous verrai-je, ne vous verrai-je pas?
Bonne Henriette!
Où donc est elle?
HENRIETTE
(bas à Mme Darbel)
Tu l'entends bien? toujours il m'appelle!
LIONEL
Bonne Henriette!
Où donc est elle?
MME DARBEL
(bas)
Eh bien? réponds-lui, mais d'ici.
HENRIETTE
(bas à Mme Darbel)
MME DARBEL
Une épreuve.
HENRIETTE
(haut à Lionel)
Une épreuve, me voici.
LIONEL
(il prend la main de Mme Darbel)
Ah! je vous trouve enfin!
GEORGE
La ruse a réussi,
LIONEL
Pourquoi me faire attendre ainsi?
GEORGE
La ruse a réussi.
HENRIETTE
Eh quoi donc mon ami?
LIONEL
Ah! ma surprise est extrême!
Quoi! cette main sur mon cur
Ensemble
LIONEL
Ne vient pas à l'instant même
L'agiter d'un doux bonheur,
Ne vient pas à l'instant même
L'agiter d'un doux bonheur.
HENRIETTE, MME DARBEL et GEORGE
(sotto voce)
Sa surprise est extrême
Se peut-il qu'à l'instant même
Il devine son erreur.
HENRIETTE
Du pavillon, d'un pas timide,
En traversant tout le jardin,
Vous êtes donc venu sans guide?
LIONEL
C'est sa voix,
Oh! oui! c'est bien sa voix,
mais ce n'est pas sa main, non,
non, non, ce n'est pas là sa main.
GEORGE
De la malice il n'est pas dupe, non!
De la malice il n'est pas dupe, non!
HENRIETTE
Qu'avez-vous donc? qui vous occupe?
LIONEL
Je vous cherchais voici l'instant
Où je prends ma leçon de chant.
Vous le savez, vous le savez,
voici l'instant le doux instant,
Où je prends ma leçon de chant.
(Il prend la main d'Henriette.)
MME DARBEL
Je viens d'étudier d'avance
Une douce et tendre romance,
Qui vous enchantera, je crois.
LIONEL
Ah! ce c'est pas sa voix, mais, mais c'est sa main,
oh! c'est bien sa main, je ne trompe pas, c'est bien sa main,
oui, c'est sa main cette fois!
HENRIETTE
Ah! terminons ce badinage.
MME DARBEL
Oui, je n'en veux pas davantage.
GEORGE
Oui, terminons ce badinage.
MME DARBEL
Il est très amoureux;
Je réponds de son cur.
(bas à Henriette)
Oui, je n'en veux pas davantage, pas davantage, je reponds,
je réponds de son cur, je réponds de son cur.
LIONEL
(con grazia e legato)
Si le ciel rigoureux
La ravit à mes yeux,
Quand elle est près de moi,
Dans mon cur en émoi,
Un secret sentiment
M'avertit doucement,
et me dit: elle est là, elle est là,
La voilà!
Tout me dit: elle est là, c'est Henriette, la voilà!
Ensemble
GEORGE
Ce pauvre ami, ce cher ami il me ravit,
il me m'attendrit.
Il est si bon vraiment je crois
Qu'il l'aime au moins autant que moi.
Il l'aime au moins autant, autant que moi,
Il l'aime au moins autant, autant que moi,
Il est si bon oui, je le vois,
Il l'aime au moins autant que moi.
Oui vraiment, la voilà,
Qu'il est gentil, oui, sur ma foi,
On dirait vraiment qu'il la voit, oui!
Il l'aime au moins autant que moi!
HENRIETTE
Si ciel rigoureux
Me dérobe à ses yeux,
Dans son cur en émoi,
Quand il est près de moi,
Un secret sentiment
L'avertit doucement
Et lui dit: La voilà, elle est là, la voilà!
Tout lui dit: elle est là, c'est Henriette la voilà!
Tout lui dit: elle est là, la voilà,
la voilà, la voilà, elle est là, oui!
Oui, je sens là un doux émoi!
LIONEL
Si le ciel rigoureux,
Si le ciel rigoureux
La ravit à mes yeux,
Si le ciel rigoureux,
Si le ciel rigoureux
La ravit à mes yeux,
Un secret sentiment
M'avertit doucement,
Et me dit, tout me dit: elle est là, la voilà la voilà,
Tout me dit, tout me dit: la voilà
C'est Henriette, la voilà, la voilà, la voilà,
Henriette elle est là!
MME DARBEL
(dolcissimo staccato)
Oui, lorsqu'il est auprès de toi,
Je le vois bien, un doux émoi,
Bien tendrement,
vient l'agiter tout doucement
Un doux émoi, secrètement
Vient l'avertir tout doucement,
Tout à son cur dit: elle est là, oui la voilà!
Tout à son cur dit: elle est là,
Oui c'est bien la voilà oui, la voilà!
Tout lui dit: elle est là, la voilà, la voilà,
la voilà, elle est là oui!
Il l'aime au moins autant que moi!
HENRIETTE
Lionel, ce beau jour m'a ramené ma sur!
LIONEL
Votre sur?
MME DARBEL
Pardonnez cette innocente ruse.
GEORGE
Non, il nous aime trop, jamais on ne l'abuse!
LIONEL
Hélas! pardonnez-moi
Vous voyez mon destin
Il est trop vrai, Madame,
Il est trop vrai, Madame,
Il n'est plus qu'une voix
Qui pénètre en mon âme,
Il n'est plus qu'une main que connaisse ma main.
GEORGE
Et la mienne, mon cher ami,
Ne suis-je pas toujours ici,
N'est-ce pas moi qui vous promène,
N'est-ce pas moi qui vous ramène
Près d'Henriette que voici
Cher Lionel, mon bon ami,
Croyez en mon désir extrême
Si vous voulez qu'elle vous aime
Il faut, mon cher m'aimer aussi,
Il faut, mon cher, m'aimer aussi
Ensemble
GEORGE
(dolce)
Que j'ai d'esprit, que j'ai d'esprit,
que j'ai bien dit, je suis ravi.
Il est si bon vraiment je crois
Qu'il l'aime au moins autant que moi
Il l'aime au moins autant, autant que moi,
Il est si bon, oui je le vois,
Il l'aime au mois autant que moi,
Oui vraiment, la voilà!
Qu'il est gentil, oui, sur ma foi!
On dirait vraiment qu'il la voit, oui! oui
HENRIETTE
Si le ciel rigoureux
Me dérobe à ses yeux,
Dans son cur en émoi,
Quand il est près de moi,
Un secret sentiment
L'avertit doucement
Et lui dit: elle est là,
Elle est là, la voilà!
Tout lui dit: elle est là, c'est Henriette la voilà!
Tout lui dit: elle est là, la voilà, la voilà,
la voilà, la voilà, oui! oui
LIONEL
Si le ciel rigoureux, si le ciel rigoureux
La ravit à mes yeux,
Si le ciel rigoureux,
Si le ciel rigoureux
La ravit à mes yeux,
Un secret sentiment
M'avertit doucement,
Et me dit, tout me dit: elle est là, la voilà,
la voilà, tout me dit, tout me dit: la voilà,
C'est Henriette, la voilà!
MME DARBEL
Oui, lorsqu'il est auprès de toi,
Je le vois bien, un doux émoi,
Bien tendrement,
Vient l'avertir tout doucement.
Un doux émoi discrètement
Vient l'avertir tout doucement,
Tout à son cur dit: elle est là, oui, la voila!
Tout à son cur dit: elle est là, oui,
la voila, oui, la voilà!
Tout lui dit: elle est là, la voilà,
la voilà, la voilà, la voilà, oui! oui
LIONEL
Tout me dit: elle est là oui, c'est elle, elle est là!
Un secret sentiment
M'avertit doucement,
Et me dit:
La voilà!
Oui, c'est elle, elle est là!
HENRIETTE, MME DARBEL et GEORGE
Tout lui dit: elle est là, la voilà!
Unsecret sentiment
L'avertit doucement,
Et lui dit:
La voilà!
HENRIETTE
La voilà!
MME DARBEL et GEORGE
La voila! elle est là!
HENRIETTE
Unsecret sentiment
L'avertit doucement,
Et lui dit: la voilà,
Oui, c'est elle! la voila! la voilà! elle est là!
Oui c'est elle, oui, la voilà, oui, oui, oui, la voilà!
MME DARBEL et GEORGE
La voila! la voilà!
L'avertit doucement,
Et lui dit: elle est là, elle est là la voilà!
MME DARBEL
Tout lui dit: la voilà! oui, c'est elle! elle est là!
Oui c'est elle oui, oui, la voilà c'est elle,
c'est elle c'est elle! la voilà!
GEORGE
Tout lui dit: la voilà! ils sont là! les voilà! ils sont là!
oui, oui, la voilà! oui, oui, oui, la voilà!
LIONEL
Un secret sentiment
M'avertit doucement,
Et me dit: la voilà,
Oui, c'est elle, la voilà
Tout me dit: la voilà
Oui c'est elle! elle est là!
Oui, c'est elle! elle est là! oui, la voilà! c'est elle!
c'est elle! c'est elle! la voilà!
No. 7, Duo
HENRIETTE
Comme mon cur bat et palpite,
Un doux transport l'émeut et l'agite,
Comme mon cur bat et palpite,
Pour moi, pour moi, que ce moment est doux.
LIONEL
Comme mon cur bat et palpite,
Un doux transport l'émeut et l'agite,
Comme mon cur bat et palpite,
Un doux penchant m'entraîne à ses genoux.
Si j'osais, ô mon Dieu! si j'osais lui dire
Que l'entendre et l'aimer c'est pour moi le bonheur.
HENRIETTE
O mon Dieu! par pitié! qu'il ne puisse lire
Ce que j'éprouve au fond du cur.
HENRIETTE et LIONEL
Comme mon cur bat et palpite,
Un doux transport l'émeut et l'agite,
Comme mon cur bat et palpite,
Pour moi, pour moi, que ce instant est doux.
Pour moi, pour moi, que ce instant est doux.
HENRIETTE
Veuillez d'abord ma faire entendre
Le chant et l'accompagnement.
LIONEL
Et puis, votre voix douce en tendre,
Bientôt va s'unir à mon chant.
L'amour m'inspire,
L'amour m'inspire
Et dans son cur je saurai lire.
C'est un chant provençal, sans apprêt et sans art.
Une simple villanelle,
Le chant d'amour fidèle
D'un chasseur montagnard
Que fait gémir une cruelle!
Écoutez, écoutez; c'est le chant
De l'amant.
Ah! si tu voulais, si tu voulais
Finir ma peine,
Que je t'aimerais, je t'aimerais
Gentille Hélène!
Il n'est dame, princesse ou reine
Qui de tes yeux ne serait vaine,
Il n'est seigneur ou prince, ou roi,
Qui sache aimer autant que moi,
Il n'est seigneur, ou prince, ou roi,
Qui sache aimer autant que moi!
Ah! si tu voulais, si tu voulais
Finir ma peine,
Que je t'aimerais, je t'aimerais
Gentille Hélène!
Lorsque parait l'aube nouvelle,
Je pense à toi, mon cur t'appelle,
Quand vient le soir, ma voix fidèle
T'appelle encor,
Ah! réponds-moi!
Ah! ah! ah! ah! ma voix fidèle,
Vole vers toi.
Ah! mon cur t'appelle,
Ah! réponds-moi, réponds-moi,
réponds-moi, réponds-moi!
HENRIETTE et LIONEL
Ah! si tu voulais, si tu voulais
Finir ma peine,
Que je t'aimerais, je t'aimeras
Gentille Hélène,
Il n'est dame, princesse ou reine
Qui de tes yeux ne serait vaine,
Il n'est seigneur, ou prince, ou roi,
Qui sache aimer autant que moi,
Il n'est seigneur, ou prince, ou roi,
Qui sache aimer autant que moi.
Ah! ah!
HENRIETTE
Ah! monsieur, je vous remercie,
Mais que répond, je vous en prie,
Cette Hélène si jolie?
LIONEL
Soyez ici bien attentive
et répétez toujours mon chant:
Hélène était un peu craintive,
Je suis comme elle en ce moment.
Elle répond, toute attendrie,
Le cur rempli d'un doux émoi:
HENRIETTE
Elle répond, toute attendrie,
Le cur rempli d'un doux émoi:
LIONEL
"Je t'aime, et pour la vie,
Je ne veux plus aimer que toi."
HENRIETTE
(Elle s'arrête toute émue.)
Je
LIONEL
Eh bien! eh bien! vous ne répétez pas?
HENRIETTE
He n'ai pas bien compris, non monsieur, cette fois;
LIONEL
O bonheur! ô bonheur! elle m'aime je crois,
Elle m'aime je crois.
Allons soyez plus attentive
Et répétez ces mots si doux.
Ne soyez pas aussi craintive
Ah! répétez ces mots si doux.
HENRIETTE
Oui, je dirai tout comme vous.
LIONEL
Elle répond, tout attendrie,
HENRIETTE
Le cur rempli d'un doux émoi,
LIONEL
Je t'aime, et pour la vie,
Je ne veux plus aimer que toi.
HENRIETTE
Je t'aime, et pour la vie,
Je ne veux plus aimer que toi.
LIONEL
Oui c'est bien, c'est très bien, c'est ainsi qu'on exprime
De ses mots si touchants, la naïf abandonne
HENRIETTE et LIONEL
Elle répond, toute attendrie,
Le cur rempli d'un doux émoi,
Je t'aime, et pour la vie,
Je ne veux plus aimer que toi,
Je t'aime, et pour la vie
Je ne veux plus aimer que toi,
Oui je veux pour la vie,
N'aimer plus que toi! oui plus que toi!
No. 8. Finale
(Air, Duo, Romance et Scène)
Air
GEORGE
Après ce trait de perfidie,
Combien je dois bénir mon sort,
D'avoir fait ma philosophie
A l'Université d'Oxford!
Après ce trait de perfidie,
Combien je dois bénir mon sort,
D'avoir fait ma philosophie
A l'Université d'Oxford!
A l'Université d'Oxford!
Ah! je ne puis le croire encore
Devant moi se dire ainsi que l'on s'adore
Devant moi, oui, devant moi se dire ainsi que l'on s'adore.
Si j'écoutais ma jalousie,
Si j'écoutais ma jalousie,
Pour me tuer je ferais un effort.
Mais, mais, mais j'ai fait ma philosophie,
Mais j'ai fait ma philosophie
A l'Université d'Oxford,
A l'Université d'Oxford!
Combien je dois bénir mon sort,
D'avoir fait ma philosophie,
D'avoir fait ma philosophie
A l'Université d'Oxford.
A l'Université d'Oxford.
A l'Université d'Oxford.
Oui, j'ai fait ma philosophie
A l'Université d'Oxford.!
Duo
MME DARBEL
(dans la coulisse d'abord; elle entre en chantant.)
Près d'une belle
Être fidèle,
Ne chérir qu'elle,
C'est un malheur!
Un grand malheur!
Ah! quel malheur!
Amant plus sage,
Suivez l'usage,
Soyez volage,
C'est le bonheur!
Un grand bonheur,
Le vrai bonheur!
C'est un bonheur,
Un grand bonheur,
Le vrai bonheur!
GEORGE
Sa chanson vante l'inconstance;
Elle est, ma foi, de circonstance.
MME DARBEL
Ah! vous voilà, cruel cousin?
Que dites-vous de mon refrain?
Près d'une belle,
Être fidèle,
Ne chérir qu'elle,
C'est un malheur,
Un grand malheur!
Ah! quel malheur!
Amant plus sage,
Suivez l'usage,
Soyez volage,
C'est le bonheur!
Un grand bonheur,
Le vrai bonheur!
C'est le bonheur!
Un grand bonheur,
Le vrai bonheur!
GEORGE
(se jette à ses genoux)
Hélas! hélas!
MME DARBEL
Quelle posture étrange!
GEORGE
Je vous adore!
MME DARBEL
Y pensez-vous?
GEORGE
Vous êtes belle comme un ange!
MME DARBEL
Plaît-il? comment?
GEORGE
Ces yeux si doux!
MME DARBEL
Quel changement!
GEORGE
Charmante femme!
MME DARBEL
Quoi! vous venez?
GEORGE
Sans nul détour.
MME DARBEL
Et votre cur?
GEORGE
Il est en flamme!
MME DARBEL
Pour mes beaux yeux
GEORGE
Je meurs d'amour.
MME DARBEL
Oh! vraiment, vous me faites rire!
GEORGE
Oui, c'est pour vous que je soupire!
MME DARBEL
Et ma sur, que vous aimez tant?
GEORGE
Je l'oublie en vous voyant.
MME DARBEL
Et ma sur, que vous aimez tant?
GEORGE
Je l'oublie, je l'oublie, j'oublie,
je l'oublie en vous voyant.
Hélas! hélas!
Pendant votre absence
J'aimais votre sur;
Mais votre présence
A changé mon cur
Oui, votre présence
A changé tout mon cur.
MME DARBEL
Mon Dieu quel changement étrange,
GEORGE
Je vous adore,
MME DARBEL
Y pensez-vous,
GEORGE
Vous êtes belle comme un ange
MME DARBEL
Ah! laissez-moi!
GEORGE
Ces yeux si doux!
MME DARBEL
Il faut vous fuir!
GEORGE
Où courez-vous?
MME DARBEL
Dans la salon,
GEORGE
Et pourquoi faire?
MME DARBEL
Au piano, pour me distraire,
Et fuir un séducteur malin,
Je vais répéter, répéter mon refrain.
GEORGE
La chanson m'a semblé fort sage.
MME DARBEL
Elle vous dit d'être volage,
GEORGE
Allons, allons au piano
Je veux la chanter en duo.
Ensemble
MME DARBEL
Près d'une belle,
Être fidèle
Ne chérir qu'elle,
C'est un malheur,
Un grand malheur,
Ah!
Quel malheur!
Amant plus sage,
Suivez l'usage,
Soyez volage,
C'est le bonheur,
Un grand bonheur,
Le vrai bonheur,
Amant plus sage,
Suivez l'usage,
Soyez volage,
C'est le bonheur,
Un grand bonheur,
Le vrai bonheur,
Un grand bonheur!
GEORGE
(comme s'il cherchait à répéter)
Près d'une belle,
Être fidèle
C'est un bonheur,
C'est un malheur,
Un grand malheur,
Quel malheur, quel malheur,
quel malheur!
Amant plus sage,
Suivez l'usage,
C'est un malheur,
C'est le bonheur,
Un grand bonheur,
Le vrai bonheur,
Amant plus sage,
Suivez l'usage,
Soyez volage,
C'est le bonheur,
Le vrai bonheur,
Le vrai bonheur,
Un grand bonheur,
Le vrai bonheur,
Parol' d'honneur,
Ma parol' d'honneur,
Un grand bonheur,
Le vrai bonheur!
Oh oui, ma parole d'honneur!
Récit et Romance
HENRIETTE
O mon Dieu! si de la lumière
Il était privé pour jamais!
Hélas! si sa faible paupière
Ne s'ouvrait pas! ah! quels regrets!
Il va venir! La nuit commence!
Mais de la nuit qui trouble le silence?
C'est ma lyre d'Eole, a qui le vent du soir
Rend une voix plaintive et tendre!..
Si je l'interrogeais? elle pourrait m'apprendre
Ce qu'il faut écouter, ou la crainte ou l'espoir.
O divine harmonie,
Viens m'apprendre mon sort,
Et mon âme attendrie
Comprendra tes accords!
Réponds lyre d'Éole,
Dois-je craindre un malheur,
sois le Dieu qui console
Et rassure mon cur,
Et rassure mon cur,
Et rassure et rassure mon cur!
Scène
HENRIETTE
Quels sinistres accords, et quels sons douloureux!
Tout mon cur est rempli de présages affreux!
Le voici tout mon cur a frémi, tout mon cur a frémi!
(Lionel entre.)
LIONEL
Henriette! O ma providence!
Je t'obéis en attendant
Le tardif et si doux instant
O` de te voir j'ai l'espérance!
HENRIETTE
Sa voix me rend à l'espérance!
LIONEL
On m'en fait souvent un portrait si flatteur
HENRIETTE
Je voix avec chagrin qu'il me croit bien jolie!
LIONEL
La voir serait l'instant le plus doux de ma vie!
Le voir serait l'instant le plus doux, le plus deux de ma vie!
HENRIETTE
Je crains que le portrait ne lui semble menteur.
LIONEL
(Cloches.)
La cloches!.. ah! comptons bien!
HENRIETTE
Juste ciel! c'est l'instant! que mon âme est émue.
LIONEL
Enfin! c'est à présent, à présent!
(Il arrache son bandeau.)
O mon Dieu!
Dieu puissant! J'ai recouvré la vue!
(Il hésite entre les deux femmes,
pois va se précipiter aux pieds de Mme Darbel.
Henriette tombe évanouie.
Mme Darbel et George s'empressent de la secourir.)
Henriette!
MME DARBEL
Ah! grand Dieu! ah! ma sur Henriette
Henriette malheureux, malheureux!
GEORGE
Ah! grand Dieu! ah! pauvre Henriette!
Henriette malheureux, malheureux!
LIONEL
Malheureux qu'ai-je fait, Henriette
Henriette!
No. 9. Entr'acte et Romance
LIONEL
Toi qui veillais sur moi comme Providence,
Toi que de mon destin sut tromper la rigueur,
Pauvre enfant! pour ta récompense
tu n'as trouvé que le malheur.
Quand de la nuit l'épais nuage
Couvrait mes yeux de son bandeau,
Tu me montrais, après l'orage,
l'éclat prochain d'un jour nouveau!
Tu me disais: dans la souffrance
Qui vient encor nous secourir?
C'est l'espérance
En l'avenir!
Sans espérance
Mieux vaut mourir!
C'est l'espérance
En l'avenir!
Sans espérance
Mieux vaut mourir!
Grâce à tes soins, quand ma paupière
En se rouvrant à pu te voir,
J'ai condamné ta vie entière
A la douleur, au désespoir!
Et cependant, à la souffrance
Le dernier bien qu'on doit ravir
C'est l'espérance
En l'avenir!
Sans espérance
Mieux vaut mourir!
C'est l'espérance
En l'avenir!
Sans espérance
Mieux vaut mourir!
No. 10. Quatuor
GEORGE
C'est elle! la voilà! quel moment pour mon cur!
HENRIETTE
Ma sur!
MME DARBEL
Ah!
HENRIETTE
Me voilà de retour! et je tiens ma promesse!
Vous revoir est pour moi le bonheur le plus doux!
De vous tous mes amis j'alarmai la tendresse
Et je n'ai plus longtemps pu rester loin de vous!
GEORGE
Le voilà! la voilà! la voilà! la voilà!
Ensemble
HENRIETTE
Je bénis le pouvoir qui nous sait réunir,
Désormais près de toi je veux vivre et mourir!
Me voilà de retour et je tiens ma promesse!
Vous revoir est pour moi le bonheur le plus doux!
De vous tous, mes amis, j'alarmai la tendresse!
Et je n'ai plus longtemps pu rester loin de vous!
MME DARBEL
Je bénis le pouvoir qui nous sait réunir,
Désormais près de toi je veux vivre et mourir!
La voilà! la voilà! mon cur est dans l'ivresse!
Son retour est pour moi le bonheur le plus doux!
Ah! pourquoi de nos curs affliger la tendresse!
Et pourquoi si longtemps demeurer loin de nous!
LIONEL
Le pouvoir réunir
Près de toi et mourir!
La voilà! la voilà! pour mon cur douce ivresse!
Le revoir est pour nous le bonheur le plus doux!
C'est pour moi que son cur a gardé sa tendresse!
Son cousin, dès ce soir, deviendra son époux!
MME DARBEL
C'est donc toi?
HENRIETTE
Ce moment pour jamais nous rassemble.
GEORGE
Ce moment nous rassemble.
LIONEL
Ah! je n'ose affronter son regard enchanteur.
HENRIETTE
Ton époux n'est-il pas?
MME DARBEL
Il est là, mais il tremble.
HENRIETTE
Lionel l'amitié vous ramène une sur.
GEORGE
Il faut lui pardonner.
HENRIETTE
Silence! silence!
LIONEL
Que je souffre ô mon Dieu! que je crains sa présence!
Ah! sortons un instant.
Pour rassurer mon cur.
Il le faut, il le faut! évitons sa présence
J'ai besoin d'être seul pour rassurer mon cur.
Ensemble
HENRIETTE
Ma voilà de retour et je tiens ma promesse!
Vous revoir est pour moi le bonheur le plus doux!
De vous tous, mes amis, j'alarmai la tendresse
Et je n'ai plus longtemps pu rester loin de vous!
De vous tous, mes amis, j'alarmai la tendresse
Et je n'ai plus longtemps pu rester loin de vous!
Non, je n'ai plus longtemps pu rester loin de vous,
pu rester loin de vous!
MME DARBEL
La voilà! la voilà! mon cur dans l'ivresse!
Son retour est pour moi le bonheur le plus doux!
Devais-tu de nos cur, affliger la tendresse!
Et pourquoi si longtemps demeurer loin de nous?
Devais-tu de nos cur, affliger la tendresse!
Et pourquoi si longtemps demeurer loin de nous?
Et pourquoi si longtemps demeurer loin de nous?
Et pourquoi si longtemps demeurer loin de nous?
GEORGE
La voilà! la voilà pour mon cur douce ivresse!
La revoir est pour moi le bonheur le plus doux!
C'est pour moi que son cur a gardé
Sa tendresse
Son cousin, dès ce soir, deviendra son époux!
C'est pour moi que son cur a gardé sa tendresse
Son cousin, dès ce soir, deviendra son époux!
Son cousin, dès ce soir, deviendra son époux!
LIONEL
La voilà! elle tient sa promesse
Mon cur est enchanté de la voir près de nous!
Ai-je pu, juste ciel! offenser sa tendresse!
Tout en elle est charmant! quel regard noble et doux!
Ai-je pu, juste ciel! offenser sa tendresse!
Ai-je pu, juste ciel! offenser sa tendresse!
Tout en elle est charmant! quel regard noble et doux!
Tout en elle est charmant! quel regard noble et doux!
No. 11. Trio et Finale
HENRIETTE, MME DARBEL et LIONEL
Quoi, pour jamais des regrets et des larmes!
De tristes jours, passés dans la douleur!
Quand l'avenir nous offrait tant de charmes,
Quand l'avenir promettait le bonheur!
Quand l'avenir promettait le bonheur!
MME DARBEL
C'est toi, toi seule qu'il aime!
HENRIETTE
Hélas!
MME DARBEL
Cet amour est extrême!
HENRIETTE
Ma sur! ma sur!
MME DARBEL
Plus de bonheur pour nous!
HENRIETTE
Mon Dieu! mon Dieu! prenez pitié de nous!
des regrets et des larmes
De tristes jours, passés dans la douleur
MME DARBEL et LIONEL
Quoi, pour jamais des regrets et des larmes
De tristes jours, passés dans la douleur
HENRIETTE, MME DARBEL et LIONEL
Quand l'avenir nous offrait tant de charmes,
Quand l'avenir promettait le bonheur
Quand l'avenir promettait le bonheur promettait le bonheur!
HENRIETTE
Le remords me déchire!
Adieu c'est trop souffrir!
MME DARBEL
Comment! que veux-tu dire?
HENRIETTE
C'est moi qui dois partir!
LIONEL
Écoutez!..
HENRIETTE
Tout m'accable!
LIONEL
écoutez!
HENRIETTE
Tout m'accable!
C'est moi qui dois partir!
MME DARBEL
Ah! ma sur calme-toi!
HENRIETTE
Non, je suis trop coupable!
LIONEL
Henriette, Henriette, un mot, répondez-moi!
Henriette, Henriette, un mot, répondez-moi!
Ah! pour moi, pour moi je vous implore!
Et quand je vais quitter ces lieux,
Un mot de vous, un mot pourrait encore
Rendre mon sort, mon sort moins rigoureux.
Ah! pour moi seul je vous implore!
Et quand je vais quitter ces lieux,
Un mot de vous, un mot pourrait encore
Rendre mon sort, mon sort moins rigoureux.
Un mot de vous pourrait encore
Rendre mon sort moins rigoureux.
HENRIETTE
Un mot de moi, de moi!
MME DARBEL
Ma sur, ma sur! son cur t'implore!
LIONEL
Répondez-moi!
MME DARBEL
Ma sur, ma sur! cède à ses vux!
LIONEL
Savez-vous reconnaître en ce jour votre erreur?
HENRIETTE
Cette erreur a fait naître le remords dans mon cur!
MME DARBEL
Ô bonheur!
LIONEL
Je respire!
HENRIETTE
Vous parlez de bonheur!..
MME DARBEL et LIONEL
Doux moment!
HENRIETTE
Quel sourire!
LIONEL
Henriette!
MME DARBEL
Ô ma sur!
HENRIETTE
Qu'est-ce donc?
LIONEL
Mon amie!
MME DARBEL
Que ton sort sera doux!
LIONEL
tout à toi, pour la vie!
MME DARBEL
Du bonheur pour nous tous!
HENRIETTE
Ô mon Dieu!
MME DARBEL
Sois contente!
HENRIETTE
Ô mon Dieu!
MME DARBEL
Sois contente!
LIONEL
Une ruse innocente
MME DARBEL
Te ramène en ces lieux!
LIONEL
Cet hymen malheureux
MME DARBEL
Ordonné par toi même
LIONEL
Pouvais-tu!
HENRIETTE
Trouble extrême!
MME DARBEL et LIONEL
Non! jamais à l'autel!
HENRIETTE
Ne me trompez-vous pas?
MME DARBEL et LIONEL
Entre nous point d'Hymen
HENRIETTE
Ah! je meurs, dans vos bras! Je meurs dans vos bras!
MME DARBEL et LIONEL
Henriette!
HENRIETTE
Ah! ô doux transport! C'est moi qu'il aime
Et c'est moi qu'il aima toujours!
LIONEL
Bientôt, bientôt le ciel lui-même
Va bénir nos purs amours.
MME DARBEL
Non, non, ma sur d'être sa femme
tu vois je n'ai pas l'honneur!
HENRIETTE
Ah! pour jamais quittez mon âme
Affreux tourment, triste douleur!
LIONEL
Oui du bonheur la douce flamme
A déjà ranime mon cur.
HENRIETTE
Oui, du bonheur la douce flamme fait déjà battre mon cur!
Ensemble
HENRIETTE
O doux transport! c'est moi qu'il aime
Et c'est moi qu'il aima toujours
Bientôt, bientôt le ciel lui-même
Va donc bénir nos purs amours!
Bientôt, bientôt le ciel lui-même
Va donc bénir nos purs amours!
MME DARBEL
O doux transport! celle que l'aime
Et donc à moi et pour toujours
Bientôt, bientôt le ciel lui-même
Va donc bénir nos purs amours!
Bientôt, bientôt le ciel lui-même
Va donc bénir nos purs amours!
LIONEL
O doux transport! c'est moi qu'il aime
Et c'est moi qu'il aima toujours
Bientôt, bientôt le ciel lui-même
Va donc bénir nos purs amours!
Bientôt, bientôt le ciel lui-même
Va donc bénir nos purs amours!
GEORGE
(accourant)
Me voilà! tout est prêt pour la cérémonie?
Tout est prêt pour la cérémonie?
Vous voyez ma toilette!
MME DARBEL
Elle est vraiment jolie
GEORGE
La marié vous plairait-il?
MME DARBEL
Cousin, vous êtes fort gentil!
GEORGE
(à Henriette)
Donnez-moi votre main, la mienne la réclame.
MME DARBEL
Un instant;
Car c'est moi qui serai votre femme.
GEORGE
Oh! je n'ai pas le temps de plaisanter ainsi.
MME DARBEL
Je ne plaisante pas; je vous prends pour mari.
HENRIETTE
Le bruit de leur hymen n'était qu'un stratagème.
LIONEL
Et j'épouse celle que j'aime.
MME DARBEL
Moi je reprends mes anciens droits;
GEORGE
Est-ce bien sûr pour cette fois!
HENRIETTE, MME DARBEL et LIONEL
Très sûr, très sûr, nous le jurons tous trois!
GEORGE
(récit)
Ah! quel mari vous aurez là!
Car j'ai fait ma philosophie
A l'Université d'Oxford
Alors c'est vous, c'est vous que j'aime
Et c'est vous que j'aimai toujours!
MME DARBEL
Allons, allons, car, le ciel même
Va bénir nos purs amours.
Ensemble
HENRIETTE
Ô doux transport! c'est moi qu'il aime
Et c'est moi qu'il aima toujours!
Bientôt, bientôt le ciel lui même
Va bénir nos purs amours!
Va bénir nos purs amours! bénir nos amours!
MME DARBEL
Ô doux transport! c'est toi qu'il aime
Et c'est toi qu'il aima toujours!
Bientôt, bientôt le ciel lui même
Va bénir nos purs amours!
Va bénir nos purs amours! bénir nos amours!
GEORGE
Ô doux transport! celle que j'aime
Est donc à moi et pour toujours!
Bientôt, bientôt le ciel lui même
Va bénir nos purs amours!
Va bénir nos purs amours! bénir nos amours!
LIONEL
Ô doux transport! celle que j'aime
Est donc à moi et pour toujours!
Bientôt, bientôt le ciel lui même
Va bénir nos purs amours!
Va bénir nos purs amours! bénir nos amours!
F I N
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