Lieder index:
1. Bonne nuit
2. L'esclave, op. 12 no. 1
3. La vie d'une rose, op. 12 no. 3
4. Le verger (Ancienne Chansonette)
5. Les bois de pins
6. Madrigal
7. Portrait d'une enfant, op. 12 no. 4
8. Sérénade aux mariés, op. 12 no. 2
9. Sérénade du passant
10. Sonnet Payen
11. Sous les branches
12. Souvenir de Venise
13. Stances
14. Un adieu
15. "Chants intimes"
a) Déclaration
b) À Mignonne
c) Berceuse
16. "Poème d'avril"
a) Prelude
b) Sonnet matinal
c) Voici que les grands lys
d) Riez-vous
e) Vous aimerez demain
f) Que l'heure est donc brève
g) Sur la source
h) Adieu (Complainte)
17. "Poème du souvenir"
a) Lève-toi
b) L'air du soir emportait
c) Un souffle de parfums
d) Dans l'air plein de fils de
soie
e) Pour qu'à l'espérance
f) Epitaphe
1.
"Bonne nuit!"
Text by Camille Distel
Music by Jules Massenet
La terre dort au ciel pur,
Les étoiles dans l'azur
Descendent veiller sur elle;
Sur la terre un jardin fleurit,
Mais les fleurs ont plié l'aile.
Bonne nuit!
Un petit toit monte seul
Au jardin sous le tilleul:
Il porte une humble tourelle;
Un oiseaulet dans son nid
Gazouille et fait sentinelle.
Bonne nuit!
Dans la tournelle une enfant
S'est endormie en rêvant
À la fleur fraiche comme elle;
Le ciel la garde et reluit
En son âme jeune et belle,
Bonne nuit!
2.
"L'esclave"
Text by Théophile Gautier (1811-1872)
Music by Jules Massenet, op. 12 no. 1
See also:
Edouard Lalo (1823-1892)
Captive et peutêtre oubliée,
Je songe à mes jeunes amours,
À mes beaux jours,
Et par la fenêtre grillée
Je regarde l'oiseau joyeux,
Fendent les cieux.
[Douce et pâle consolatrice,
Espérance, rayon d'en haut,
Dans mon cachot
Fais-moi, dans ta clarté propice,
À ton miroir faux et charmant
Voir mon amant!]
Auprès de lui, belle Espérance,
Porte moi sur tes ailes d'or
S'il m'aime encor,
Et, pour endormir ma souffrance,
Suspends mon âme sur son coeur
Comme une fleur!
3. "La
vie d'une rose"
Text by Jules Ruelle (d. 1892)
Music by Jules Massenet, op. 12 no. 3
Par un beau matin,
Pimpante et ravie,
J'ai reçu la vie
Dans le vert satin.
De ma beauté que j'étais fière!
Pour mieux répandre ma senteur,
Je balançais ma tige altière;
Déjà le zéphir tenteur
Murmurait: ô ma belle rose,
Ils seront bien longs tes beaux jours
Si tu n'écoutes les amours
Qui vont t'admirer fraiche éclose.
À zéphir je restai rebelle;
Deux amoureux passant par là
Alors me trouvèrent si belle
Qu'entre leurs baisers me voilà;
Puis au sein de la bien-aimée
Je devins un gage d'espoir,
Et rose - moi - j'étais le soir
Par son haleine parfumée.
Lorsque s'éveilla la Cigale,
Lorsque le Rossignol chanta,
Dans sa chambrette virginale
L'enfant rêveuse m'emporta.
Puis elle s'endormit joyeuse
Mais durant cette nuit d'été,
Hélas! ma fragile beauté
S'éparpilla sur l'oublieuse;
Et vers le matin
À l'aube ravie
S'effeuilla ma vie,
Dans le blanc satin.
4. "Le
verger", Ancienne Chansonette
Text by Camille Distel
Music by Jules Massenet
Oh! combien j'aime le verger
Quand il fleurit!
Les fleurs partout semblent neiger
Et l'oiseau rit;
La terre est rose et blanche,
L'air caresse la branche;
Oh! le verger fleuri,
Qi'il est joli!
Oh! combien j'aime le verger
Quand il mûrit!
L'arbre, content de se charger, rougit;
La belle et bonne branche
Vers le petits se penche;
Oh! le verger mûri,
Qu'il est joli!
Et si l'hiver dans le verger
Met son ennui,
Alors il nous faudra songer
Au temps joli:
Au beau temps où la branche
Redevient rose et blanche,
Où je te dis:
Ami,
Viens, le verger est refleuri!
5. "Les
bois de pins"
Text by Camille Distel
Music by Jules Massenet
L'ombre descend de leurs rameaux,
Tiède, légère, parfumée;
Ils s'avancent au bord des flots
Qui creusent la baie azurée.
L'été, l'hiver, oh! qu'ils sont beaux
Etendant dans leur ample ramée
D'un essaim de gentils oiseaux;
Verte retraite accoutumée.
Oh! ma blonde petite soeur,
Suivons des landes tout en fleur,
Le gracieux sentier sauvage; viens!
Allons chanter de nos beaux jours
Le joyeux et limpide cours
À l'ombre des pins du rivage.
6.
"Madrigal"
Text by Armand Silvestre (1837-1901)
Music by Jules Massenet
Le soir frisonne au coeur des roses;
Ton rire est comme ce frisson;
Il passe sur les fronts moroses
Avec le bruit d'une chanson.
Oh! le beau rire, et les doux yeux
Qui me font triste ou joyeux!
En versant les fleurs de son urne,
Avril trouve tes yeux charmants.
Comme un lumière nocturne
Il rayonnent, fins diamants!
Oh! le beau rire, et les doux yeux
Qui me font triste ou joyeux!
7.
"Portrait d'une enfant"
Text by Pierre de Ronsard (1524-1585)
Music by Jules Massenet, op. 12 no. 4
Quand je voy tant de couleurs
Et de fleurs
Qui esmaillent un rivage,
Je pense voir le beau teint
Qui es peint
Si vermeil en son visage.
Quand je sens parmy les prez
Diaprez
Les fleurs dont la terre est pleine,
Lors je fais croire à mes sens,
Que je sens
La douceur de son haleine.
8.
"Sérénade aux mariés"
Text by Jules Ruelle (d. 1892)
Music by Jules Massenet, op. 12 no. 2
Voici l'heure du mystère:
La nuit va couvrir la terre,
L'ombre cache en ses replis
Le secret des coeurs épris.
Dans les splendeurs étoilées,
Que vos âmes envolées
S'unissent, tendres époux;
Endormez-vous, endormez-vous!
Vite ôtez, belle épousée,
Le bouquet de fiancée,
Car les roses de l'hymen
Pour vous fleuriront demain;
Dénouez vos longues tersses
En murmurant vos tendresses,
Puis auprès de votre époux!
Endormez-vous, endormez-vous!
Pour vous les nuits seront belles,
Aux senteurs des fleurs nouvelles;
Tous deux vous reposerez,
Tous deux vous vous aimerez;
Et les brises printanières,
En effleurant vos paupières
Feront vos rêves plus doux;
Endormez-vous, endormez-vous!
9.
"Sérénade du passant"
Text by François Coppée (1842-1908)
Music by Jules Massenet
Mignonne, voici l'Avril!
Le soleil revient d'exil;
Tous le nids sont en querelles,
L'air est pur, le ciel léger
Et partout on voit neiger
Des plumes de tourterelles.
Fuis le miroir séduisant
Où tu nattes à présent
L'or de tes cheveux de fée;
Laisse là rubans et noeuds,
Car les buissons épineux
T'auront bientôt décoiffé.
Prends, pour que nous nous trouvions,
Le chemin des papillons
Et des frêles demoiselles;
Viens, car tu sais qu'on t'attend
Sous le bois, près de l'étang
Où vont boire les gazelles!
10.
"Sonnet Payen"
Text by Armand Silvestre (1837-1901)
Music by Jules Massenet
Rosa, Rosa, l'air est plus doux qui baigne ta poitrine;
Avril emplit d'odeurs les feuillages ombreux.
Tout renaît, et le long des sentiers amoureux,
Partout saigne la rose et neige l'aubépine!
La fleur sous les boissons entr'ouvre un oeil peureux
Et livre au vent du soir, l'or de son étamine;
Tout aime! Viens, Rosa! viens! les amants sont heureux
À l'ombre du grand bois qui pend à la colline!
Rosa! Rosa! l'air est plus doux qui baigne ta poitrine!
Mais, Rosa la prêtresse ignore les frissons
Qu'avril nous porte avec ses blanches floraisons;
Jamais les doux gazons n'ont baisé sa sandale.
Des ténèbres du temple elle cherche l'horreur,
Et du feu qui nous brûle, immoble vestale,
Garde comme un autel le tombeau de son coeur.
11.
"Sous les branches"
Text by Armand Silvestre (1837-1901)
Music by Jules Massenet
En avril sous les branches
Au feuillage frileux,
En cherchant des pervenches,
J'ai trouvé tes yeux bleus.
Et j'ai vu tes mains blanches
Parmi les lys neigeux
En avril sous les branches
Au feuillage frileux.
Et comme un nid joyeux,
Ton petit coeur, aux cieux
Contait ses gaîtés franches,
En avril sous les branches
Au feuillage frileux.
12.
"Souvenir de Venise"
Text by Louis Charles Alfred de Musset (1810-1857)
Music by Jules Massenet
See also:
Edouard Lalo (1823-1892): "La zuecca", with a different form of text
À Saint-Blaise, à la Zucca
Vous étiez bien aise
À Saint-Blaise, à la Zucca
Nous étions bien là.
Mais de vous en souvenir,
Prendrez-vous la peine?
Mais de vous en souvenir
Et d'y revenir?
À Saint-Blaise à la Zucca,
Dans les prés fleuris cueillir la verveine,
À Saint-Blais, à la Zucca
Vivre et mourir là!
13.
"Stances"
Text by Gilbert
Music by Jules Massenet
Au banquet de la vie, infortuné convive,
J'apparus un jour et je meurs.
Et sur le tombe où lentement j'arrive
Nul ne viendra verser des pleurs.
Salut! champs que j'aimais et vous, douce verdure,
Salut! salut! riant exil des bois!
Ciel, pavillon de l'homme, admirable nature,
Salut pour la dernière fois.
Ah! puissent voir longtemps votre beauté sacrée
Tant d'amis sourds à mes adieux
Qu'ils meurent pleins de jours, que leur mort soit pleurée
Qu'un ami leur ferme les yeux!
14.
"Un adieu"
Text by Armand Silvestre (1837-1901)
Music by Jules Massenet
Sur ta bouche avec le désir
Je bois ta dernière caresse;
Car je ne veux plus de maîtresse
Que celle qui ne sait trahir.
Sur ta bouche, avec le désir
Je veux boire l'oubli des roses;
Car je n'aimerai plus des choses
Que celles qu'on ne peut flétrir.
Sur ta bouche, avec le désir
J'ai bu ma dernière espérance;
Car je ne veux plus de souffrance
Que telle, dont je dois mourir!
15.
"Chants intimes "
Text by Gustave Chouquet (1819-1886)
Music by Jules Massenet
a) Déclaration
b) À Mignonne
c) Berceuse
a)
Déclaration
Je crains tes baisers, ô vierge charmante;
Mais toi, ne crains pas les miens!
De tous mes pensers la charge accablante
Jamais ne viendra poser sur les tiens.
Je crains tes discours, ta présence;
Mais toi, ne crains pas les miens!
Laisse moi t'offrir, enfant sans défense,
Un coeur, un amour, purs comme les tiens!
b) À
Mignonne
Pour qui sera, Mignonne,
L'ondoyante couronne
De vos cheveux châtains?
Pour qui votre sourire,
Vos yeux où j'aime à lire,
Vos petits pieds mutins?
Pour qui tant de sveltesse,
Tant d'éclat de jeunesse
Et de charme vainqueur?
Par qui seront bercées,
Vos nuits et vos pensées?
Pour qui donc votre coeur?
Ah! que ce soit, Mignonne,
Pour qui t'aime et te donne
Les trésors de sa foi!
Pour qui vuet dans la vie,
Marcher, l'âme ravie,
Ton esclave ou ton roi!
c)
Berceuse
Enfant, rose,
Fleur éclose,
Fleur éclose au soleil de mes vingt ans;
Ton sourire
Que j'admire,
Ton sourire est plus frais qu'un jour de printemps!
De ta mère,
Pour me plaire,
Montre-moi lex yeux si doux!
Ma fillette
Joliette,
Ma fillette, endors-toi sur mes genoux!
Dieu te donne, Mignonne,
Dieu te donne un bonheur fait de longs jours!
Dors ma fille,
Si gentille,
Dors en paix, mon bel ange, endors-toi mes amours!
Dors!
16.
"Poème d'avril"
Text by Armand Silvestre (1837-1901) from Mignonne
Music by Jules Massenet
a) Prelude
b) Sonnet matinal
c) Voici que les grands lys
d) Riez-vous
e) Vous aimerez demain
f) Que l'heure est donc brève
g) Sur la source
h) Adieu (Complainte)
a) Prelude
Une rose frileuse, au coeur noyé de pluie,
Sur un rameau tremblant vient de s'épanouir,
Et je me sens repris de la douce folie
De faire des chansons et de me souvenir!
Les amours trépassés qui dormaient dans mon âme,
Doux Lazare, sur qui j'ai tant versé de pleurs,
Soulèvent, en riant, leur suaire de fleurs,
Et demandent le nom de ma nouvelle dame.
Ma mignonne aux yeux bleus, mets ta robe et fuyons,
Sous les bois remplis d'ombre et de mélancolie,
Chercher le doux remède à la douce folie.
Le soleil m'a blessé de ses premiers rayons!
b) Sonnet
matinal
Les étoiles effarouchées
Viennent de s'envoler des cieux.
J'en sais deux qui se sont cachées,
Mignonne, dans vos jolis yeux:
À l'ombre de vos cils soyeux
Et sous vos paupières penchées;
Attendez!
Mes baisers joyeux les auront bientôl;t dénichées!
Vous feignez de dormir encor;
Eveillez-vous, mon doux trésor!
L'aube pleure sous les feuillées,
Le ciel désert est plein d'ennui,
Ah! ouvrez les yeux,
Et rendra lui les deux étoiles envolées!
c) Voici que
les grans lys
Voici que les grans lys ont vêtu leur blancheur,
Sur les gazons tremblants l'aube étend sa fraîcheur;
C'est le printemps! c'est le matin! double jeunesse!
Ma mie en s'éveillant m'a dit: le beau soleil!
Le temps est donc venu que tout charme renaisse;
Partout des chants! partout des fleurs! double reveil!
Mais le tiédeur de l'air la rendant moins farouche,
Je me penchai vers elle, et je posai ma bouche
Sur son front et sur ses cheveux! double trésor!
d) Riez-vous
Riez-vous? ne riez-vous pas!
Quand vous l'avez dit tout à l'heure,
Ce mot - vous l'avez dit si bas -
Je n'ai pas compris, mais je pleure.
Riez-vous? Ne riez-vous pas!
Pitié! votre bouche m'effleure;
Ce bruit - vous l'avez fait si bas -
Si c'est un baiser, que je meure!
Riez-vous? Ne riez-vous pas!
Sur mon cou, je sens votre bras -
Vous m'avez baisé tout à l'heure!
Je n'ose y croire, mais je pleure.
Riez-vous? Ne riez-vous pas!
e) Vous
aimerez demain
Le doux printemps a bu, dans le creux de sa main,
Le premier pleur qu'au bois laissa tomber l'aurore;
Vous aimerez demain, vous qui n'aimiez encore;
Et vous qui n'aimiez plus, vous aimerez demain!
Le printemps a cueilli dans l'air des fils de soie
Pour lier sa chaussure et courir par les bois;
Vous aimerez demain pour la première fois,
Vous qui ne saviez pas cette immmortelle joie.
Le printemps a jeté des fleurs sur le chemin
Que mignonne remplit de son rire sonore.
Vous aimerez demain, vous qui n'aimiez encore;
Et vous qui n'aimiez plus, vous aimerez demain!
f) Que
l'heure est donc brève
Que l'heure est donc brève, qu'on passe en aimant!
C'est moins qu'un moment, un peu plus qu'un rêve.
Le temps nous enlève notre enchantement.
Sous le flot dormant soupirait la grève;
M'aimais-tu vraiment?
Fût-ce seulement un peu plusqu'un rêve?
g) Sur la
source
Sur la source elle se pencha;
La source doubla son image,
Et ce fut un charmant mirage,
Qu'un peu de vent effaroucha.
Sous les grands bois elle chanta;
L'oiseau doubla son chant sauvage,
Et ce fut un charmant ramage,
Que le vent lointain emporta.
Quand j'effleurai son doux visage,
Sa bouche ma bouche doubla.
Le vent peut balayer la plage;
Mignonne, que me fait l'orage,
Ton baiser reste toujours là!
h) Adieu
(Complainte)
Je pars! adieu, ma chère âme,
Garde bien mon souvenir!
Quoi! Si tôt partir, madame;
Ne devez vous revenir?
Si, je reviendrai peut-être;
Si bien sûr, je reviendrai;
Va m'attendre à la fenêtre,
De plus loin te reverrai.
J'attendis à la fenêtre
Le retour tant espéré,
Mais, ni bien sûr, ni peut-être,
Ni jamais la reverrai!
Bien fol qui croit quand une dame
Lui jure de revenir.
Je meurs! Adieu, ma chère âme,
J'ai gardé ton souvenir!
17.
"Poème du souvenir"
Text by Armand Silvestre (1837-1901) from Scènes
Music by Jules Massenet
a) Lève-toi
b) L'air du soir emportait
c) Un souffle de parfums
d) Dans l'air plein de fils de soie
e) Pour qu'à l'espérance
f) Epitaphe
a)
Lève-toi
Lève-toi, chère ensevelie,
Déchire ton linceuil de fleurs!
Tu n'as pas oublié mes pleurs?
La plus douce larme s'oublie.
Je te retrouve un peu pâlie;
Qui t'a pris tes chères couleurs?
J'ai longtemps dormi sous des fleurs,
Et le plus doux charme s'oublie!
Ah! je ne sais par quelle folie
Je t'aime encore sous tes pâleurs;
Viens, les roses boiront tes pleurs!
Le chemin des roses l'oublie.
Je meurs de ta mélancholie!
Viennent de nouvelles douleurs!
C'est le printemps! cueillons des fleurs!
Lève-toi, chère ensevelie!
b) L'air du
soir emportati
L'air du soir emportati sous les feuillages sombres,
Comme un parfum du ciel,
L'âme des voluptés;
Les rêves se levaient partout avec les ombres;
Celle qui fut mon coeur était à mes côtés.
Nous suivions les grands bois parmi l'herbe mouillée,
L'air au front, l'oeil au ciel, la bruyère aux genoux.
Et comme Elle sortait, blanche, de la feuillée,
Une source se prit à gémir près de nous;
Ce sanglot sans pitié poursuivant mon oreille,
S'en fut jusqu'à mon coeur joyeux et l'affligea;
La santé fleurissait, sa beauté sans pareille;
Et je cherchais pourquoi l'on pleurait déjà!
c) Un
souffle de parfums
Un souffle de parfums s'élève
Des taillis profonds, où son rêve
Suivait le vol d'un long espoir;
Me vient-il de sa lèvre, amie?
Non! ce sont les fleurs que le soir
Mêle à bruyère endormie.
Une musique douce et frèle
Sur mes pas murmure pour Elle
L'adieu à tout ce qu'elle fuit;
Mon Dieu! j'entends sa voix dans l'ombre!
Non! c'est la chanson que la nuit
Apprend tout bas au grand bois sombre.
Nuit auguste, bois solitaire,
Qui volez d'un double mystère
Le secret des bonheurs passés,
Rendez-moi l'haleine embaumée,
Et les cheveux des fleurs tressés
Et la voix de la Bien-aimée!
d) Dans
l'air plein de fils de soie
Dans l'air plein de fils de soie
Montaient les lys palpitants,
Les lys que l'aube déploye:
Ma mie était oute joye!
Oh! le beau jour de printemps!
L'air où flottait la caresse
D'un clair de lune argenté,
Baguait ma blanche Maîtresse;
Ma mie était toute ivresse!
Oh! la douce nuit d'été!
L'air froid qui siffle à ma porte,
Seul, bat mon seuil entr'ouvert;
Ma plainte, le vent l'emporte!
Mie est peut-être morte!
Oh! le triste soir d'hyver!
e) Pour
qu'à l'espérance
Pour qu'à l'espérance il ne cède,
J'ai muré mon coeur révolté
Dans la morne fidélité
Du souvenir qui le possède.
Vers l'horizon où l'Aube a lui,
Pour qu'un vain rêve ne l'emporte,
Comme une inexorable porte
J'ai fermé le Passé sur lui.
J'ai dit: Ma part me fut comptée
D'aimer sans en pouvoir mourir;
L'ombre est douce à qui veut souffrir.
Que me ferait l'Aube enchantée?
Puisque ne peut m'être rendu
L'heur de revoir le doux visage,
Qui fut ma Joye et mon Courage,
Et, que perdant, j'ai tout perdu!
f) Epitaphe
Souvenir éternel,
Regret inconsolé,
Amour qui fus ma vie
Et qui t'es envolé.
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