Lieder index:
a) 2 Chants d'Ariel
b) Petit cours de morale
c) Quatre chansons pour voix grave
d) Six Poèmes
e) Six Poésies de Jean Cocteau
f) Trois Poèmes
g) Berceuse de la Sirène
h) Chanson
i) Chanson de l'Emigrant
j) Chanson de la Poire
k) Chanson des quatre
l) Chanson des Sirènes
m) Le delphinium
n) Le rendez-vous
o) Mimaamaquim
p) Prière
q) Psaume XXXIV
r) Psaume CXL
s) Psaume CXXXVIII
t) Sieste
a) "2
Chants d'Ariel"
Texts by Guy de Pourtales (1881-1941), after William Shakespeare (1564-1616), from
"The Temepest"
Music by Arthur Honegger
No. 1
Venez jusqu'à ces sables d'or
et prenez vous les mains alors
après le baiser et la révérence
et les hautes vagues feront silence
légèrement ci et là danserez
puis doux esprits chanterez
Chut! chut! le chien de garde aboie
Chut! chut! j'entends de chantecler le cri strident.
Au fond des eaux ton père repose
ses os seront du corail rose
ses yeux des perles devenus
de lui rien ne sera perdu
car l'eau marine bientôt le change
en une chose riche, étrange
Sonnez songlas nymphes marines
Chut! chut! écoutez-les!
No. 2
Où butine l'abeille je butine aussi
la clochette des primevères est mon lit.
Là je me couche quand le hibou crie
et sur le dos des chauves souris je m'enfuis
gaiement lorsque l'été finit
Gai! gai je vivrai bientôt
sous la fleur qui pend au rameau.
b) "Petit
cours de morale"
Text by Jean Giraudoux (1882-1944), extract from "Suzanne et le pacifique"
Music by Arthur Honegger, 1941
1.Jeanne
2.Adèle
3.Cécile
4.Irène
5.Rosemonde
1. Jeanne
Dans Londres, la grand ville
il est un être plus seul
qu'un naufragé dans son île
et qu'un mort dans un linceul
Grand badaud petit rentier
Jeanne voilà son métier.
2. Adèle
A Douvres un original
tombe un jour dans le chenal
il appelle au sauvetage
Il se cramponne au récif
Mais vers lui nul coeur ne nage
Adèle, ainsi meur l'oisif.
3. Cécile
Le grandchinois de Lancastre
vous attire avec des fleurs
puis vous inonde d'odeurs...
bientôt sa pipe est votre astre!
Du lys au pavot, Cécile,
la route, hélas, est docile.
4. Irène
Le Lord prévôt d'Edimbourg
Dit que l'amour est chimère
Mais un jour il perd sa mère
Ses larmes coulent toujours
Irène petite Irène
l'Amour c'est la grande peine.
5. Rosemonde
Qu'as-tu vu dans ton exil?
Disait à Spencer sa femme,
à Rome, à Vienne,
à Pergame, à Calcutta? Rien! fit-il
Veux-tu découvrir le monde?
Ferme tes yeux, Rosemonde.
c)
"Quatre chansons pour voix grave"
Texts by Chopanyan, Aguet, Verlaine and de Ronsard
Music by Arthur Honegger, 1944-5
No. 1
Text by Arshak Chopanyan (1872-1954)
La douceur de tes yeux
peut guérir la plus mortelle des blessures
Mais moi hélas!
à ma terrible blessure
où trouverai-je un remède
Puis qu'en mon coeur elle fut ouverte,
ô cruelle!
par la douceur même de tes yeux.
No. 2
Text by William Aguet
Derrière Murcie en fleurs
je connais un chemin
qui mène jusqu'à toi parmi les orangers
Que fais-tu toute seule si loin si loin si loin...
Pourquoi t'ai-je quittée
Ah! si tu me voyais tu t'assiérais
en pleurs parmi les grenadiers
Que fais-tu toute seule si loin si loin si loin...
No. 3
Text by Paul Verlaine (1844-1896)
Un grand sommeil noir
Tombe sur ma vie:
Dormez, tout espoir,
Dormez, toute envie!
Je ne vois plus rien,
Je perds la mémoire
Du mal et du bien...
O la triste histoire!
Je suis un berceau
Qu'une main balance
Au creux d'un caveau:
Silence, silence!
No. 4
Text by Pierre de Ronsard (1524-1585)
La terre les eaux va buvant
L'arbre la boit parsa racine
La mer éparse boit le vent
et le soleil boit la marine
Le soleil est bu la lune
Tout boit soit en haut ou en bas
Suivant cette règle commune
Pourquoi donc ne boirions nous pas?
d) "Six
Poèmes"
Texts by Guillaume Apollinaire (1880-1918), from Alcools
Music by Arthur Honegger
1.À la "Santé"
2.Clotilde
3.Automne
4.Saltimbanques
5.L'adieu
6.Les cloches
1. À la
"Santé"
Que lentement passent heures
Comme passe un enterrement
Tu pleureras l'heure ou tu pleures
Qui passera trop vitement
Comme passent Toutes les heures.
2. Clotilde
L'anèmone et l'ancolie
Ont, poussé dans le jardin
Ou dort la mélancolie
Entre l'amour et le dédain
Il y vient aussi nos ombres
Que la nuit dissipera
Le soleil qui les rends sombres
Avec elles disparaîtra
Les déïtés des eaux vives
Laissent couler leurs cheveux
Passe, il faut que tu poursuive
Cette belle ombre que tu veux.
3. Automne
Dans le brouillard s'en vont un paysan cagneux
Et son boeuf lentement dans le brouillard d'automne
Qui cache les hameaux pauvres et vergogneux
En s'en allant là bas le paysan chantonne
Une chanson d'amour et d'infidélité
Qui parle d'une bague et d'un coeur que l'on brise
Oh l'automne l'automne à fait mourir l'Été
Dans le brouillard s'en vont deux silhouettes grises.
4.
Saltimbanques
Dans la plaine les baladins
S'éloignent au long des jardins
Devant l'huis des auberges grises
Par les villages sans églises
Et les enfants s'en vont devant
Les autres suivent en rêvant
Chaque arbre fruitier se résigne
Quand de très loin il lui font signe
Ils ont des poids ronds ou carrés
Des tambours des cerceaux dorés
L'ours et le singe animaux sages
Quêtent des sous sur leurs passage.
5. L'adieu
J'ai cueilli ce brin de bruyère
L'automne est morte souviens t'en
Nous ne nous verrons plus sur terre
Odeur du temps brin de bruyère
Et souviens-toi que je t'attends.
6. Les
cloches
Mon beau tzigane mon amant
Écoute les cloches qui sonnent
Nous nous aimions éperdûment
Croyant n'être vus de personne
Mais nous étions bien mal cachés
Toutes les cloches à la ronde
Nous ont vu du haut des clochers
Et le disent i tout le monde
Demain Cyprien et Henri, Marie,
Ursule et Catherine
La boulangère et son mari
Et puis Gertrude ma cousine
Souriront quand je passerai
Je ne saurai plus où me mettre
Tu seras loin je pleurerai
J'en mourrai peut-être.
e) "Six
Poésies de Jean Cocteau"
Text by Jean Cocteau (1889-1863)
Music by Arthur Honegger, 1920/3
1.Le Nègre
2.Locutions
3.Souvenirs d'enfance
4.Ex-voto
5.Une danseuse
6.Madame
1. Le Nègre
(Tiré de "Températures")
Le nègre mineur de l'azur
que jamais pleuvoir ne mouille
pâlit courbé dans la houille
bleue et brute du soleil dur
Case de l'oncle Tom, les rampes et les herses
du théâtre jadis me firent voyager
Loin de notre jardin de banlieue où l'averse
fait fleurir l'Arcenciel aux couleurs sans danger.
2. Locutions
Fraiche comme une rose
Sage comme une image
Votre coeur en forme de coeur
C'est bien rare!
Franc comme l'or
Rosa la rose
Toutes les roses perdent leurs joues sur le tapis
Combien de masques?
Je suis pâle comme la mort.
3. Souvenirs
d'enfance
Pendant la nuit une rose
avance sous feux éteints
S'il arrivait quelque chose
Elle attendra le matin
Les noix ta mère les dore
pour ton arbre de Noël
Souliers au bord de l'aurore
ils apprivoisent le ciel
Jadis l'enfance chérie
voyageait allumant des Liverpools de féerie
splendide à regarder
Une moustiquaire en tule comme la neige on y meurt
Surtout si l'étoile brûle les ailes du ramoneur.
4. Ex-voto
Autour de la Sainte Vierge
il fait chaud ce sont les cierges
On se trouve toujours heureux
Dans un vase de loterie bleu
Dessus le prénom des morts
Est inscrit en lettres d'or.
5. Une
danseuse
Le crabe sort sur ses pointes
Avec ses bras en corbeille
il sourit jusqu'aux oreilles
La danseuse d'opéra
Au crabe toute pareille
Sort dans la coulisse peinte
En arrondissant les bras.
6. Madame
O Madame voilà
ce qu'il faudrait comprendre
vous me dites toujours
que vous aimez le beau
le beau qui ça?
le beau Léandre...
f) "Trois
Poèmes"
Text by Paul Fort (1872-1960). Extraits des "Complaintes et Dits"
Music by Arthur Honegger, 1916
1.Le chasseur perdu en forêt
2.Cloche du soir
3.Chanson de fol
1. Le
chasseur perdu en forêt
Quand le son du cor s'endort,
gai chasseur ne tarde!
Déjà les sentiers regardent
avec l'oeil creux de la mort
passer l'avalanche
des hauts chevaux sous les branches.
cavalier
Quel beau squelette
enfourche ta bête
Adieu chasse, adieu galops
Alors s'éveille indistinte
puis s'enfle la plainte
de l'étang rouge aux oiseaux.
2. Cloche du
soir
Ah! ce soir là vraiment tout était si paisible
que le Champ du Repos était sur le chemin,
et l'Angélus du soir d'une cloche invisible,
croisait deux beaux sons clairs sur le front des humains.
La lumière de l'ombre et ce halo de lune,
les sons de l'Angélus et leur mystique appel
versaient des charites dans l'âme
O crépuscule, un petit cimetière ouvre une heure éternelle
L'angélus va mourir que dis-je il est encore
c'est lui qui tremble aubord de ce nuage d'or
c'est lui qui tremble aussi dans le signe de croix que
font ces deux rayons d'argent croisant leurs voies
Ah! ce soir là mourut de l'éternel bonheur
que le champ du repos offre sur le chemin
et l'Angélus mourant vint planter sur mon coeur
sa blanche croix mystique et signa mon destin.
3. Chanson
de fol
Les sorciers et les fées dansent sur le côteau
leurs pas brûlants font des huit noirs sous les méteils,
ils dansent de la nuit venue au jour nouveau
pour honorer le saint qui rourrit les abeilles
Et sept nuits et sept jours ils font la ronde encor
jusqu'au huitième soir où géantes cigales
les fées jouent de la flûte et les sorciers du cor
pour honorer le dieu qui nourrit les étoiles.
g)
"Berceuse de la Sirène"
Text by René Morax (1873-1963), after Hans Christian Andersen (1805-1875), from "La
petite sirène"
Music by Arthur Honegger
Danse avec nous dans le bel Océan
le matin ou le soir sous la lune d'argent.
Plonge avec nous dans le flot transparent,
chante au soleil dans l'écume et le vent.
Mer berce nous dans tes bras caressant
Mer berce nous sur ton coeur frémissant
A ....
h)
"Chanson"
Text by Pierre de Ronsard (1524-1585)
Music by Arthur Honegger, 1824
Plus tu connais que je brûle pour toi
Plus tu me fuis, cruelle
Plus tu connais que je vis en émoi
Et plus tu m'es rebelle
Te laisserai-je? hélas!
je suis trop tien,
Mais je bénirai l'heure
de mon trépas
au moins s'il te plaist bien
qu'en te servant je meure.
i)
"Chanson de l'Emigrant"
Text by Jean Richard Bloch (1884-1947)
Music by Arthur Honegger, extract from the ballet "Construction d'une cité"
(1937)
Capitaine tu as eu des malheurs dans ta vie
C'est pour ça que tu engueul' le monde
Capitaine
C'est pour ça que tu engueul' le monde
Capitaine il faut plus d'humanité, de tendresse
Le monde il est ce que nous le faisons
Capitaine
Le monde il est ce que nous le faisons.
Il est moch' mais il nous l'rend bien quell' comédie
Ce cochon de mond'pareil à nous
Capitaine
Ce cochon de mond'pareil à nous
Comm' l'amour du jardinier rend plus belle la rose
Avec l'homme on peut aussi beaucoup
Capitaine
Avec l'homme on peut aussi beaucoup.
On peut bien le changer mais faut l'vouloir avec force
Sans en attendre rien en retour
Capitaine
Sans en attendre rien en retour
Car vois-tu Capitaine ce qu'on appelle la haine
C'est toujours un grand amour refoulé
Capitaine
C'est toujours un grand amour refoulé.
Viens donc voir comment on en met pour les copains les frères
On les prend sans r'chigner comme y sont
Capitaine
On les prend sans r'chigner comme y sont
Car ces deux si mal foutus que sont le monde et l'homme
On veut les remettre droit sur leurs pieds
Capitaine
On veut les remettre droit sur leurs pieds.
Capitaine un boulot grand et humain nous attend
Tu f'rais mieux de venir avec nous
Capitaine
Tu f'rais mieux de venir avec nous.
j)
"Chanson de la Poire"
Text by René Morax (1873-1963), after Hans Christian Andersen (1805-1875), from "La
petite sirène"
Music by Arthur Honegger
C'est l'histoire d'une poire
on la cueille
dans les feuilles
on la tape tant et tant,
qu'elle en claque
en trois temps d'une attaque
Il faut boire à la poire
un bon coup un bon coup
Il faut boire à la poire
il faut boire et c'est tout.
k)
"Chanson des quatre"
Text by Jean Richard Bloch (1884-1947)
Music by Arthur Honegger, extract from the ballet "Construction d'une cité"
(1937)
Un, deux, trois et quat'...
Ils étaient trois à m'faire du plat.
L'premier était un gros costaud
J'suis bistro, j'vends aux mecs l'oubli,
L'espoir aux gonzesses, c'est l'boulot
T'auras du linge, des rob's à plis,
Ton biftèque au lit
Un' villa, d'la perlouze et ton auto.
Deux, trois, quat' et un...
L'second trainait su l'Sébasto:
"J'te nipp' ce soir, on part demain
Bordeaux, l'Atlantiqu', c'est l'bon ch'min,
J't'apprendrai le bisness su l'bateau
March' droit, j'suis un gas à la redresse
Plein aux as, Titine
Va pas chialer, ça m'connait, l'Argentine.
Trois, quat', un et deux...
L'troisième conduisait un douz'tonnes
Sur Marseill', départ rue Tiqu'tonne:
Mon camion a dix pneus poids lourds,
Sois ma p'tit'femm', t'iras à Nice
J'gratt' le touriste, j'fais du cent dix
J'paye l'aller et r'tour
Y en a pour deux du soleil et d'l'amour.
Quat', un, deux et trois...
Ils étaient trois à m'faire du plat.
Vint l'quatrièm', j'y dis: "En somme
T'es rien qu'un pauv'petit ballot
T'es crevard et mûr pour l'hosto
Mais tu m'reviens c'est toi qui m'plait
Et s'il faut qu'on boss'
J'bosserai pour deux mon homme mon gosse de gosse.
l)
"Chanson des Sirènes"
Text by René Morax (1873-1963), after Hans Christian Andersen (1805-1875), from "La
petite sirène"
Music by Arthur Honegger
Dans le vent et dans le flot
dissous toi fragile écume
Dissous toi dans un sanglot
pauvre coeur rempli d'amertume
Prends ton vol dans le ciel bleu
vois la mort n'est pas cruelle
Tu auras la paix de Dieu
viens à nous àme immortelle...
m) "Le
delphinium"
Text by Paul Claudel (1868-1955)
Music by Arthur Honegger
Toute pure comme le ciel,
brûlante comme le feu
Aérienne et réelle
quel nom te donner pour modèle énorme torche bleue?
La grande fleur bleue dit:
N'ai-je pas réussi à sortir
du fond du plus noir saphir
ce feu plus pur que la neige
Dans le clair matin de Dieu
la grande fleur a frissoné
de la gloire d'être née
du triomphe d'être bleue.
Si jamais Dieu s'ennuyait,
qu'il te regarde créature
aussi fraîche que le lait,
énorme épi de millet,
Colonie du clair juillet
Madrépore de l'azur.
n) "Le
rendez-vous"
Text by Paul Claudel (1868-1955)
Music by Arthur Honegger
Forêt profonde
Il fait si sombre
J'entends quelqu'un avec moi
qui marmotte et qui fait des gestes
Quelle est cette ombre?
La pluie qui tombe
Le vieillard marche tout noir
Entre les arbres gigantesques
L'oiseau s'est tû
J'ai trop vécu
C'est la nuit et non plus le jour
Fille du ciel la tourterelle
Chante le désespoir et l'amour
La mer d'Irlande Brocéliande
J'ai quitté la vague et la grève
La plainte lourde
La cloche sourde,
Tout cela n'est plus qu'un rêve
Bois ténébreux
Temple de Dieu
Que j'aime votre silence
Mais c'est plus beau
Quand de nouveau
S'élève ce soupir immense
Au fond du monde
La foudre gronde
Tout est menace et mystère
Mais plein de goût du rendez-vous
Je marche vers le tonnerre.
o)
"Mimaamaquim"
Text from the Bible, Psalm 130 (Des profondeurs de l'abîme), in Hebrew with French
transliteration
Music by Arthur Honegger, 1946
Mimaamaquim queratikha Adonaï...
Mimaamaquim queratikha Adonaï...
p)
"Prière"
Text by René Morax (1873-1963), from "Judith"
Music by Arthur Honegger, 1925
Seigneur Dieu de mes pères
écoute moi et viens à mon secours
Je ne suis rien qu'une humble créature
mais tu entends la prière des faibles
Seigneur lève ton bras comme aux siècles passés
abats leur force écrase leur puissance
que l'orgueil de cet homme éprouve ta colère
Donne à mes yeux la splendeur du désir
fais que son coeur se trouble à mon sourire
et qu'il se prenne à mes douces paroles
car je suis femme et faiblesse est mon arme
Sauve mon peuple avec ton sanctuaire
Je suis l'offrande et je suis la victime
Tu es le Dieu du Ciel et de la Terre
le seul Dieu l'Eternel.
q)
"Psaume XXXIV"
From the Bible, translated by Théodore de Béze (1519-1605)
Music by Arthur Honegger, 1940/1
Jamais ne cesserai
De magnifier le Seigneur
En ma bouche aurait son honneur
Tant que vivant serai
Mon coeur plaisir n'aura
Qu'avoir son Dieu glorifié
Dont maint bon coeur humilié
L'oyant s'éjouira.
r)
"Psaume CXL"
From the Bible, translated by Théodore de Béze (1519-1605)
Music by Arthur Honegger, 1940/1
O Dieu donne-moi délivrance
de cet homme pernicieux
Préserve-moi de la nuisance
de cet homme malicieux.
s)
"Psaume CXXXVIII"
From the Bible, translated by Clément Marot (1496-1544)
Music by Arthur Honegger, 1940/1
Il faut que de tous mes esprits
Ton los et pris, j'exalte et prise
Devant les grands me présenter
pour te chanter j'ai fait emprise
Et ton saint temple adorerai
Célèbrerai ta renommée
Pour l'amour de ta grand' bonté
Et féauté tant estimée.
t)
"Sieste"
Text by Paul Claudel (1868-1955)
Music by Arthur Honegger
Deux heures après diner
Il est temps de se reposer
Ni mouvement aucun bruit
Deux heures après midi
Un chien prudent vient inspecter
la terrasse du café
Tout est fermé à la mairie
item à la gendarmerie
Dans le vide de l'église
Le Crucifix agonise
Le jet d'eau chez le notaire
Suit son rêve protocolaire
Mais la chambre silencieuse
Dégage une odeur ombreuse
De feuillage et de lilas
De cire et de chocolat
Dans la corbeille à ouvrage
Le livre abandonné surnage
Et l'oeil sous le long cil éteint
Tenant sa main avec sa main
Insensible à travers le store
Au rayon qui la colore
Sommeille dans le demi soleil
Une jeune fille vermeille.
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