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Georges Bizet

(1843 - 1907)

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The Lieder of Georges Bizet


Lieder – index:


1. "A une fleur"
2. "Absence"
3. "Adieu Suzon, ma rose blonde"
4. "Adieux de l'hôtesse arabe"
5. "Après l'hiver"
6. "Berceuse (Sur un vieil air)"
7. "Chanson d'avril"
8. "Douce mer"
9. "Le grillon"
10. "Comment, disaient-ils"
11. "L'abandonnée"
12. "L'esprit saint"
13. "La Chanson du fou"
14. "La coccinelle"
15. "Ma vie a son secret"
16. "Pastorale"
17. "Rêve de la bien aimée"
18. "Rêve de la bien aimée"
19. "Rose d'amour"
20. "Sonnet"
21. "Tarentelle"
22. "Vieille Chanson"

1. "A une fleur"
 
 
Text by Louis Charles Alfred de Musset (1810-1857)
Music by Georges Bizet
 
See also:

Edouard Lalo (1823-1892)

Que me veux-tu, chère fleurette,
Aimable et charmant souvenir?
Demimorte et demicoquette,
Jusqu'à moi qui te fait venir?
 
Sous ce cachet enveloppé,
Tu viens de faire un long chemin.
Qu'as-tu vu? que t'a dit la main
Qui sur le buisson t'a coupée?
 
N'es-tu qu'une herbe desséchée
Qui vient achever de mourir?
Ou ton sein, prêt à refleurir,
Renfermetil une pensée?
 
Ta fleur, hélas! a la blancheur
De la désolante innocence;
Mais de la craintive espérance
Ta feuille porte la couleur.
 
As-tu pour moi quelque message?
Tu peux parler, je suis discret.
Ta verdure est-elle un secret?
Ton parfum est-il un langage?
 
S'il en est ainsi, parle bas,
Mystérieuse messagère;
S'il n'en est rien, ne réponds pas;
Dors sur mon coeur, fraîche et légère.
 
Je connais trop bien cette main,
Pleine de grâce et de caprice,
Qui d'un brin de fil souple et fin
A noué ton pâle calice.
 
Cette main là, petite fleur,
Ni Phidias ni Praxitèle
N'en auraient pu trouver la soeur
Qu'en prenant Vénus pour modèle.
 
Elle est blanche, elle est douce et belle,
Franche, dit-on, et plus encor;
A qui saurait s'emparer d'elle
Elle peut ouvrir un trésor.
 
Mais elle est sage, elle est sévère;
Quelque mal pourrait m'arriver.
Fleurette, craignons sa colère,
Ne dis rien, laisse-moi rêver.

2. "Absence"
 
 
Text by Théophile Gautier (1811-1872)
Music by Georges Bizet
 
See also:

Hector Berlioz (1803-1869), op. 7 no. 4, "L'absence" from "Les Nuits d'été"

Reviens, reviens, ma bien-aimée;
Comme une fleur loin du soleil,
La fleur de ma vie est fermée
Loin de ton sourire vermeil!
 
Entre nos coeurs tant de distance!
Tant d'espace entre nos baisers!
O sort amer! O dure absence!
O grands désirs inapaisés.
 
Au pays qui me prend ma belle,
Hélas! hélas! Si je pouvais aller.
Et si mon corps avait une aile
Comme mon âme pour voler
 
Par desus nos vertes collines,
Les montagnes au front d'azur,
Les champs rayés et les ravines,
J'irais d'un vol rapide et sûr.
 
Le corps ne suit pas la pensée!
Pour moi, mon âme, va tout droit,
Comme une colombe blessée
T'a battre au rebord de son toit.
 
Et dis, mon âme, à cette belle:
"Tu sais bien qu'il compte les jours!
O ma colombe! à tire d'aîle,
Retourne au nid de nos amours!"

3. "Adieu Suzon, ma rose blonde"
 
 
Text by Louis Charles Alfred de Musset (1810-1857)
Music by Georges Bizet, "Adieux à Suzon"
 
See also:

Victor Massé (1822-1884), "Adieux à Suzon"
Ernest Reyer (1823-1909), "Adieu Suzon"

Adieu Suzon, ma rose blonde,
Qui [fut à moi] pendant huit jours;
Les plus courts plaisirs de ce monde
Souvent font les meilleurs amours.
Sais-je, au moment où je te quitte,
Où m'entraîne mon astre errant?
Je m'en vais pourtant, ma petite,
Bien loin, bien vite,
Toujours courant.
 
[Je pars, et sur ta lèvre ardente
Brüle encor mon dernier baiser.
Entre mes bras, chère imprudente,
Ton beau front vient se reposer.
Sens-tu mon coeur, comme il palpite?
Le tien, comme il battait gaiement!
Je m'envais pourtant, ma petite,
Bien loin, bien vite,
Toujours t'aimant.]
 
[Paf! c'est mon cheval qu'on apprête.
Enfant, que ne puis-je en chemin
Emporter ta mauvaise tête,
Qui m'a tout embaumé la main!
Tu souris, petite hypocrite,
Comme la nymphe, en t'enfuyant.
Je m'en vais pourtant, ma petite,
Bien loin, bien vite,
Tout en riant.]
 
Que de tristesse, et que de charmes,
Tendre enfant, dans tes doux adieux!
Tout m'enivre, jusqu'à tes larmes,
Lorsque ton coeur est dans tes yeux,
A vivre ton regard m'invite;
Il me consolerait mourant.
Je m'en vais pourtant, ma petite,
Bien loin, bien vite,
Tout en pleurant.
 
Que notre amour, si tu m'oublies,
Suzon, dure encore un moment;
Comme un bouquet de fleurs pâlies,
Cache-le dans ton sein charmant!
Adieu; le bonheur reste au gîte,
Le souvenir part avec moi:
Je l'emporterai, ma petite,
Bien loin, bien vite,
Toujours à toi!

4. "Adieux de l'hôtesse arabe"
 
 
Text by Vicomte Victor Marie Hugo (1802-1855)
Music by Georges Bizet

Puisque rien ne t'arrête en cet heureux pays,
Ni l'ombre du palmier, ni le jaune maïs,
Ni le repos, ni l'abondance,
Ni de voir à ta voix battre le jeune sein
De nos soeurs, dont, les soirs,
le tournoyant essaim
Couronne un coteau de sa danse.
 
Adieu, beau voyageur, hélas, Oh!
que n'es-tu de ceux
Qui donnent pour limite à leurs pieds paresseux
Leur toit de branches ou de toiles!
Qui, rêveurs, sans en faire, écoutent les récits,
Et souhaitent, le soir, devant leur porte assis,
De s'en aller dans les étoiles!
 
Si tu l'avais voulu, peut-être une de nous,
O jeune homme, eût aimé te servir à genoux
Dans nos huttes toujours ouvertes;
Elle eût fait, en berçant
ton sommeil des ses chants,
Pour chasser de ton front les moucherons méchants,
Un éventail de feuilles vertes.
 
Si tu ne reviens pas, songe un peu quelquefois
Aux filles du désert, soeurs à la douce voix,
Qui dansent pieds nus sur la dune;
O beau jeune homme blanc, bel oiseau passager,
Souviens-toi, car peut-être, ô rapide étranger,
Ton souvenir reste à plus d'une!

5. "Après l'hiver"
 
 
Text by Vicomte Victor Marie Hugo (1802-1855)
Music by Georges Bizet

Tout revit, ma bien aimée!
Le ciel gris perd sa pâleur;
Quand la terre est embaumée,
Le coeur de l'homme est meilleur.
 
Viens! une flûte invisible,
Soupire, dans les vergers,
La chanson la plus paisible
Est la chanson des bergers.
 
L'air enivre: tu reposes
À mon cou tes bras vainqueurs.
Sur les rosiers que de roses!
Que de soupirs dans nos coeurs!
 
Viens, le vent ride, sous l'yeuse,
Le sombre miroir des eaux,
La chanson la plus joyeuse
Est la chanson des oiseaux.
 
Clartés et parfums nous-mêmes,
Nous baignons nos coeurs heureux
Dans les effluves suprêmes
Des éléments amoureux,
 
Viens! que nul soin ne te tourmente,
Aimons-nous toujours!
La chanson la plus charmante
Est la chanson des amours!

6. "Berceuse (Sur un vieil air)"
 
 
Text by Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859)
Music by Georges Bizet

Si l'enfant sommeille,
Il verra l'abeille,
Quand elle aura fait son miel,
Danser entre terre et ciel.
 
Sie l'enfant repose,
Un ange tout rose,
Que la nuit seule on peut voir,
Viendra lui dire: "bonsoir!"
 
Si mon enfant m'aime,
Dieu dira lui même:
J'aime cet enfant qui dort:
Qu'on lui porte un rêve d'or.
 
Mettez lui des aîles,
Comme aux tourterelles
Pour venir dans mon soleil
Danser, danser jusqu'à son réveil.
 
Fermez ses paupières,
Et sur ses prières,
De mes jardins pleins de fleurs
Faites glisser les couleurs.
 
Mais je veux qu'il dorme,
Et qu'il se conforme
Au silence des oiseaux
Couchés parmi les roseaux!
 
Car si l'enfant pleure,
On entendra l'heure
Tinter partout qu'un enfant
A fait ce que Dieu défend.
 
L'écho de la rue,
Au bruit accourue,
Quand l'heure aura soupiré,
Dira: "D'enfant a pleuré!"
 
Et sa tendre mère,
Dans sa nuit amère,
Pour son ingrat nourisson
Ne saura plus hélas! de chanson.
 
Si l'enfant est sage,
Sur son doux visage
La Vierge se penchera,
Et longtemps lui parlera.

7. "Chanson d'avril"
 
 
Text by Louis Bouilhet (1822-1869)
Music by Georges Bizet

Lève-toi! lève-toi! le printemps vient de naître!
Là-bas, sur les vallons, flotte un réseau vermeil!
Tout frissonne au jardin, tout chante et ta fenêtre,
Comme un regard joyeux, est pleine de soleil!
 
Du côté des lilas aux touffes violettes,
Mouches et papillons bruissent à la fois
Et le muguet sauvage, ébranlant ses clochettes,
A réveillé l'amour endormi dans les bois!
 
Puisqu'Avril a semé ses marguerites blanches,
Laisse ta mante lourde et ton manchon frileux,
Déjà l'oiseau t'appelle et tes soeurs les pervenches
Te souriront dans l'herbe en voyant tes yeux bleus!
 
Viens, partons! au matin, la source est plus limpide;
Lève-toi! viens, partons! N'attendons pas du jour les brûlantes chaleurs;
Je veux mouiller mes pieds dans la rosée humide,
Et te parler d'amour sous les poiriers en fleurs.

8. "Douce mer"
 
 
Text by Alphonse Marie Louis de Lamartine (1790-1869)
Music by Georges Bizet

Murmure autour de ma nacelle,
Douce mer dont les flots chéris,
Ainsi qu'une amante fidèle,
Jettent une plainte eternelle
Sur ces poétique débris.
 
Que j'aime à flotter sur ton onde,
À l'heure où du haut du rocher
L'oranger, la vigne féconde,
Versent sur ta vague profonde
Une ombre propice au nocher!
 
Souvent, dans ma barque sans rame,
Me confiant à ton amour,
Comme pour assoupir mon âme,
Je ferme au branle de ta lame
Mes regards fatigués du jour.

9. "Le grillon"
 
 
Text by Alphonse Marie Louis de Lamartine (1790-1869)
Music by Georges Bizet

Grillon solitaire
Ici comme moi,
Voix qui sors de terre,
Ah! réveille-toi!
 
Quand j'étais petite
Comme ce berceau,
Et que Marguerite
Filait son fuseau;
Quand le vent d'automne
Faisait tout gémir,
Ton cri monotone
M'aidait à dormir.
Grillon solitaire,
Voix qui sors de terre,
Réveille-toi,
Pour moi!
Réveille-toi.
 
Seize fois l'année
A compté mes jours;
Dans la cheminée
Tu niches toujours.
Je t'écoute encore
Aux froides saisons,
Souvenir sonore
Des vieilles maisons!
J'attise la flamme,
C'est pour t'égayer;
Mais il manque une âme,
Une âme au foyer!
Grillon solitaire,
Voix qui sors de terre,
Réveille-toi,
Pour moi!
Réveille-toi.
 
Qu'il a moins de charmes
Ton chant qu'autrefois!
As-tu donc nos larmes
Aussi dans la voix?
Pleures-tu l'aïeule,
La mère et la soeur?
Vois, je peuple seule
Ce foyer du coeur!
L'âtre qui pétille,
Le cri renaissant,
Des voix de famille
M'imitent l'accent;
Mon âme s'y plonge,
Je ferme les yeux,
Et j'entends en songe
Mes amis des cieux.
Grillon solitaire,
Voix qui sors de terre,
Réveille-toi,
Pour moi!
Réveille-toi.
 
Tu me dis des choses,
Des choses au coeur,
Comme en dit aux roses
Leur oiseau rêveur!
Qu'il chante pour elles
Ses notes au vol!
Voix triste et sans ailes,
Sois mon rossignol!
Grillon solitaire,
Voix qui sors de terre,
Réveille-toi,
Pour moi!
Réveille-toi.

10. "Comment, disaient-ils"
 
 
Text by Vicomte Victor Marie Hugo (1802-1885), No 23 of Les Rayons et les Ombres (1838)
Music by Georges Bizet, "Guitare"
 
See also:

Louis Lacombe (1818-1884), "Guitare"
Edouard Lalo (1823-1892), "Guitare"
Franz Liszt (1811-1886), "Comment, disaient-ils", S. 276
Victor Massé (1822-1884), "Ramez, dormez, aimez!"
Sergei Rachmaninov (1873-1943), op. 21 no. 4 (Russian) "Oni otvechali"
Camille Saint-Saëns (1835-1921), "Guitare" (1851)

Comment, disaient-ils,
Avec nos nacelles,
Fuir les alguazils?
Ramez, disaient-elles.
 
Comment, disaient-ils,
Oublier querelles,
Misère et périls?
Dormez, disaient-elles.
 
Comment, disaient-ils,
Enchanter les belles
Sans philtres subtils?
Aimez, disaient-elles.

11. "L'abandonnée"
 
 
Text by Catulle Mendès (1841-1909)
Music by Georges Bizet

D'autres femmes m'ont pris son regard, sa pensé!
Comme dans l'eau courante
Une image effacée,
Rien n'est resté de moi dans son rêve oublieux!
Si je frappe à sa porte, il dira, l'infidèle:
"Quelle est cette étrangère et pourquoi pleure-t-elle?"
Il n'aura reconnu ni mes pleurs ni mes yeux!
 
Mais je suivrai toujours celui qui m'abandonne;
Sa trahison n'est rien puisque je la pardonne;
S'il faut mourir par lui je bénis le tombeau.
Et s'il vole toujours à quelque amour nouvelle,
Je ne demande rien sinon que l'infidèle
M'ait oubliée assez pour m'aimer de nouveau!

12. "L'esprit saint"
 
 
Text by Anonymous
Music by Georges Bizet

Quel feu s'allume dans mon coeur!
Quel Dieu vient habiter mon âme!
A son aspect consolateur,
Et je m'éclaire et je m'enflamme!
Ah! viens-je t'adore!
Esprit créateur!
Un jour plus pur luit à mes yeux,
Dieu de clarté, je t'en rends grâce!
Je vois fuir l'esprit ténébreux;
La foi dans mon coeur prend sa place:
Tous mes désirs sont pour les cieu!
 
Je vois mille ennemis divers
Conjurer ma perte éternelle;
J'entends tous leurs complots pervers:
Dieu, romps leur trame criminelle;
Qu'ils retombent dans les enfer!
Règne à jamais, O Dieu d'amour!
Sur ce coeur qui devient ton temple!
Que je t'honore dès ce jour:
Que mon oeil charmé te contemple
Dans l'éclat du divin séjour!

13. "La Chanson du fou"
 
 
Text by Vicomte Victor Marie Hugo (1802-1855)
Music by Georges Bizet

Au soleil couchant,
Toi qui vas cherchant
Fortune,
Prends garde de choir;
La terre, le soir,
Est brune.
L'océan trompeur
Couvre de vapeur
La dune.
Vois, &agrage; l'horizon,
Aucune maison
Aucune!
 
Maint voleur te suit,
La chose est, la nuit,
Commune.
Les dames des bois
Nous gardent parfois
Rancune.
Elles vont errer:
Crains d'en rencontrer
Quelqu'une.
Les lutins de l'air
Vont danser au clair
De lune.

14. "La coccinelle"
 
 
Text by Vicomte Victor Marie Hugo (1802-1855), from Les Contemplations (1854)
Music by Georges Bizet
 
See also:

Camille Saint-Saëns (1835-1921), 1868

Elle me dit: "Quelque chose
"Me tourmente." Et j'aperçus
Son cou de neige, et, dessus,
Un petit insecte rose.
 
J'aurais dû, - mais, sage ou fou,
A seize ans, on est farouche, -
Voir le baiser sur sa bouche
Plus que l'insecte à son cou.
 
On eût dit un coquillage;
Dos rose et taché de noir.
Les fauvettes pour nous voir
Se penchaient dans le feuillage.
 
Sa bouche fraîche était là;
[Je me courbai] sur la belle,
Et je pris la coccinelle;
Mais le baiser s'envola.
 
"Fils, apprends comme on me nomme,"
Dit l'insecte du ciel bleu,
"Les bêtes sont au bon Dieu;
"Mais la bêtise est à l'homme."

15. "Ma vie a son secret"
 
 
Text by Félix Arvers (1806-1850)
Music by Georges Bizet

Ma vie a son secret, mon âme a son mystère:
Un amour éternel en un moment con&cceil;u:
Le mal est sans remède, aussi j'ai dû le taire,
Et celle qui l'a fait n'en a jamais rien su.
 
Ainsi j'aurai passé près d'elle inaperçu,
Toujours à ses côtés et toujours solitaire,
Et j'aurai jusqu'au bout, fait mon temps sur la terre,
N'osant rien demander et n'ayant rien reçu.
 
Pour elle, que le ciel a faite douce et tendre,
Elle suit son chemin, distraite et sans entendre
La murmure d'amour élevé sur ses pas.
 
À l'austère devoir pieusement fidèle,
Elle dira, lisant ces vers tout remplis d'elle;
"Quelle est donc cette femme?"
et ne comprendra pas.

16. "Pastorale"
 
 
Text by Charles Regnard
Music by Georges Bizet

Un jour de printemps,
Tout le long d'un verger
Colin va chantant,
Pour ses maux soulager:
Ma bergère, ma bergère,
tra la la la la la la la la
Ma bergère, ma bergère,
tra la la la la la la la la
Laisse-moi, laisse-moi prendre un tendre baiser
Oh! laisse-moi, ma bergère prendre un tendre baiser.
Ma bergère laisse-moi prendre un tendre baiser!
 
La belle, à l'instant
Répond à son berger:
"Tu veux, en chantant
Un baiser dérober?...
Non Colin, non Colin,
Tra la la la la la la la la
Non Colin, non Colin,
Tra la la la la la la la la
Tu voudrais, en chantant prendre un tendre baiser
Non, non, non, non Colin, ne le prends pas,
Je vais te le donner...
Non, non, non Colin, ne le prends pas,
Je vais te le donner.

17. "Rêve de la bien aimée"
 
 
Text by Louis de Courmant (1828-1900)
Music by Georges Bizet

J'ai rêvé que mon coeur était, comme jadis,
Une source d'eaux vives;
Et lui, l'oiseau de paradis
Qui chantait sur ses rives.
 
J'ai rêvé que mon oeil était un pur rayon
De l'aube printanière;
Et lui, le léger papillon
Volant dans sa lumière.
 
Ah! j'ai rêvé que mon corps était inanimé,
Plus froid, plus blanc que neige;
Et lui, le linceul bien fermé
Qui le couvre et protège.
 
J'ai rêvé que ma lèvre était, aux jours heureux,
Une grenade éclose;
Et lui le zéphyr amoureux,
Qui sur elle se pose.
 
J'ai rêvé que mon sein était une oasis
De déserts entourée;
Et lui le voyageur assis
A son ombre dorée.
 
Ah! j'ai rêvé que mon âme errait seule au milieu
Des ombres éternelles;
Et que lui, mon ange, vers Dieu
L'emportait sur ses ailes!

18. "Rêve de la bien aimée"
 
 
Text by Louis de Courmant (1828-1900)
Music by Georges Bizet

J'ai rêvé que mon coeur était, comme jadis,
Une source d'eaux vives;
Et lui, l'oiseau de paradis
Qui chantait sur ses rives.
 
J'ai rêvé que mon oeil était un pur rayon
De l'aube printanière;
Et lui, le léger papillon
Volant dans sa lumière.
 
Ah! j'ai rêvé que mon corps était inanimé,
Plus froid, plus blanc que neige;
Et lui, le linceul bien fermé
Qui le couvre et protège.
 
J'ai rêvé que ma lèvre était, aux jours heureux,
Une grenade éclose;
Et lui le zéphyr amoureux,
Qui sur elle se pose.
 
J'ai rêvé que mon sein était une oasis
De déserts entourée;
Et lui le voyageur assis
A son ombre dorée.
 
Ah! j'ai rêvé que mon âme errait seule au milieu
Des ombres éternelles;
Et que lui, mon ange, vers Dieu
L'emportait sur ses ailes!

19. "Rose d'amour"
 
 
Text by Charles Hubert Millevoye (1782-1816)
Music by Georges Bizet
 

  
Rose d'amour, nouvelle éclose,
Languit dans le creux du vallon,
Nulle, de mémoire de rose,
N'a tant souffert de l'Aquilon.
Epoux sauvage, il la tourmente;
Son amour ressemble au courroux;
Et Zéphire, dont elle est l'amante,
Lui promet des baisers plus doux.
 
Rose d'amour décolorée
Va succomber à ses douleurs;
Sur sa chute prématurée
L'aurore en vain répand des pleurs;
Demain (triste métamorphose!)
Le premier rayon du soleil
De celle qui fut une rose
En vain attendra le réveil.
 
Rose d'amour! ta déstinée
De l'amour obtint un soupir;
Un mystérieux hyménée
Unit et la fleur et Zéphyr:
Zéphyr, à l'heure où tout repose,
Trompa le jaloux aquilon;
Au plaisir il rendit la rose,
Et son ornement au vallon.

20. "Sonnet"
 
 
Text by Pierre de Ronsard (1524-1585)
Music by Georges Bizet

Vous méprisez nature: êtes-vous si cruelle
De ne vouloir aimer? voyez les passereaux
Qui démènent l'amour, voyez la tourterelle.
 
Voyez déça, delà, d'une frétillante aile
Voleter par les bois les amoureux oiseaux,
Voyez la jeune vigne embrasser les ormeaux,
Et toute chose rire en la saison nouvelle.
 
Ici la bergerette en tournant son fuseau
Dégoise ses amours, et là le pastoureau
Répond à sa chanson; ici toute chose aime,
Tout parle d'amour, tout s'en veut enflammer.
 
Seulement votre coeur froid d'une glace extrême
Demeure opiniâtre et ne veut pas aimer.

21. "Tarentelle"
 
 
Text by Edouard Jules Henri Pailleron (1834-1899)
Music by Georges Bizet

Tra la la...
Le papillon s'est envolé,
Tra la la
La fleur se balance avec grâce,
La la la ...
Ma belle où voyez-vous la trace,
Tra la la la la la la
La trace de l'amant ailé?
Ma belle où voyez-vous la trace de l'amant ailé?
Ah! Le papillon s'est envolé!
Oui! Ah! ah! ...
 
La la la ...
Le flot est rapide et changeant
Toujours sillonnant l'eau profonde,
La barque passe, et toujours l'onde efface le sillon d'argent...
Le flot, oui le flot est rapide et changeant
Le papillon, c'est votre amour
La fleur et l'onde, c'est votre âme
Que rien n'émeut, que rien n'entame,
Où rien ne reste plus d'un jour
Le papillon, le papillon, c'est votre amour.

22. "Vieille Chanson"
 
 
Text by Charles Hubert Millevoye (1782-1816)
Music by Georges Bizet

Dans les bois l'amoureux Myrtil
Avait pris fauvette légère;
Aimable oiseau, lui disait-il:
Je te destine à ma bergère.
 
Pour prix du don que j'aurai fait
Que de baisers, que de baisers!
Si ma Lucette, si ma Lucette
M'en donne deux pour un bouquet
J'en aurai dix, j'en aurai dix, ah!
J'en aura dix pour la fauvette.
 
La fauvette dans le vallon
A laissé son ami fidèle,
Et tant fait, tant fait, tant fait, que de sa prison
Elle s'échappe à tire d'aile.
 
Ah! dit le berger désolé,
Adieu les baisers de Lucette!
Tout mon bonheur s'est envolé
Sur les ailes de la fauvette!
Myrtil retourne au bois voisin
Pleurant la perte qu'il a faite.
 
Soit par hasard, soit à dessein,
Dans le bois se trouvait Lucette;
Et sensible à ce gage de foi,
Elle sortit de sa retraite
En lui disant: Console-toi, Console-toi,
Myrtil, console-toi. Ah!
Tu n'as perdu que la fauvette!

- Karadar Bertoldi Ensemble - Studio Informatico Anesin -