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Etienne Nicolas Mèhul

(1763 - 1817)
 

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The Operas of  Etienne Mèhul

 


 "Stratonice"

 


Opéra comique en 1 acte
Libretto: François-Benoit Hoffman
Music: Étienne Nicolas Méhul

 
Première: Théâtre Favart, Paris, 3 - 5 - 1792
 

Cast: Stratonice, Princesse, fiancée of Séleucus, Soprano
Antiocus, Prince of Syria, Tenor
Séleucus, King of Syria, Tenor
Erasistate, Doctor, Baritone

 
Le théâtre représente le chambre d'Antiochus
un lit à l'antique est dans le fond, plusieurs sièges vent à coté.
Dans un angle, an volt une cassolette remplie de pafums.

SCÈNE 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14


SCÈNE I
SCÈNE 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14

1e et 2e CORYPHEES, CHŒUR
(Anhochus couché sur son lit.
Hommes et femmes de sa suite.
Gardes dans le fond.)


 
1e et 2e CORYPHÉES
Ciel ! ne sois point inexorable,
A toi seul nous avons recours.

CHŒUR
Ciel ! ne sois point inexorable,
A ce cher Prince accorde ton secours
Qu'il vive heureux autant qu'il est aimable !
Qu'il vive heureux aux dépens de nos jours !

ANTIOCHUS
Mes amis, retenez vos plaintes et vos larmes,
Vas consolahons aigrissent ma douleur.
II est affreux pour moi de causer tant d'alarmes,
Affreux de voir sur vaus retomber mon molheur
Éloignezvous de moi. Laissez-moi la doucour
De n'avoir que moi seul, témoin de ma souffronce.
C'est en secret que j'oime à répandre des pleurs.
La solitude et le silence
Sont mes plus chers consoloteurs
 
(Il se lève fait quelques pas et retombe sur un sicae
comme occablé de l'effort qu'il a fait.
On veut aller à tui, mais il tan' signe qu on se retire,
alors le chœur s'éloigne, en chantant le plus pianissima
qu'il est passible)

CHŒUR
Cie! ! ne sods point inexorable,
A ce cher Prince, accorde ton secours
Qu'il vive heureux autant qu'il est aimable !
Qu'il vive heureux aux dépens de nas jours !
 

SCÈNE II
SCÈNE 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14


 
ANTIOCHUS
(seul)
J'échappe enfin à leur fou!e importune.
Je puis a mes soupirs canner un libre cours.
Ah ! que de !'amitié le stérile secaurs
Soulage mal mon infortune!
Je voudrrais être seul seu! au fond des forêts.
Je voudrais m'y cacher à la nature entière,
Du jour même, du jour je huirais !a lumière
Je voudrais !...
Insensé, je forme des souhaits;
La mort va fermer ma paupière.
Je brûle, je !anguis, je me vais consumer,
Je mours pour un objet que je n'ose nommer
Oui, cten est fait ! Oui, je succombe.
Sans frayeur, sans regret, je mourrai.
Ce n'est quià la tombe que je confierai mon secret.
Pour mod, la vie est odieuse,
La lumière est ahreuse.
Mes yeux sant lassés de s'ouvrir
Mon cœur est !assé de sauhrir
O mort ! c'est toi que j'appelle !
Viens dons lo nuii éternelle,
Viens pour jamais m'engloutir !
Et toi, pour qui je vais escendre ­
Dans le froid séjour des iombeaux,
Puisses­tu ne jamais apprendre
Combien tu m'as causé de maux,
Ou, si l'amour, découvrant ce mystère
Vient à mon sort intéresser ton cœur,
Tu diras: je lui fus trop chère,
II oima mieux mourir que manquer à son pere,
II aima mieux mourir que causer mon malheur.
Mais non ! mais non, je veux, je dois me faire,
Fidèle au serment que j'oi fait:
Je mourrai !
Ce n'est qu'à la tombe que je confierai mon secret
Pour moi lo vie est odieuse,
Du jour la lumière est ahreuse
Mes yeux vent lossés de s'ouvrir,
Mon cœur est lossé de souffrir
Ô mort ! c'est toi, c'est toi que j'appelle !
Viens dans la nun' éternelle,
Viens pour jamais m'engloutir !


SCÈNE III
SCÈNE 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14
 
 
ANTIOCHUS SÉLEUCUS


 
SÉUEUCUS
Mon cher Antiochus, un rayon d'espérance
Vient enfin de luire à mes yeux.
Un mortel secourable, envoyé par les Dieux,
Va mettre un terme à ta souffrance.

ANTIOCHUS
Eh ! quel secours, Seigneur, poisje aiendre des Dieux ?

SÉLEUCUS
Trop ongiemps, il est vrai, mes vœux fureni siériles,
Mais un homme divin qui de ville en ville
Porte avec la santé son art victorieux,
Erasistrah enfin, arrive dans ces lieux !
Ton sort sero remis entre ses mains habiles,
Et bientôt par ses soins.

ANTICOCHUS
Is seront inutiles.
Le Ciel de votre fils a vaulu le trépas;
Tous les secours humains ne vous le rendront pas.

SÉLEUCUS
Ecartez, o mon firs, ce présage funeste,
Et ne m'arrachez pas un espoir qui me reste.
J'attends du sort ce fortuné retour
Oui des Dieux la bonté suprême
Va réndre un fils à mon omour
Et doublement heureux, je puis en ce beau jour
Couronner à l'autel une épouse aue i'aime.

ANTICOCHUS
Une épouse, Seigneur ?

SELEUCUS
J'ai longtemps différé
Cet hymen par mon cœur si longhmps désiré.
Je croignais pour tes jours; par hndresse, par crainte,
Je me suds d'un retard imposé la controinte
Mais de te conserver, quand l'espoir m'est permis;
En m'unissant à ma belle Princesse,
Je puis partager ma tendresse,
Entre mon épouse et mon fils.
Sratonice Sire! Sratonice Seigneur!

SÉLEUCUS
Tu sais combien je l'aime
J'orne son front du Diadème
Et sous les lois du plus heuréux hymen
Dans le temple auiourd'hui je recevroi so moin
Ah ! d'un jour si briilant quand la pompe s'apprete
Que ne puis-je te voir témoin de cette fête

ANTIOCHUS
Avec forcer Dieux!

SÉLEUCUS
Qu'ove~vous mon fils ?

ANTIOCHUS
(Troublé)
C'est un saisissement
Qui vient glacer mon cœur de momenl en moment.
Ce mal qui chaque jour m'accable davantage
De tous mes sens enfin me ravira l'usage
Vivez heureux l'hymen va combler vos souhaits
Les miens seront bientot accomplis pour jamais
Grâce au Ciel je maurrai.

SÉLEUCUS
Quelle funeste envie!
Que peut vous inspirer le dégoût de la vie
Versez tous vos chogrins dans le sein paternel.
Ne croignez pas de me déplaire
Avez-vous quelques vœux à faire ?
Tout ce qui peut hoHer les désirs d'un mortel
Vous l'oLhendrez de votre pere...
Antiochus ô mon cher fils !
Versez tous vos chaqrins dans le sein paternel
Plut aux Dieux que d'une couronne
Votre jeune cœur fut épris !
Mes trésors mon sceptre mon trône
Vous me verriez tout quiter en ce jour
Pour conserver un fils si cher à mon amour.
Antiochus ô mon cher fils !

ANTIOCHUS
Ah ! gardez vos trésors toute votre puissance
Ne sauraitmais Seigneur la Princesse s'avance.
(A part)
O Ciel !
 

SCÈNE IV
SCÈNE 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14
ANTIOCHUS SÉLEUCUS ET STRATONICE


SELEUCUS
A mes conseils unissez votre voix
Madame de mon fiis apaisez ia tristesse
D'une mere sur lui je vous donne ies droits...

STRATONICE
Ah ! j'en ai déjà la tendresse
(Le Roi prend Stratonice par la main
et la fait asseoir près du Prince)

ANTIOCHUS
Madame en quel éHat je parais à vas yeux !

STRATONICE
Ah ! Prince qui pourrait vous refuser des !armes
Vous qui faisiez l ornement de ces lieux
Vous dont un père q!orieux
Vantait les versus et les charmes
Vous à qui tant d'éclats avaient été promis
Vous que le Ciel o foit pour régner et pour ploire,
Faut­il... Mais queue erreur obuse mon esprit!
Me croyant déjà votre mère,
Je vous porlois déjà comme on parle à un fils…

SÉLEUCUS
Ahi ce tître vous est permis
Et bientôt a l'outel..

STRATONICE
Ma foi vous fut promise.
Au vœux de mes parents, vous me verrez soumise
Quand vous l'ordonnerez, vous serez mon époux,
Mais pour le devenir, quel temps choisissezvous ?
Différons je vous en conjure
Jusquia ce que le ciel vouil e nous occorder
Une félicité plus pure !
Pour un firs, un hymen peut bien se retarder
Contemplez ses douleurs l'amour peut bien céder
Quelques moments à la nature.

ANTIOCHUS
(A part)
Ciel !

SÉLEUCUS
Modome, les Dieux peuvent fire en mon cœur!
Is sovent pour un fils jusqu'où va ma tendresse,
Mois le retord de mon bonheur
Peut­il souloger sa tristesse ?
Les Dieux nous le rendront! Les Dieux me l'ont promis!
L`oracle d'Apollan m'en donne l'assurance.

ANTIOCHUS
(A part)
Ah !

SÉLEUCUS
(A tous deux)
Livrez, comme moi, votre âme à l'espérance.

ANTIOCHUS
Que je souffre, Grands Dieux!

SÉLEUCUS
Oui, dans cet heureux jour,
Nous pouvons accorder le nature et l'amour
 
(Antiochus se détoume et se cache la face,
Stratonice le voit)

STRATONICE
Seigneur, de votre fils, respectez lo faiblesse,
Un trop lonq entretien peut redoubler ses maux.
Les cœurs des malheureux ont besoin de repos
Éloignons­nous, venez!

ANTIOCHUS
(La regordant tendrement)
Généreuse Princesse !

SCÈNE V
SCÈNE 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14
 
 
LES PRÉCÉDENTS, UN GARDE


LE GARDE
Seigneur, Erosistrote arrive en ce moment
(il sort)

STRATONICE
Ah! mon espoir renaît.

SELEUCUS
Mon cher fils je te laisse
Mais j espère bientôt apaiser ton tourment.
 
(Le Roi sort ovec empressement Stratonice
se éloigne aussi puis revenant sur ses pas elle dit au Prince
avec une tendresse contrainte.)

SCÈNE Vl
SCÈNE 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14
 
 
ANTIOCHUS, STRATONICE


 
STRATONICE
Seiqneur prenez vein de vos jours.
Cedez a l intérêt que votre sart inspire
Ne refusez pas nos secours.
Vos douleurs…

ANTIOCHUS
(La regardant fixement)
Dureront jusqu'à ce que j'expire.

STRATONICE
Ne parlez pas de mort, Seigneur !

ANTIOCHUS
Je a désire

STRATONICE
(Tendrement)
Et vous faites ce vœu ?

ANTIOCHUS
Rien ne peut le changer.

STRATONICE
Quel mol souffrez vous done ?

ANTIOCHUS
Un mal qui me dévore.

STRATONICE
Eh bien oissez vous souloger

ANTIOCHUS
(Avec désespoir)
Je suis…

STRATONICE
Parlez.

ANTIOCHUS
(Se détournant)
Non non !

STRATONICE
Expliquez vous encore

ANTIOCHUS
Je ne le puis…

STRATONICE
Faut­il embrasser vos genoux ?

ANTIOCHUS
(Vivemeni en la retenant)
Princesse!

STRATONICE
Il faut parler.

ANTIOCHUS
Rien ne Deut m y cantroindre
Les Dieux m'ont accablé des plus terribles coups.

STRATONICE
Il s n'ont pos sur vous seu exercé leur courraux.
Il en est qui n'osent se plaindre
Qui sont plus à plaindre que vous.

ANTIOCHUS
Plus à plaindre ! Non rien n'égale mon supplice !

STRATONICE
On vient, Seigneur songez à Stratonice.
 
(Elle sort)

 

SCÈNE VII
SCÈNE 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14
 
 
ANTIOCHUS puis ERASISTRATE, GARDES


ANTIOCHUS
Qu'ai­je entendu ? Son cœur sensible à mes tourments.
Mais on paraît cachons le trouble de mes sens.

ERASISTRATE
(Aux gardes)
Laissez nous seuls !
(Les gardes sortent)
Seigneur je viens dans l'espérance
De mettre un terme aux maux dont vous souffrez.
Ce soin me sera cher, ce que vous inspirez
Ne tient pas de l'indifférenœ.
Daignez vous rassurer sur mon zèle et ma foi.

ANTIOCHUS
Je crains bien que votre ant ne puisse rien sur moi

ERASISTRATE
Seigneur, espérez mieux, mais avant toute chose
Sur un point important, il faudra m'éclaircir:
Je connais vos douleurs j'en ignore la cause.
(ll s'assied)
C'est la cause qu'il faut guérir,
Parlez­moi sans détour sur tout ce qui vous touche.

ANTIOCHUS
Le mensonge jamais n'est sorti de ma bouche.

ERASISTRATE
Eh bien ! Vous m'en instruirez mieux.
Donnez moi votre main. Tournez vers moi les yeux.

ANTIOCHUS
Mes yeux !…

ERASISTRATE
…sont abattus. Votre main est brûlante.
Dites, que sentez-vous ?

ANTIOCHUS
Une soif dévarante.

ERASISTRATE
Comment, et quand ces maux vous sont­ils survenus ?

ANTIOCHUS
(Soupirant)
Dès longtemps.

ERASISTRATE
Et comment ?

ANTIOCHUS
(Troublé)
Je ne m'en souviens plus.

ERASISTRATE
La nuit, qui éprouvez-vous ?

ANTIOCHUS
A longue insomnia

ERASISTRATES
Et dans tous les moments ?

ANTIOCHUS
Un dégoût de la vie.
Je voudrais être... mort.

ERASISTRATE
(Le considérant)
Vos maux me sont connus.

ANTIOCHUS
(Effrayé)
Quoi!?

ERASISTRATE
D'une passion vous ressentez la flamme.

ANTIOCHUS
(Avec trouble)
Vous croyez ?

ERASISTRATE
J'en suis sûr Seigneur. Ce ne sont pas
Les maux du corps mais ceux de l âme
Qui font désirer le trépas
Parlez. Achevez de m apprendre
La cause de tous vos chagrins.
De vous­même en ce jour votre sort va dépendre.
Votre salut est en vos mains.

ANTIOCHUS
Hélas ! que puis­je vaus apprendre ?
Aucun chagrin ne trouble mon repos.
Dans la tombe je vais descendre
Mais je ne cannais pas la cause de mes maux

ERASISTRATE
Vous aviez dit que vous seriez sincère.

ANTIOCHUS
Mes max ne vent point un mystère.
Je souffre, c'est but mon secret.

ERASISTRATE
Révélez ce fatal secret !
Quelques regrets ?

ANTIOCHUS
Point de regrets.

ERASISTRATE
Quelques voeux ?

ANTIOCHUS
Je n'en ai point fait.

ERASISTRATE
Le trône ?

ANTIOCHUS
Rien qui me séduise.

ERASISTRATE
L'ambition ?

ANTIOCHUS
Je a méprise.

ERASISTRATE
Eh bien!de grâce, expliquez-vous!

ANTIOCHUS
Que voulez-vous que je vous dise ?

ERASISTRATE
Serait ce un senhment plus doux ?

ANTIOCHUS
A votre tour, expliquez-vous !

ERASISTRATE
Des vœux que vous vou ez faire
L'amour n'est­il pas l'objet ?

ANTIOCHUS
L'amour ?
Mes maux ne vent point un mystere
Je souffre, c'est tout mon secret

ERASISTRATE
Plus de douse p us de mystère
C'est vainement qu'i veut se faire
J'ai su pénétrer son secret.

ANTIOCHUS
Ciel, il découvre mon mystère !
Que devenir aux yeux d'un père ?
Cochons ce funeste secret.
 


SCÈNE VIII
SCÈNE 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14
 
 
ANTIOCHUS ERASISTRATES SELEUCUS

 
 
(Le médecin se ropproche du Prince
lui prend la main et l'observe.)


 
SÉLEUCUS
(A part, en entrant)
Je ne puis resister à mon impatience…
L'incertitude est un tourment
Entre la crainte et l'espérance.
Mon cœur paternel est flattant.

ERASISTRATE
Seigneur rendezvous à mes vœux !
D'un père apaisez les alarmes…

SÉLEUCUS
Juste Ciel, vous voyez mes larmes…
D'un pere, apprenez les alarmes…
D’ un père apaiez les alarmes…
Juste Ciel, vous voyez mes larmes…
Et rendez un fils à mes vœux.

ERASISTRATE
Dans son sein, répandez vas larmes…

ANTIOCHUS
Eh bien!… Dieux, j'apersois mon père.
Mes maux ne sont point un mystère.
Je souffre c'est tout mon secret.
(A part)
Que devenir que vaisje faire ?
Juste Ciel, aux yeux de mon père
Il va dévoiler mon secret.

SÉIEUCUS
(A part)
Dieux ! Quel silence ! quel mystère !
Il se trouble, malheureux père !
Il va prononcer son arrêt.

ERASISTRATE
(A part)
Plus de doute, plus de mysière
C'est vaineménti qu'il veut se taire
Il aime, voilà son secret.
 

SCÈNE IX
SCÈNE 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14
 
 
ANTIOCHUS ERASISTRATE SÉLEUCUS


STRATON!CE
(Le médecin reprend sa place le père l'observe et la
Princesse entre et s'avance sans être vue)
(A part)

Je tremble. Mon cœur palpite.
D'espoir de crainte il s'agite.
Je chancelle à chaque pas…
Dieux, ne me trahissez pas.

ERASISTRATE
C'en est donc fait, plus d'espérance ?

ANTIOCHUS
Vous augmeniez ma souhrance.
Je ne puis done rien obtenir ?
En paix, laissez­moi mourir.

STRATONICE
(A part)
O tourmeni qui me désespère !

SÉLEUCUS
(A part)
Ô tourment qui me désespere !

ERASISTRATE
(A part)
Silence qui me désespere !

STRATONICE
Cher Prince !

SÉLEUCUS
(A part)
Trop malheureux père. Il se trouble il se fait.

STRATONICE
Cher Prince !

ANTIOCHUS
(Apercevant Stratonice)
Que vois-je ?
 
(Erasistraie prend la main du Prince.
Il send au pouls une agitation extrême.
II ne saii d où cela lui survieni si subitemeni
mais en ioumani un peu la tête,
il aperçoit Stratonice qui paraît émue,
et il volt Anhochus qui se voile la figure. Alors.
Après un moment de silence et de réflexion il se lève
et dissimule la découverte qu'il a faite.
Séleucus et Stratonice prennent son silence
pour un mauvais augure sur la maladie du Prince,
et chacun dit à part, l'ensemble qui suit).

STRATONICE
(A part)
Ô tourment, affreux mystère ! Il va dicter son arrêt.
Ô tourmeni qui me désespère !
Quel trouble quel mysière!

ANTIOCHUS
(A part)
Juste Ciel !
Aux yeux d un père Ah ! dérobez mon secret.
Que devenir ? que dois-je faire ?
Juste Ciel !
Aux yeux de mon père dérobez ce fatal secret !

SELEUCUS
(A part)
Ô douleur malheureux père. Il va dicter mon arrêt.
Dieux! Quel silence quel mystère !
Il se trouble malheureux père.

ERASISTRATE
(A part)
Plus de doute plus de mystère !
De ses vœux voilà l'abjet !
L'amour est son secret,
Et de ses vœux voilà l'objet !

SELEUCUS
(A Erosistrote)
Parlez de sa souffrance
Pouvez-vous arrêtez le cours

ERASISTRATE
Cruel destin ! Faible espérance !
Du Prince, les Dieux seuls peuvent sauver les jours.

STRATONICE et SÉUEUCUS
Ô toi qui vois couler nos larmes,
Apollon, exauce nos vœux: :
Du Prince apaisez les alarmes !
Qu il vive et nous sommes heureux.

ANTIOCHUS
Ô toi, témoin de mes alarmes,
Ciel, écoute mes vœux :
Que a mort tarissant mes larmes
Éteigne mes coupables feux !

ERASISTRATE
(A Séleucus gravement}
Seigneur, allez au temple offrir un sacrifice :
A mes soins, à mes vœux rendez le Ciel prôpice.
Pour moi je vais chercher dans mes docies écrits
Les moyens de sauver les jours de voire fils.

SELEUCUS
(A son fils avec douleur)
Mon fils, songe à ton père, et prend soin de la vie.
 
(Il sort désespéré)
(Stratonice veut suivre Séleucus mais Erasistrae l'arrête)

ERASISTRATE
(A Stratonice avec beaucoup de douceur)
Vous, madame, restez.

STRATONICE
Moi ?

ERASISTRATE
(Avec intérêt)
Restez, je vous prie.
Du Prince vous pourrez soulaqer les tourments.
Ne l'abondonnez pas ou trouble de ses sens.
La Pitié d'une femme, et plus douce et plus tendre,
Aux cœurs des malheureux soit mieux se faire entendre.
On n'est pas insensible au plaisir de vous voir:
Restez, vos soins touchants auront plus de pouvoir
Et vous allez sans doute apprendre
La cause de son désespoir
 
(Il sort)

SCÈNE X
SCÈNE 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14

ANTIOCHUS, STRATONICE
(Le trouble où les ont jeté les derniers mots du medecin,
leur font pendant quelque temps, qarder le silence.
Tous deux, n'osent se regarder enfin,
ils tournent lentement la vue l' un sur l'autre).


 
STRATONICE
Seigneur, on croit que ma présence
Peut être agréable pour vous:
Si j'en osais concevoir l'espérance,
Que de calmer vos maux l'emploi me serait doux.
Je ne le cache pas, vous m'arrachez des larmes.

ANTIOCHUS
Ah ! Princesse, dans mes alarmes,
Qu'il m'est doux d'inspirer cette tendre pitié.

STRATONICE
Dîtes, dîtes plutôt une tendre amitié !
Ce mot pour votre cœur n'a­til pas plus de charmes ?

ANTIOCHUS
Sas doute il a plus de douceur:
Mais...
(a part)
que dire ?

STRATONICE
Achevez !

ANTIOCHUS
Vous épousez mon Père.

STRATONICE
Ne parlon pas d'hymen dans ces jours de douleur.

ANTIOCHUS
En vous, je dois voir ma mère.

STRATONICE
Ce titre est tendre, mais sévère...
(le regardant.)
Nommez­moi plutôt votre sœur;
Soyez confiant comme un frère
Et sans réserve, ouvrez­moi votre cœur.

ANBOCHUS
Ah Princesse

STRATONICE
Parlez.

ANTIOCHUS
Combien je suis à plaindre !

STRATONICE
Eh bien! Expliquez-vous.

ANTIOCHUS
Non.

STRATONICE
Que pouvez-vous craindre?

ANTIOCHUS
Ne m'interrogez pas, mon sort serait affreux.

STRATONICE
(Avec timidité)
Croyez­vous e m en plus heureux ?

ANTIOCHUS
Que dites­vous ? Quoi ! Lorsque sur le trône...

STRATONICE
Eh ! que me fait l'eclat d'une couronne ?
Ah ! que j'aurais de plaisir à céder
Pour le droit d'obéir celui de commander.

ANTIOCHUS
(Très vivement)
Quoi ! Madame, mon père…

STRATONICE
(Rougissante)
A toute ma tendresse
Seigneur !
(A part)
Ô Ciel j'allais dévoiler ma faiblesse…

ANTIOCHUS
(Avec douleur)
Eh bien vos vœux seront comblés.

STRATONICE
A quelques biens souvent, que de maux vent mêlés.

ANTIOCHUS
Des maux ! Et quels sont ils ? Ah ! rompez ce silence,
Parlez vous me glacez d'effroi.

STRATONICE
Méritez-vous ma confiance.
Quand vous en manquez avec moi ?
 
(Le médecin entre sans être vu).

ANTIOCHUS
(Résolu et avec beaucoup de feu)
Puisque vous m'y forcez, je ne puis m'en défendre.
Dussent tous les malheurs sur moi se rassembler,
Mon secret me tourmente il faut le révéler;
Mais que penserez-vous quand vous allez apprendre
Que vous­même...

STRATONICE
(L'arrêtant vivement)
Seigneur on pourrait vous entendre.
Un secret important doit se dire plus bas.

ANTIOCHUS
(Troublé)
Oui, vous avez raison…
 
(Le médecin s'avance)

STRATONICE
On vient n ochevez pas.

SCÈNE XI
SCÈNE 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14
 
ANTIOCHUS STRATONCE ERASISTRATE
(Il approche léntement observe'Antiochus)


ERASISTRATE
Eh bien, Seigneur, que faut­il que j'espère ?
Ce grand secret enfin, peut­il m'être connu ?

STRATONICE et ANTIOCHUS
Qu'entends-je ?

ERASISTRATE
Et vous Princesse, avez vous obtenu
Qu'on vous dévoile ce mystère ?
Vous vous taisez aussi; que dois­je en concevoir

STRATONICE
(Avec embarras)
J ai prié, j'ai pressé, je n'ai rien pu savoir

ERASISTRATE
Eh bien ! moi qui sais tout, je vais vous en instruire.
(Après les avoir regardés)
Vous vous aimez tous deux et n'osez vous le dire.
 
(Antiochus et Stratonice se détournent avec confusion)

STRATONICE
(Avec un courroux affecté)
Que dites-vous ?

ERASISTRATE
Qu'en vain, vous travaillez tous deux
A cacher un secret qui se lit dans vos yeux.

STRATONICE
Songez-vous que le Roi...

ERASISTRATE
Je sais bien qu il vous aime;
Mais aussi pour son fils sa tendresse est extrême
Et pour le conserver, il se peut qu'en ce jour
La Nature chez lui triomphe de l'Amour
(Souriant)
Prince, répondez-moi sais-je bien m'y connaître ?

ANTIOCHUS
(Regardant Stratonice)
Vous pourriez vous tromper mais quoi qu'il en puisse être
Mon cœur ressent déjà bien du soulogement,
Et je crois que c'est votre ouvrage.

ERASISTRATE
(Souriant)
Et vous, Madame, en ce moment,
Ignorez­vous encore quel étoit son tourment ?

STRATONICE
(Hésite puis regarde le prince avec amour).
Ah, peut­on ignorer des maux que l'on partage ?

ANTIOCHUS
(Dans l'ivresse de la joie)
Ô Ciel ! qu ai-ie entendu ?

ERASISTRATE
Cachez vos sentiments;
De les faire éclater il n'est pas encore temps.
Je dois de votre état instruire votre Père.

ANTIOCHUS
Mon Père ! y sonqez-vous ?

STRATONICE
Craigiez…

ERASISTRATE
Laissez-moi faire.
Éloignez-vous, cherchez l'ombre de ces bosquets,
Reposez-vous sous leur feuillage épais,
Vous en respirerez la fraîcheur salutairé ;
Autrefois la Nature excitait vos regrets,
A présent elle doit vous plaire.
(Les gardes du Prince paraissent).
Gardes, suivez le Prince et ne le quittez pas,
Vous, Madame, daignez accompagnerses pas,
Et de ses maux cherchez à le distraire.
 
(Les gardes soubennent le Prince
et Stratonice sort avec lui).

SCÈNE XII
SCÈNE 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14


 
ERASISTRATE
Ils s'aiment mais pour leur bonheur,
C'est peu de s'être faut l'aveu de leur faiblesse
D'un père encore il faut toucher le cœur,
Et lui faire approuver un amour qui le blésse
Sur le sort de son fils effrayons sa tendresæ
Qut'il donne tout pour le savoir heureux
Et par un adroit artifice
Du vieil amant de Stratonice,
Faisons s'il est possible un rival généreux,
Ô des amants, déité tutéloire,
Bélle Vénus, emends mes vœux:
En faveur d'un fils malheureux,
Daigne attendrir le cœur d'un père,
Et d'un couple charmont, viens couronner les feux.
D'un prochain naufrage,
Toi seule tu peux les sauver.
De leur bonheur, j'ai commencé l'ouvrage,
C'est à l'amour à l'achever.
Pourrais­tu n'être pas sensible
Aux maux de ces tendres amants ?
 

SCÈNE XIII
SCÈNE 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14
 
 
SÉLEUCUS ERASISTRATE
(Il approche lentement, observe Antiochus)


 
 
ERASISTRATE
Le Roi s'avance il faut dissimuler.

SÉLEUCUS
Eh bien ! que dois­je craindre et qu'allez-vous m'apprendre ?
Des Dieux ou de vos soins, quel secours dois-je attendre ?
Vous ne répondez pas vous me faites trembler.
Mon firs…

ERASISTRATE
De ses douleurs j'ai pénétré la cause:
Mais de les apaiser je n'ai pas le pouvoir

SÉLEUCUS
Comment ?

ERASISTRATE
A son bonheur un obstacle s'oppose.

ERASISTRATE
Un amour sans espoir.

ERASISTRATE
Moi.

SÉLEUCUS
Vous ?

ERASISTRATE
Seigneur, vous allez en convenir vous-même.
Le devoir, l'amour et l'honneur
Me forcént malgré moi de vouloir son malheur ;
C'est mon épouse enfin qu'aime.

SÉLEUCUS
Votre épouse ! Qu'entends-je ?

ERASISTRATE
Il m'en a fait l'aveu,
Et de cet étrange délire,
Rien ne peut éteindre le feu.

SÉLEUCUS
Et que est son tourment ?

SELEUCUS
Votre épouse ! Eh ! comment?…

SÉLEUCUS
L'amour ! Ô Ciel ! Est­il possible ?
Aux vœux d'Antochus qui peut­être insensible ?
Ah, s'il m'eut confié les secrets de son cœur
Il m'aurait vu bientôt souscrire à son bonheur
Quelle fière beauté ne serait pas jolouse,
Aimable, à ses désirs qui péut s'opposer ?

ERASISTRATE
Je vais vous en instruire.
Deux ans se vent écoulés depuis qu'en votre cour
Par vos ordres Seigneur, je fis quelque séjour.
J'amenai mon éspose ; elle est jeune, elle est belle
Antiochus la vit, et soupira pour elle.
La voir, l'aimer brûler du plus ardent amour,
Amoureux, jeune fils de Roi,
En gémir tout cela fut I'ouvrage d'un jour.

SÉLEUCUS
Ô malheureux effet d'un naturel trop tendre !

ERASISTPATE
Jugez s'i'l a dû me surprendre.

SÉLEUCUS
(Après un silence)
Mon cher Erasistrate, aimez-vous, votre Roi?

ERASISTRATE
Seigneur vous connolssez et mon zèle et mo foi.
Vous pouvez es mettre à l'épreuve.

SÉLEUCUS
Ah je vois en demonder une bien gronde preuve
Por un divorce heureux souvez souvez mon fils
Qu'il s'unisse à obj dont son cœur est épris.

ERASISTRATE
Quoi ! céder une épouse une épause que j'aime,
Ah ! Seigneur; pourriez-vous me faire cet affront ?

SELEUCUS
Votre bienfait seront extrême,
Mais les miens le surpasseront.

ERASISTRATE
Non, Seigneur cessez d'y prédendre.

SELEUCUS
Rendez­moi mon cher firs, souvez­le du trépos.
Voulez-vous mes trésors ? Ne vous contraignez pas,
De moi vous devez tout attendre.

ERASISTRATE
Seigneur, qardez votre or, je n'y puis consentir.

SÉLEUCUS
(Avec impatience)
Tu veux done le loisser périr ?

ERASISTRATE
Eh ! qui peut d'un époux compenser la tendresse ?
Qui peut égaler sa tristesse
Quond il perd l'objet de ses feux ?
Je ne descendrai poinl à ce marché honteux.

SELEUCUS
(Avec colère)
Ta Femme...

ERASISTRATE
Voudrait-on me la ravir de force ?

SÉLEUCUS
Je n'en ai pas la cruauté
Mais choisis dans ma cour une jeune beauté
Et consens qu'un heureux divorce
Fasse notre félicité

ERASISTRATE
Mais, Seiqneur, feriez-vous un pareil sacrifice ?

SÉLEUCUS
Comment ?

ERASISTRATE
Supposons, entre nous,
Qu'Antiochus aimât la belle Stratanice,
Dites, Seigneur, que Feriezvaus ?

SÉLEUCUS
(A part)
Que veut-il ?

ERASISTRATE
Dicidez vous-même.

SELEUCUS
(Après avoir observé le medecin)
Je vous entends, je vois votre détour,
Stratonice est l'objet de ce fatal amour,
Oui, c'est elle que mon fils aime.

ERASISTRATE
Eh bien ! vous l'avez it. Prononcez sur leur sort,
Choisissez, ordonnez leur bonheur ou leur mort.
Sur ce malheur peut-etre il eut fallu me taire,
Mais je vouscrois sensible et génereux.
Maintenant, c'est à vous à faire
Ce que vous désiriez que je fisse pour eux.

SÉLEUCUS
(D'un air rêveur)
Ils s'aimant.

ERASISTRATE
Pourriez-vous regarder comme un crime
Cette discrète ardeur qu'il n'osait découvir ?
D'un tourment qu'il cachait, déplorable victime,
Par respect pour son père, il se laissait périr.

SÉLEUCUS
(D'un air sombre)
Gardes !
(Les gardes paraissent)
Faites venir mon fils et la Princesse.
 
(Il s'assied et para6t rêver profondément)

ERASISTRATE
(A part)
Ô Ciel! Quelle sombre tristesse !
Le monarque irrité songe-t-il à punir ?
Ai-je perdu son fils en voulant le servir ?
 

SCÈNE XIV
SCÈNE 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14
 
SÉLEUCUS, ANTIOCHUS, STRATONICE
ESASISTRATE, SUITES ET CHŒUR
(Stratonice et Antichous s'avancent,
mais à l'air sombre du père, ils s'arrêtent avec crainte).


 
SÉLEUCUS
(Froidement)
Vous mon fils, approachez, venez, et vous, Madame,
Préparez-vous enfin à réprondre à ma flamme.
Déjà les autels sont parés ;
Mais fidèle à celui que vous éspouserez,
Jurez-lui qui'au fond de votre âme,
Aucun faible perchant, aucun secret désir
N'a troublé votre cœur par le moindre soupir.

STRATONICE
(Vivement troublée)
Seigneur, tout vous répond de mon obésisance,
Et vos bienfaits. Et vos bonités
Ne laissent point de bornes à ma reconnaissance.
Tous vos désirs pour moi seront dese volontés…
Je jure donc…que lorsque l'hyménée
Unira…notre…destinée,
Si jamais dans mon lâche cœur
Je souffrais qu'il entra une coupable ardeur,
Pour m'en punir bientôt, je cesserais de vivre.
A l'autel…maintenant, je suis prête à vous suivre.

SÉLEUCUS
(Ému mais cachant son émotion)
Et vous mon fils, ne daignerez-vous pas
A l'autel de l'hymen accompagner mes pas ?
La fête m'en serait plus brillante et plus chère.
Parlez, y viendrez-vous ?

ANTIOCHUS
(S'approche lentement de son père,
pose un genoux en terre, prend la main de Séleucus,
la baise en pleurant et dit):

Jr vous suivrai mon père.

SÉLEUCUS
(Attendri)
Vous me suivrez ? C'est trop prolonger vos douleurs,
Relevez­vous mon firs, et tarissez vos pleurs;
Je n'exigerai pas un si grand sacrifice,
Vous rendre malheureux, ce serait me punir;
Mon cher Antiochus, aimable Stratonice.
(Il prend leurs mains et les met l'une dans l'autre).
Je vous mène à l'autel, mais c'est pour vous unir.

ANTIOCHUS
Qu'entends-je ?

ERASISTRATE
Dieux!

STRATONICE
Seigneur !

SELEUCUS
Épargnez-moi le reste,
Et ne réveillez pas ma flamme funeste.
(A Stratonice)
Il faut plus d'un effort pour renoncer à vous.
Ne songeons qu'aux apprêts d'un hymen si prospère,
Je devrais en être l'époux,
Mes enfonts, j'en serai le père,
Et ce titre à mon cœur ne sera pas moins cher.
 
FINALE

SELEUCUS, ANTIOCHUS, STRATONICE,
ERASISTRATE
SÉLEUCUS
Ô mon fils, quel moment pour moi !
Accepte de ma main ta chère Stratonice
Juge de tout l'amaur que ton père a pour toi.

ANTIOCHUS
O mon père !

STRATONICE
Ah ! Seigneur !

ANTIOCHUS, STRATONICE, ERASISTRATE
Ô divine clémence !
Des jours sereins, l'amour de vos sujets,
De vos vertus seront la récompense.

SELEUCUS
Votre bonheur, voilà ma récompense.
 
F I N

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