Lieder index:
1. "Histoire d'une Puce"
2. "Le maure jaloux"
3. "Le Roi de Thule"
4. "Toi qui l'aimas, verse des pleurs"
5. "Je crois en vous"
6. "Rêverie"
7. "La belle voyageuse", Légende Irlandaise
8. "L'origine de la harpe", Ballade
9. "Adieu Bessy"
10. "Élégie en prose"
11. "Les Nuits d'Été"
11.1 Villanelle
11.2. La Spectre de la Rose
11.3. Sur les Lagunes
11.4. Absence
11.5. Au Cimetière, Clair de Lune
11.6. L'Île Inconnue
12. "La captive"
13. "Pour chanter le retour du jour"
14. "Pour chanter le retour du jour"
15. "Dès que la grive est éveillée"
16. "Le chant des Bretons"
17. "La mort d'Ophélie"
18. "Zaïde"
19. "Les champs"
20. "La belle Isabeau"
21. "Le chasseur danois"
22. "Sérénade de Mephistophélès"
1.
"Histoire d'une Puce"
Text by ?? after Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832)
Music by Hector Berlioz, 1829
Une Puce gentille
Chez un Prince logeait,
Comme sa propre fille
Le brave homme l'aimait,
Et, l'histoire l'assure,
À son Tailleur
Un jour lui fit prendre mesure
Pour un habit de cour.
L'animal pleine de joie -
Dès qu'il se vit paré
D'or de velours de soie
Et de croix décoré
Fit venir de Province
Ses Frères et ses Soeurs
Qui par ordre du Prince
Devinrent grands Seigneurs.
Mais ce qui fut bien pire
C'est que les gens de cour
Sans en oser rien dire
Se grattaient tont le jour
Cruelle politique,
Ah plaignons leur destin
Et des qu'une nous pique
Écrasons la soudain.
2. "Le
maure jaloux"
Text by Anonymous
Music by Hector Berlioz, 1826
Je vais revoir la beauté que j'adore.
Un plaisir pur, doit seul remplir mon coeur;
Mais malgré moi ce coeur murmure encore;
Dans son ivresse il connaît la fureur.
Transports jaloux, crainte cruelle,
Pourquoi troubler mes tendres feux?
Ah! Zora, que n'es-tu moins belle
Sans cesser d'être aussi fidèle?
Ton amant serait plus heureux!
Dans nos forêts, la charmante gazelle
À tout mortel se cache avec effroi.
Imitela, fuis les regards comme elle!
Elle est sensible et douce comme toi.
Ah! vain espoir de mon âme éperdue!
Peux-tu cacher tes attraits enchanteurs.
Le beau palmier qui monte dans la nue
N'échappe point aux yeux des voyageurs...
3. "Le
Roi de Thule"
Text by ??, after Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832)
Music by Hector Berlioz, 1829
Autre fois un Roi de Thulé
Qui jusqu'au tombeau fut fidèle
Reçut à la mort de sa belle
Une coupe d'or viselé;
Comme elle ne le quittait guères
Dans les festins les plus joyeux
Toujours une larme légère
À sa vue humectait ses yeux.
Ce prince à la fin de sa vie
Lègue ses villes et son or,
Excepté la coupe chérie
Qu'à la main il conserve encor;
Il fait à sa table royale
Asseoir ses Barons et ses Pairs,
Au milieu d'une antique Salle
D'un Château que baignaient les mers.
Le buveur se lève et s'avance
Auprès d'un vieux balcon doré,
Il boit et soudain sa main lance
Dans les flots le Vase sacré;
Il tombe tourne l'eau bouillonne
Puis se calme bientôt après,
Le vieillard pâlit et frissonne,
Il ne boira plus désormais.
4. "Toi
qui l'aimas, verse des pleurs"
Text by Anonymous (part of name is known: Albert D.)
Music by Hector Berlioz, 1826
Sous le saule de la pairie
Dort la bergère du hameau.
Elle dort et sa fleur chérie
S'élève au près de son tombeau.
Voyageur qui, cherchant l'ombrage,
T'arrêtes sous le vert feuillage
De l'arbre sacré des douleurs,
Laisse un instant couler tes pleurs.
Sa tête hélas! fut couronnée
Du myrthe et des fleurs de l'amour;
Mais les flambeaux de l'hyménée
N'ont lui pour elle qu'un seul jour.
Triste époux, si sa douce image
T'apparaît sous le vert feuillage
De l'arbre sacré des douleurs,
Toi qui l'aimas, verse des pleurs.
Les doux accents de la bergère
Ne charmeront plus les échos,
Pasteurs du vallon solitaire.
Tout est muet sur vox côteaux.
Ah! si du moins sur cette rive
Vous entendez ma voix plaintive,
Venez à l'arbre des douleurs,
A mes soupirs, mêlez vos pleurs!
5. "Je
crois en vous"
Text by Léon Guérin (b. 1807)
Music by Hector Berlioz, 1834
Quand mon âme ravie
N'ose, en rêvant de vous,
Comprendre le trépas,
Ne me demandez pas
Si je crois dans les cieux
Et dans une autre vie;
Je suis à vos genoux,
Je prie,
Je crois en vous,
Je crois en vous.
Quand doucement m'effleure
Votre paupière où vient une larme aborder,
Pourquoi me demander
Si j'en crois pour toujours les larmes de cette heure?
Je suis à vos genoux,
Je pleure,
Je crois en vous,
Je crois en vous.
Quand ce chant qui soupire,
Du reflet de vos yeux se plaît à s'inonder,
Pourquoi me demander
Si je crois dans les arts que l'amour seul inspire?
Je suis à vos genoux,
J'admire.
Je crois en vous,
Je crois en vous.
Quand votre voix amie,
À l'heure où je souffrais,
A bien voulu m'aider,
Pourquoi me demander
Si j'en crois le passé qui tourmenta ma vie?
Je suis à vos genoux,
J'oublie,
Je crois en vous,
Je crois en vous.
Quand ce jour de mystère
A sur vos pas tremblants mesuré tous mes pas,
Ne me demandez pas
Si j'en crois désormais un avenir prospère!
Je suis à vos genoux,
J'espère,
Je crois en vous,
Je crois en vous.
Quand je vois que vous-même
Vous devinez mon coeur en soupirant tout bas,
Ne me demandez pas
Si je crois en l'amour comme en un bien suprême!
Je suis à vos genoux,
Je t'aime!
Je crois en vous,
Je crois en vous.
6.
"Rêverie"
Text by Thomas Gounet (1801-1869) after Thomas Moore (1779-1852)
Music by Hector Berlioz, op. 2 no. 1, from "Irlande" (1830)
Que j'aime cette heure rêveuse,
Où l'horizon devient vermeil,
Où dans la mer silencieuse
Se plongent les feux du soleil!
Alors dans mon âme ravie
Se bercent les doux souvenirs;
Alors vers l'astre de ma vie,
Du soir s'envolent les soupirs.
En voyant l'écharpe brillante,
Qui de ses lumineux réseaux
Couvre la plaine scintillante,
Et fait disparaître les eaux,
Vers ces régions radieuses
Je voudrais prendre mon essor.
N'est-il pas des îles heureuses
Que dérobent ces voiles d'or?
7. "La
belle voyageuse", Légende Irlandaise
Text by Thomas Gounet (1801-1869) after Thomas Moore (1779-1852)
Music by Hector Berlioz, op. 2 no. 4, from "Irlande" (1830)
Elle s'en va seulette;
L'or brille à son bandeau;
Au bout de sa baguette
Etincelle un joyau.
Mais sa beauté surpasse
L'éclat de ses rubis.
Et sa blancheur efface
La perle au blanc de lys.
Belle, ainsi sans injure
Penses-tu voyager?
Ta beauté, ta parure
Appellent le danger.
Les mains les plus fidèles
Tressaillent devant l'or,
Et les coeurs près des belles
Tiennent bien moins encor.
Chevalier, dans cette île
Mon âme ne craint rien;
L'honneur en cet asile
Est le souverain bien.
Toujours devant nos larmes
On le vit s'arrêter.
Pour mon or ou mes charmes
Que puis-je redouter?
Aux regards découverte,
Son souris virginal
Par toute l'île verte
Lui servit de fanal.
Aussi l'as-tu bénie,
Des harpes doux pays,
Celle qui se confie
À l'honneur de tes fils.
7.
"L'origine de la harpe", Ballade
Text by Thomas Gounet (1801-1869) after Thomas Moore (1779-1852)
Music by Hector Berlioz, op. 2 no. 7, from "Irlande" (1830)
Cette Harpe chérie, à te chanter fidèle,
Était une Sirène, à la voix douce et belle.
On l'entendait au fond des eaux;
Aux approches du soir, glissent sur le rivage,
Elle venait chercher, couverte d'un nuage,
Son amant parmi les roseaux.
Hélas! elle aimait seule, et ses larmes brillantes
Baignèrent bien des nuits ses tresses ondoyantes,
Doux trésors à l'amour si chers.
Mais une flamme pure au Ciel est précieuse.
Il transforma soudain en Harpe harmonieuse
La plaintive vierge des mers. En contours gracieux
Tout son corps se balance;
Sur sa joue on croit voir un rayon d'éspérance,
Et son sein palpiter encor.
Ses cheveux, dégagés du flot qui les inonde,
Recouvrent ses bras blancs qui ne fendront plus l'onde
Et deviennent des cordes d'or.
Aussi pendant longtemps cette Harpe chérie
Disait-elle à la fois la sombre rêverie,
Et d'amour les plaisirs discrets.
Elle soupire encor la joie et la tristesse:
Quand je suis près de toi, les accords d'allégresse;
Loin de toi, le chant des regrets.
9. "Adieu
Bessy"
Text by Thomas Gounet (1801-1869) after Thomas Moore (1779-1852)
Music by Hector Berlioz, op. 2 no. 8, from "Irlande" (1830)
Loin de toi, loin de toi, Bessy, mes amours,
Je vais traîner mes triste jours.
Plaisirs passés, plaisirs passés,
Que je déplore,
Auriez-vous fui pour toujours?
Adieu Bessy! adieu Bessy!
Nous nous verrons encore!
Ces beaux jours doivent revenir.
Reposons nous sur l'avenir:
Alors, alors le mal qui nous dévore
Ne sera qu'un souvenir.
Adieu, Bessy! adieu, Bessy!
Nous nous verrons encore.
Je croyais, je croyais, te donnant ma foi,
Pour toujours vivre près de toi.
Notre amour, à peine à l'aurore,
Du destin subit la loi.
Adieu, Bessy! adieu, Bessy!
Nous nous verrons encore.
Pour mon coeur brisé désormais
Plus de calme, de douce paix!
Une heure, une heure, et celui qui t'adore
T'abandonne pour jamais.
Oh! non, Bessy! oh! non, Bessy!
Non, non, non, nous nous verrons encore.
Adieu!
10.
"Élégie en prose"
Text by Thomas Moore (1779-1852)
Music by Hector Berlioz, op. 2 no. 9, from "Irlande" (1830)
When he who adores thee has left but the name
Of his fault and his sorrow behind,
Oh! say, wilt thou weep when they darken the fame
Of a life that for thee was resign'd?
Yes, weep! and, however my foes may condemn,
Thy tears shall efface their decree;
For Heav'n can witness, though guilty to them,
I have been but too faithful to thee!
With thee were the dreams of my earliest love,
Ev'ry thought of my reason was thine;
In my last humble pray'r to the Spirit above,
Thy name shall be mingled with mine!
Oh! bless'd are the lovers and friends who shall live
The days of the glory to see;
But the next dearest blessing that Heaven can give,
Is the pride of thus dying for thee!
11. "Les
Nuits d'Été"
Text by Théophile Gautier (1811-1872)
Music by Hector Berlioz, op. 7
11.1.Villanelle
11.2.La Spectre de la Rose
11.3.Sur les Lagunes
11.4.Absence
11.5.Au Cimetière
11.6.L'Île Inconnue
11.1. Villanelle
Quand viendra la saison nouvelle,
Quand auront disparu les froids,
Tous les deux nous irons, ma belle,
Pour cueillir le muguet aux bois.
Sous nos pieds égrénant les perles
Que l'on voit, au matin trembler,
Nous irons écouter les merles,
Nous irons écouter les merles siffler.
Le printemps est venu, ma belle;
C'est le mois des amants béni;
Et l'oiseau satinant son aile,
Dit ses vers au rebord du nid.
Oh! Viens donc sur ce banc de mousse
Pour parler de nos beaux amours,
Et dis-moi de ta voix si douce,
Et dis-moi de ta voix si douce, toujours!
Loin, bien loin égarant nos courses,
Faisons fuir le lapin caché,
Et le daim, au miroir des sources
Admirant son grand bois penché;
Puis chez nous, tout heureux, tout aises,
En paniers, en laçant nos doigts
Revenons, rapportant des fraises,
Revenons, rapportant des fraises, des bois!
11.2. La
Spectre de la Rose
Soulêve ta paupière close
Qu'effleure un songe virginal!
Je suis le spectre d'une rose
Que tu portais hier au bal.
Tu me pris encore emperlée
Des pleurs d'argent de l'arrosoir,
Et, parmi la fête étoilée,
Tu me promenas tout le soir.
O toi qui de ma mort fus cause,
Sans que tu puisses le chasser,
Toutes les nuits mon spectre rose
A ton chevet viendra danser;
Mais ne crains rien, je ne réclame
Ni messe ni De Profundis.
Ce léger parfum est mon äme,
Et j'arrive du du paradis.
Mon destin fut digne d'envie,
Et pour avoir un sort si beau
Plus d'un aurait donné sa vie;
Car sur ton sein j'ai mon tombeau,
Et sur l'albâtre où je repose
Un poëte avec un baiser
Écrivit: "Cigît une rose,
Que tous les rois vont jalouser."
11.3. Sur
les Lagunes
See also:
Félicien David (1810-1876), titled "La chanson du pêcheur"
Charles Gounod (1818-1893),
titled "Lamento - La chanson du pêcheur"
Louis Lacombe (1818-1884), titled "Lamento - La chanson du
pêcheur"
Ma belle amie est morte,
Je pleurerai toujours;
Sous la tombe elle emporte
Mon âme et mes amours.
Dans le ciel, sans m'attendre,
Elle s'en retourna;
L'ange qui l'emmena
Ne voulut pas me prendre.
Que mon sort es amer!
Ah! sans amour s'en aller sur la mer!
La blanche créature
Est couchée au cercueil;
Comme dans la nature
Tout me paraît en deuil!
La colombe oubliée
Pleure, pleure et songe à l'absent;
Mon âme pleure et sent
Qu'elle est dépareillée.
Que mon sort est amer!
Ah! sans amour s'en aller sur la mer!
Sur moi la nuit immense
S'étend comme un linceul,
Je chante ma romance
Que le ciel entend seul.
Ah! comme elle était belle,
Et comme je l'aimais!
Je n'aimerai jamais
Une femme autant qu'elle
Que mon sort est amer!
Ah! sans amour s'en aller sur la mer!
S'en aller sur la mer! Ah! Ah!
11.4.
Absence
(See also: Georges
Bizet (1838-1875), "Absence")
Reviens, reviens, ma bien-aimée;
Comme une fleur loin du soleil,
La fleur de ma vie est fermée
Loin de ton sourire vermeil!
Entre nos coeurs qu'elle distance!
Tant d'espace entre nos baisers!
O sort amer! ô dure absence!
O grands désirs inapaisés.
D'ici là-bas que de campagnes,
Que de villes et de hameaux,
Que de vallons et de montagnes,
A lasser le pied des chevaux!
11.5. Au
Cimetière, Clair de Lune
(See also: Hendri Duparc (1848-1933), "Lamento")
Connaissez-vous la blanche tombe,
Où flotte avec un son plaintif
L'ombre d'un if?
Sur l'if une pâle colombe,
Triste et seule au soleil couchant,
Chante son chant:
Un air maladivement tendre,
À la fois charmant et fatal,
Qui vous fait mal
Et qu'on voudrait toujours entendre;
Un air comme en soupire aux cieux
L'ange amoureux.
On dirait que l'âme éveillée
Pleure sous terre à l'unisson
De la chanson,
Et du malheur d'être oubliée
Se plaint dans un roucoulement
Bien doucement.
Sur les ailes de la musique
On sent lentement revenir
Un souvenir.
Une ombre, une forme angélique,
Passe dans un rayon tremblant,
En voile blanc.
Les belles de nuit demicloses
Jettent leur parfum faible et doux
Autour de vous,
Et le fantôme aux molles poses
Murmure en vous tendant les bras:
Tu reviendras!
Oh! jamais plus près de la tombe,
Je n'irai, quand descend le soir
Au manteau noir,
Écouter la pâle colombe
Chanter sur la pointe de l'if
Son chant plaintif.
11.6.
L'Île Inconnue
Dites, la jeune belle,
Où voulez-vous aller?
La voile enfle son aile,
La brise va souffler.
L'aviron est d'ivoire,
Le pavillon de moire,
Le gouvernail d'or fin;
J'ai pour lest une orange,
Pour voile une aile d'ange,
Pour mousse un séraphin.
Dites, la jeune belle,
Où voulez-vous aller?
La voile enfle son aile,
La brise va souffler.
Est-ce dans la Baltique?
Dans la mer Pacifique?
Dans l'île de Java?
Ou bien est-ce en Norvège,
Cueillir la fleur de neige,
Ou la fleur d'Angsoka?
Dites, la jeune belle,
Où voulez-vous aller?
Menez-moi, dit la belle,
À la rive fidèle
Où l'on aime toujours!
Cette rive, ma chère,
On ne la connaît guère
Au pays des amours.
12. "La
captive"
Text by Vicomte Victor Marie Hugo (1802-1855)
Music by Hector Berlioz, op. 12 (1832)
See also:
Hippolyte Monpou (1804-1841), La captive
Si je n'étais captive,
J'aimerais ce pays,
Et cette mer plaintive,
Et ces champs de maïs,
Et ces astres sans nombre,
Si le long du mur sombre
N'étincelait dans l'ombre
Le sabre des spahis.
Je ne suis point tartare
Pour qu'un eunuque noir
M'accorde ma guitare,
Me tienne mon miroir.
Bien loin de ces Sodomes,
Au pays dont nous sommes,
Avec les jeunes hommes
On peut parler le soir.
Pourtaint, j'aime une rive
Où jamais des hivers
Le souffle froid n'arrive
Par les vitraux ouverts.
L'été, la pluie est chaude,
L'insecte verte qui rôde
Luit, vivant émeraude,
Sous les brins d'herbe verts.
Mais surtout, quand la brise
Me touche en voltigeant,
La nuit, j'aime être assise,
Être assise en songeant,
L'oeil sur la mer profonde,
Tandis que, pâle et blonde,
La lune ouvre dans l'onde
Son éventail d'argent.
13.
"Pour chanter le retour du jour"
Text by Ad. de Bouclon
Music by Hector Berlioz, 1850, from "Fleurs des Landes", op. 13
no. 1, "Le matin" (Romance) and op. 13 no. 2. "Petit Oisea"
Pour chanter le retour
Du jour
L'oiseau plus ne sommeille;
Dès l'aurore il s'éveille
Pour chanter le retour
Du jour.
Sa voix douce et si pure,
Et l'onde qui murmure
Raniment la nature.
Salut! salut! petit oiseau,
Si beau,
L'écho du bois répête
Ta douce chansonnette;
J aime ton chant nouveau,
Si beau.
Caché sous le feuillage,
Par ton tendre ramage
Tu ravis le bocage.
Viens écouter ses chants
Touchants,
Ma bonne et vieille mère,
Sous la feuille légère!
Il te dira des chants
Touchants.
Que pour toi ma tendresse
Embellisse sans cesse
Les jours de ta vieillesse!
Adieu! adieu! petit oiseau,
Si beau,
Je viendrai dès l'aurore
Pour t'écouter encore.
Adieu! petit oisea,
Si beau!
A bénir tu m'engages,
Dieu, Dieu qui fit le bocage,
Et ton brillant ramage.
14.
"Pour chanter le retour du jour"
Text by Ad. de Bouclon
Music by Hector Berlioz, 1850, from "Fleurs des Landes", op. 13 no. 1, "Le
matin" (Romance) and op. 13 no. 2. "Petit Oisea"
Idem op.13 n. 1
15.
"Dès que la grive est éveillée"
Text by Julien Auguste Plage Brizeux (1803/6-1858)
Music by Hector Berlioz, , op. 13 no. 4, "Le jeune pâtre Breton" from
"Fleurs des Landes" (1834)
See also:
Victor Massé (1822-1884), "La chanson de
Loïc"
Dès que la grive est éveillée,
Sur cette lande encor mouillée
Je viens m'asseoir
Jusques au soir;
[Grand mère de qui je me cache
Dit: Loïc aime trop sa vache
Oh! Oh! Nenni da!
Mais j'aime la petite Anna.]
A son tour, Anna, ma compagne,
Conduit derrière la montagne,
Près des sureaux,
Ses noirs chevreaux;
Si, la montagne, où je m'égare,
Ainsi qu'un grand mur nous sépare,
Sa douce voix, sa voix
M'appelle au fond du bois.
Oh! sur un air plaintif et tendre,
Qu'il est doux au loin de s'entendre,
Sans même avoir
L'heure de se voir!
De la montagne à la vallée
La voix par la voix appelée
Semble un soupir, semble un soupir
Mêlé d'ennui et de plaisir!
Retenez bien votre haleine,
Brise étourdie, [ou] dans la plaine,
Parmi les blés
Courez, volez!
[Dieu! la mèchante a sur son aile
Emporté la voix douce et frêle,
La douce voix
Qui m'appelait au fond du bois.]
[Encore, Anna, ma belle!
Anna, c'est Loïc qui t'appelle!
Encore un son de ta chanson!
La chanson que chantent les lèvres,
Lorsque pour amuser tes chèvres,
Petite Anna, petite Anna,
Tu danses ton gai ta-ra-la, Ah!
Mais adieu, contre un vent farouche
Au travers des mes doigts ma bouche
Dans ce ravin
L'appelle en vain;
Déjà la nuit vient sur la lande,
Rentrons au bourg vache gourmande;
O guilan-la, O guilan-la,
Adieu donc, ma petite Anna. Ah! ]
16. "Le
chant des Bretons"
Text by Julien Auguste Plage Brizeux (1803/6-1858)
Music by Hector Berlioz, , op. 13 no. 5 (1850), from "Fleurs des Landes"
Oui, nous sommes encor les hommes d'Armorique,
La race courageuse et pourtant pacifique,
La race sur le dos portant de longs cheveux,
Que rien n'a pu dompter quand elle a dit: je veux.
Nous avons un coeur franc pour détester les traîtres;
Nous adorons Jésus, le Dieu de nos ancêtres.
Les chansons d'autrefois, toujours nous les chantons.
Non! non! non! nous ne sommes pas les derniers des Bretons.
Le vieux sang de tes fils coule encor dans nos veines,
O terre de granit, recouverte de chênes!
Pays des vieux Bretons, à toi seul notre amour!
Des bois sont au milieu, la mer est à l'entour.
17. "La
mort d'Ophélie"
Text by Ernest-Wilfrid Legouvé (1807-1903), after William Shakespeare (1564-1616), Hamlet
Music by Hector Berlioz, op. 18 no. 2 (1848) from "Tristia"
See also:
Camille Saint-Saëns
(1835-1921)
[Au bord] d'un torrent, Ophélie
Cueillait tout en suivant le bord,
Dans sa douce et tendre folie,
Des pervenches, des boutons d'or,
Des iris aux couleurs d'opale,
Et de ces fleurs d'un rose pâle,
Qu'on appelle des doigts de mort.
Puis élevant sur ses mains blanches
Les riants trésors du matin,
Elle les suspendait aux branches,
Aux branches d'un saule voisin;
Mais, trop faible, le rameau plie,
Se brise, et la pauvre Ophélie
Tombe, sa guirlande à la main.
Quelques instants, sa robe enflée
La tint encor sur le courant,
Et comme une voile gonflée,
Elle flottait toujours, chantant,
Chantant quelque vieille ballade,
Chantant ainsi qu'une naïade
Née au milieu de ce torrent.
Mais cette étrange mélodie
Passa rapide comme un son;
Par les flots la robe alourdie
Bientôt dans l'abîme profond;
Entraïna la pauvre insensée,
Laissant à peine commencée
Sa mélodieuse chanson.
18.
"Zaïde"
Text by Roger de Beauvoir (b. 1849)
Music by Hector Berlioz, op. 19 no. 1 (1845) from "Feuillets d'Album"
Ma ville, ma belle ville,
C'est Grenade au frais jardin.
C'est la palais d'Aladin,
Qui vaut Cordoue et Séville.
Tous ses balcons sont ouverts,
Tous ses bassins diaphanes,
Toute la cour des Sultanes
S'y tient sous les myrthes verts.
Ainsi près de Zoraïde,
A sa voix donnant l'essor,
Chantait la jeune Zaïde,
Le pied dans ses mules d'or.
La reine lui dit: "Ma fille,
D'où viens-tu donc?" Je n'en sais rien.
"N'as-tu donc pas de famille?"
Votre amour est tout mon bien;
O ma reine, j'ai pour père
Ce soleil plein de douceurs;
La sierra, c'est ma mère,
Et les étoiles mes soeurs.
Ce pendant sur la colline,
Zaïde à la nuit pleurait:
"Hélas! je suis orpheline,
De moi qui se chargerait?"
Un cavalier vit la belle,
La prit sur sa selle d'or.
Grenade, hélas! est loin d'elle,
Mais Zaïde y rêve encor.
19. "Les
champs"
Text by Pierre Jean de Béranger (1780-1857)
Music by Hector Berlioz, op. 19 no. 2 (1834) from "Feuillets d'Album"
See also:
Charles Gounod (1818-1893)
Rose partons; voici l'aurore:
Quitte [des] oreillers si doux.
Entends-tu la cloche sonore
Marquer l'heure du rendez-vous?
Cherchons, loin du bruit de la ville,
Pour le bonheur un [sûr] asile.
Viens aux champs couler d'heureux jours;
Les champs ont aussi leurs amours!
Viens aux champs fouler la verdure;
Donne le bras à ton amant;
Rapprochons-nous de la nature
Pour nous aimer plus tendrement.
Des oiseaux la troupe éveillée
Nous appelle sous la feuillée.
Viens aux champs couler d'heureux jours;
Les champs ont aussi leurs amours!
Allons visiter des rivages
Que tu croiras des bords lointains.
Je verrai sous d'épais ombrages
Tes pas devenir incertains.
[Le désir cherche un lit de mousse.
Le monde est loin, l'herbe est si douce.
Viens aux champs couler d'heureux jours;
Les champs ont aussi leurs amours!
C'en est fait. Adieu, vains spectacles!
Adieu, Paris où je me plus,
Où les beaux-arts font des miracles,
Où la tendresse n'en fait plus!]
Rose, dérobons à l'envie
Le doux secret de notre vie.
Viens aux champs couler d'heureux jours;
Les champs ont aussi leurs amours!
20. "La
belle Isabeau"
Text by Alexandre Dumas Davy de la Pailleterie (1802-1870)
Music by Hector Berlioz, op. 19 no. 5 (1844) from "Feuillets d'Album"
Dans la montagne noire,
Au pied du vieux château,
J'ai ouï conter l'histoire
De la jeune Isabeau.
Elle était de votre âge,
Cheveux noirs et l'oeil bleu.
Enfants, voici l'orage!
À genoux! Priez Dieu!
La belle jeune fille
Aimait un chevalier.
Son père sous la grille
La tint comme un géôlier.
Le chevalier volage
L'avait vue au saint lieu.
Un soir dans sa cellule
Isabeau vit soudain,
Sans crainte et sans scrupule,
Entrer le paladin. L'ouragan faisait rage,
Le ciel était en feu.
Enfants, voici l'orage!
À genoux! Priez Dieu!
De frayeur Isabelle
Se sentit le coeur plein:
Où donc est, disait-elle,
Le sire chapelain?
Il est, suivant l'usage,
À prier au saint lieu.
Venez! avant l'aurore
Nous serons de retour.
Hélas! son père encore
L'attend depuis ce jour
Enfants, voici l'orage!
À genoux! Priez Dieu!
21. "Le
chasseur danois"
Text by Adolphe de Leuven (1800-1884)
Music by Hector Berlioz, op. 19 no. 6 (1845) from "Feuillets d'Album"
Entendez-vous dans la bruyère?
Déjà chante le coq des bois.
Allons, allons réveillez-vous,
Mon père! Volez à de nouveaux exploits!
En chasse! en chasse! en chasse! et que Dieu vous protège!
Et toi qui chantes là-bas,
Ce soir tu ne chanteras pas.
Entendez-vous la voix fidèle
De votre épagneul favori?
Il se fait tard. Il vous appelle, il vous appelle,
Pour que vous partiez avec lui.
En chasse! en chasse! en chasse! et que Dieu vous protège!
Et toi qui chantes là-bas,
Ce soir tu ne chanteras pas.
Allons! allons sans plus attendre.
Mon père levez-vous enfin!
Allons! allons! La voix d'un fils, ne pouvez-vous l'entendre?
Vous dormez bien tard, ce matin.
En chasse! en chasse! en chasse! et que Dieu vous protège!
Et toi qui chantes là-bas,
Ce soir tu ne chanteras pas.
Ainsi disait dans la chaumière
Un jeune enfant. Voeux superflus!
Le vieux chasseur, son pauvre père,
Hélas! ne répétera plus:
En chasse! en chasse! en chasse! et que Dieu vous protège!
Et toi qui chantes là-bas,
Ce soir tu ne chanteras pas.
22.
"Sérénade de Mephistophélès"
Text by Gérard de Nerval (1808-1855), after Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832)
Music by Hector Berlioz, op. 24 (1846)
Devant la maison
De celui qui t'adore,
Petite Louison,
Que fais-tu des l'aurore,
Au signal du plaisir,
Dans la chambre du drille,
Tu peux bien entrer fille,
Mais non fille en sortir.
Il te tend les bras,
Près de lui tu cours vite,
Bonne nuit, hélas!
Ma petite, bonne nuit.
Près du moment fatal
Fait grande résistance,
S'il ne t'offre d'avance,
S'il ne t'ffre un anneau conjugal.
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