Giuseppe Verdi Tribute 1813 - 1901

La Vie de Giuseppe Verdi 

Issu d'une modeste famille de paysans, Verdi est né à Roncole le 10 octobre 1813, près de Parme, alors sous la domination française. Après ses première études musicales dans la petite ville de Busseto, il partit pour Milan où il fut refusé au conservatoire du fait de son jeune âge. Il fit donc ses premières armes comme élève de Vincenzo Lavigna et regagna Busseto en 1833 pour y diriger la Société philharmonique.

À 25 ans, Verdi retourna à Milan où son premier opéra, Oberto, connut au théâtre de la Scala un succès d'estime. Son deuxième essai, l'opéra bouffe Roi d'un jour (1840) fut un échec. Ayant perdu sa jeune femme et deux de ses enfants, complètement découragé, Verdi pensa un moment abandonner la composition. La Scala lui commanda pourtant un opéra, Nabucco, en 1842. Ce fut un triomphe et le public y reconnut, derrière le sujet biblique, une critique de l'occupation autrichienne en Italie du Nord. Suivirent deux grands succès, Les Lombards (1843) et Ernani (1844), écrit d'après Victor Hugo.

Si Verdi fut dès lors l'un des hommes les plus célèbres d'Italie, seuls Macbeth (1847) et Luisa Miller (1849) connaissent encore aujourd'hui le succès incroyable que connut cette série de trois opéras que l'on a appelée la "trilogie populaire": Rigoletto (1851), Le Trouvère (1853) et La Traviata (1853) valurent à Verdi une renommée internationale, même si lors de sa création, La Traviata ne fut pas un succès immédiat. Verdi accorda à l'orchestre un rôle de plus en plus important, remettant en cause la tyrannie des voix, si chère aux Italiens.

Ses détracteurs l'appelaient "tedeschino", le petit allemand; mais les goûts évoluèrent et Verdi imposa sa nouvelle vision de l'opéra et de la spécificité italienne. Homme de théâtre, Giuseppe Verdi mit l'accent sur les relations entre livret et musique et s'inspira des grands classiques shakespeariens comme du drame romantique allemand. Avec le Bal masqué (1859), La Force du destin (1862) ou Don Carlos (1867), il affirma son souci de la dramaturgie, là où ses prédécesseurs ne se souciaient que de prouesses vocales. L'Europe se l'arrachait, mais c'est au Caire, pour l'inauguration du canal de Suez que fut créé Aïda (1871) qui reste encore de nos jours son œuvre la plus connue. Vint alors une période de doute et de réflexion durant laquelle Verdi s'éloigna de l'opéra.

Il remania certaines œuvres passées et se lança dans la composition de son Requiem, œuvre religieuse d'une gravité inattendue, et dans l'écriture de musique instrumentale et de cantates. Après un silence de plus de dix ans, Verdi se remit au travail pour deux œuvres ultimes. N'ayant plus rien à prouver, il put en toute liberté composer Otello (1887) et Falstaff (1893), sur des livrets de Boïto d'après Shakespeare. À la suite de ce testament musical plein de fraîcheur et de fantaisie, Verdi s'éteignit doucement à Milan en 1901. En donnant au drame toute son importance et aux personnages une véritable épaisseur, Verdi a apporté à l'opéra italien une nouvelle intensité émotionnelle.

Sans pour autant rompre avec la tradition comme le fit Wagner, il a conféré au répertoire lyrique des œuvres fortes qui sont encore parmi les plus jouées sur toutes les scènes d'opéras du monde.