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Léo Delibes

(1836 - 1891)

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The Lieder of Léo Delibes

 

Lieder – index:

1. Bonjour Suzon
2. Chanson espagnole
3. Eglogue
4. Le code fashionable
5. Les animaux de Grandville

1. "Bonjour Suzon"
 
 
Text by Louis Charles Alfred de Musset (1810-1857)
Music by Léo Delibes

Bonjour Suzon, ma fleur des bois!
Es-tu toujours la plus jolie?
Je reviens, tel que tu me vois,
D'un grand voyage en Italie,
Du paradis j'ai fait le tour;
J'ai fait des vers, j'ai fait l'amour.
Mais que t'importe?
Je passe devant ta maison;
Ouvre ta porte.
Bonjour, Suzon!
 
Je t'ai vue au temps des lilas.
Ton coeur joyeux venait d'éclore.
Et tu disais: "je ne veux pas,
Je ne veux pas qu'on m'aime encore."
Qu'as-tu fait depuis mon départ?
Qui part trop tôt tard revient trop tard.
Mais que m'importe?
Je passe devant ta maison;
Ouvre ta porte.
Bonjour, Suzon!

2. "Chanson espagnole"
 
 
Text by Louis Charles Alfred de Musset (1810-1857)
Music by Léo Delibes

Nous venions de voir le taureau,
Trois garçons, trois fillettes,
Sur la pelouse il faisait beau,
Et nous dansions un bolero
Au son des castagnettes;
Dites-moi, voisin,
Si j'ai bonne mine,
Et si ma basquine
Va bien, ce matin,
Vous me trouvez la taille fine?
Ah! ah!
Les filles de Cadix aiment assez cela.
 
Et nous dansions un bolero
Un soir c'était dimanche,
Vers nous s'en vint un hidalgo
Cousu d'or, la plume au chapeau,
Et la poing sur la hanche:
Si tu veux de moi,
Brune au doux sourire,
Tu n'as qu'a le dire,
Cette or est à toi.
Passez votre chemin, beau sire,
Ah! Ah!
Les filles de Cadix n'entendent pas cela.
 
Et nous dansions un bolero,
Au pied de la colline.
Sur le chemin passait Diégo,
Qui pour tout bien n'a qu'un manteau
Et qu'une mandoline:
La belle aux doux yeux,
Veux-tu qu'à l'église
Demain te conduise
Un amant jaloux?
Jaloux! jaloux! quelle sottise!
Ah! ah!
Les filles de Cadix craignent ce défaut là!

3. "Viens! une flûte invisible soupire dans les vergers"
 
 
Text by Vicomte Victor Marie Hugo (1802-1855), from Les Contemplations (1846)
Music by Léo Delibes, "Eglogue"
 
See also:

Camille Saint-Saëns (1835-1921), "Viens!" (Duettino) or "Une flûte invisible", 1885

Viens! - une flûte invisible
Soupire dans les vergers.
La chanson la plus paisible
Est la chanson des bergers.
 
Le vent ride, sous l'yeuse,
Le sombre miroir des eaux.
La chanson la plus joyeuse
Est la chanson des oiseaux.
 
Que nul soin ne te tourmente.
Aimons-nous! aimons toujours!
La chanson la plus charmante
Est la chanson des amours.

4. "Le code fashionable"
 
 
Text by Antoine Vialon (1814-1866)
Music by Léo Delibes

Chorus:
 
Partisans de la mode
Et du noble maintien,
Voici le nouveau code
Du Dandy parisien.
 
Des gants couleur de paille,
Un pantalon collant,
Un habit dont la taille
Gênerait un enfant;
Puis, de bottes qui brillent
D'un vernis éclatant;
C'est ainsi que s'habillent
Nos lions d'à présent.
Un Beau, pour qu'on l'admire,
Doit être bon cocher,
Et doit savoir conduire
Un tilbury léger;
Mener avec addresse,
Sans aucun embarras.
Un nègre qui sans cesse
Se croise les deux bras.
 
(Chorus…)
 
Redresser sa moustache,
En crochets menaçants,
S'épuiser sans relâche
A rajuster ses gants;
Se cambrer sur sa canne,
Longue d'un demi-pied,
Et parler d'un air crâne
Des assauts de Grisier.
De quelque nom qu'on nomme
Son donjon, ses aieux,
On n'est pas gentilhomme
Quand on a de bons yeux.
Faut-il voir une toile
Qu'on expose au Salon,
Ou bien l'Arc de l'Étoile
Vite on prend son lorgnon.
 
(Chorus…)
 
Les beaux arts qu'on estime
Sont la part du bourgeois,
L'élégant parle escrime,
Chiens courants, chasse au bois;
Il cause de la Bourse
Et de pigeons pattus,
De ses chevaux de course
(Qui sont toujours battus)
Sur le Turf, en une heure,
Engager vingt paris;
Se faire une demeure
Du Café-de-Paris;
Et, pour comble d'ivresse,
Couronnant Ses [sic] hauts-faits,
Voir briller sa noblesse
Dans le club des Jockeys!
 
(Chorus…)

5. "Les animaux de Grandville"
 
 
Text by Antoine Vialon (1814-1866)
Music by Léo Delibes

Chorus:
 
On voit dans BUFFON dans CUVIER
Tous les animaux par famille,
Mais avec les gens chez GRANDVILLE,
Ils ont un rapport singulier.
Chantons ces images parfaites!
Chantons tous ces originaux
Qui souvent surpassent les bêtes
Par leur mérite ou leurs défauts!
 
Le LION, à large crinière,
Sert de modèle aux élégants;
Le TIGRE ardent et la PANTHERE
Ont la cruauté des tyrans.
Le LIMIER, alerte et rapide,
Nous poursuit tout comme un huissier;
Et l'usurier, toujours avide,
A le coeur d'un vrai LOUP-CERVIER.
Comme un CHAT plus d'un ténor chante;
Le SINGE a l'air d'un vieux danseur,
Le RAT-BLANC c'est la figurante,
L'OURS, mal léché, certain autheur.
Parmi la foule volatile
Que de gens dont on voit les traits!
Là, c'est le PIGEON trop docile,
Ici, d'ennuyeux PERROQUETS.
L'AIGLE a l'air d'un vieux de l'empire,
Le jaloux ressemble au COUCOU,
L'anarchiste au sombre VAMPIRE
Et l'envieux au noir HIBOU.
Le VAUTOUR est un égoïste,
L'orgeuilleux est fier comme un PAON,
Le CANARD c'est le journaliste,
L'homme heureux c'est le MERLE BLANC.
 
(Chorus…)
 
La SAUTERELLE est écuyère;
Le GOBE MOUCHE est grand flâneur;
Le GOUJON est actionnaire
Et le MERLAN mauvais coiffeur.
Le SERPENT est chantre d'église;
Le LIMAÇON suisse ou portier;
Et la MOUCHE, en des filets prise,
Le débiteur d'un usurier.
Qui dit médicin, dit SANGSUE,
Qui dit LEZARD, dit freluquet;
Qui dit employé, dit TORTUE,
Qui dit REQUIN, dit peu gourmet.
Pour terminer cette revue
Réservons, en types flatteurs.
La DEMOISELLE à l'ingénue;
Le RAMIER à maints voyageurs.
Donnons la COLOMBE au novice;
L'ABEILLE au bon ouvrier;
La FAUVETTE à la cantatrice,
Et l'HIRONDELLE au prisonnier.
Offrons enfin l'AGNEAU fidèle,
Ou bien le CYGNE à la beauté;
Aux bons époux la TOURTERELLE
Et le CANICHE à l'amitié.
 
(Chorus…)